En 2025, quel bilan peut-on faire autour de la santé mentale des managers ?
Vanessa Robert (VR) – C’est un sujet dont on parle de plus en plus depuis le Covid-19. En 2020, beaucoup de choses ont changé dans le monde de l’entreprise et dans la fonction managériale. Des tabous se sont brisés autour de cette question. On parlait de la santé au sens large, mais les choses se sont précisées. L’entreprise a une obligation de moyens renforcés sur la santé physique et mentale des collaborateurs. En 2023, la première cause de consultation auprès de la médecine du travail concernait les troubles psychiques. Un cadre sur deux dit souffrir d’un stress intense, voire d’être en situation d’épuisement professionnel. Quand on se concentre sur les managers, ce chiffre monte à plus de 60 %. C’est énorme.
Concrètement comment se saisissent-ils de ce sujet en entreprise ?
VR – Cette question ne reste pas aux portes de l’entreprise. Lorsque l’individu arrive au travail, il arrive aussi avec ses problématiques, dont fait partie la santé mentale. Il faut développer une approche holistique. Cela passe par les pratiques managériales, mais aussi par la préservation de la santé mentale des managers. Ces derniers sont au cœur de tous les enjeux de l’entreprise : ils doivent être coachs, supporter les équipes, les accompagner, les cadrer… On leur demande des milliards de choses ! Ce sujet existe dans de plus en plus d’entreprises, mais beaucoup ne s’en soucient pas encore suffisamment.
Pourquoi est-il fondamental de prendre ce sujet au sérieux ?
VR – La santé mentale relève de grands facteurs. Il y a des facteurs individuels. Mais il y a aussi des facteurs sociétaux et économiques. L’entreprise se situe davantage au niveau de ce second type de facteurs. Je pense au fait d’avoir un emploi, à la qualité de cet emploi, à la qualité du contexte professionnel dans lequel les collaborateurs évoluent. Les conséquences d’une mauvaise santé mentale sont similaires aux conséquences liées à la santé physique : dysfonctionnement dans les équipes, absentéisme, performance moins élevée. Mais à la différence de la santé physique, qui est plus personnelle, l’impact global est plus important auprès du collectif. Celui-ci peut entrer dans une spirale très négative. L’entreprise peut résoudre une partie de la problématique liée à la santé mentale.
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