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Cadres seniors : les DRH “saluent leur apport”, mais sont peu enclins à en embaucher

, par Fabien Soyez

Dans une étude, l’Apec fait le point sur la réalité des cadres de plus de 55 ans en entreprise. Il en ressort notamment que pour les responsables RH, les cadres seniors ont “des qualités reconnues et constatées”, mais que pour autant, , il n’y a que peu de politiques de recrutement spécifiques en leur direction.

“Attachés à leur travail et à leur entreprise, les cadres seniors s’interrogent sur leur avenir” : tel est le constat de la dernière étude de l’Apec, intitulée “Regards croisés sur les cadres seniors”. Il en ressort que 83 % des cadres seniors (de 55 ans ou plus) en poste sont satisfaits de leur situation professionnelle. Notamment des relations qu’ils entretiennent avec leurs collègues et de la stabilité de leur emploi.

Mais si 80 % d’entre eux souhaitent avant tout rester dans leur entreprise jusqu’à leur retraite, une part significative d’entre eux expriment des inquiétudes pour l’avenir, notamment quant à leur rémunération. “Un manque de reconnaissance à leur égard est souvent déploré, surtout concernant leur évolution salariale : ils ont le sentiment de passer après les jeunes cadres, davantage pris en compte dans l’élaboration des politiques RH de leur entreprise”, explique ainsi l’Apec. En outre, le départ à la retraite est un sujet qui suscite chez une partie d’entre eux des inquiétudes (39 %). “À court et moyen terme, ils souhaitent avant tout rester dans l’entreprise jusqu’à la retraite (80 %), conserver leurs responsabilités (71 %) et, dans une moindre mesure, leur temps de travail (2 sur 3 d’entre eux souhaitent cependant l’alléger)”, indique l’étude.

Pour “conforter leur position”, 3 cadres seniors sur 10 ont des souhaits de formation pour 2021, “surtout pour consolider des compétences transversales, mais aussi des aspects techniques précis.” Malgré cela, beaucoup sont ouverts aux possibilités de départ qu’offrirait un éventuel plan de départ volontaire dans leur entreprise (61 %) ou une rupture conventionnelle (49% ; et particulièrement les 60 ans et plus (53%).

 

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Des piliers ou des “mentors” pour leurs collègues

Pour autant, l’apport des cadres senior est clairement reconnu par leurs managers et collègues. Pour eux, ils sont “des piliers essentiels des équipes” et compétents d’un point de vue technique. Chez les cadres seniors de 55 ans ou plus, leurs managers saluent avant tout l’expérience (25 %) et les qualités qui en découlent : expertise d’abord (20 %), mais aussi savoir-faire pratique, recul, rigueur, productivité, autonomie. “Les managers savent pouvoir compter sur eux pour transmettre leurs savoirs et prendre sous leur aile les jeunes recrues, et aussi pour jouer un rôle de relais d’information et de communication”, observe l’Apec. En matière de relations humaines, leur influence est perçue comme “bénéfique” : 47% des managers “les jugent plus aptes que les cadres plus jeunes à désamorcer un conflit (contre seulement 4% qui les pensent moins aptes)”.

Leurs collègues, quant à eux, “reconnaissent souvent aux cadres seniors un rôle de mentor. Ils leur sont reconnaissants de les avoir formés et aidés à s’intégrer. Ils les perçoivent comme bienveillants et capables d’écoute, hors de tout jugement ou de toute attitude compétitive, et ils sont donc fréquemment plus à l’aise avec eux qu’avec leurs managers ou leurs pairs”. Ils constatent toutefois, à 30 %, “une difficulté parfois plus grande à s’adapter aux changements technologiques”.

 

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Des DRH réticents à embaucher des cadres seniors

De leur côté, les responsables RH “saluent l’apport des cadres seniors, mais sont peu enclins à en embaucher”, déplore toutefois l’Apec. Ainsi, pour les DRH, les seniors de 55 ans ou plus ont “des qualités reconnues et constatées, précieuses pour l’entreprise : ils sont jugés compétents, experts dans leur métier, rigoureux, fiables, etc. Mais surtout, l’accent est mis sur leur fidélité et leur engagement à l’égard de l’entreprise.”

Mais pour autant, “il n’y a que peu de politiques de recrutement spécifiques en leur direction”, note l’Apec. “Les RH ne recherchent généralement pas de cadres seniors. Lorsque ce sont des profils expérimentés qui sont demandés, ils privilégient plutôt les cadres âgés de 40 à 50 ans. Ceux-ci sont appréciés à la fois pour leur longue expérience, leur opérationnalité immédiate et leur capacité à s’adapter rapidement, ainsi que leur projection à long terme dans l’entreprise”, peut-on lire dans l’étude.

Les responsables RH interrogés par l’Apec indiquent notamment être “rassurés par le fait qu’ils puissent rester au moins 15 ans dans l’entreprise avant de prendre leur retraite, en contraste avec les cadres séniors dont la retraite est plus proche, même si à 55 ans, les perspectives de carrière d’un cadre sont en général de 10 ans.”

Les cadres ayant 20 ans d’expérience ou plus demeurent finalement la catégorie pour laquelle les intentions de recrutement exprimées par les entreprises pour 2021 sont les plus faibles : ils représentent 5 % de ces intentions environ, “une part relativement stable depuis des années”, indique l’Apec. “Cette faible part dans les recrutements est liée à la plus faible appétence au changement d’entreprise des cadres seniors en emploi par rapport à leurs cadets (4 % ont changé d’entreprise en 2020 comme en 2019, contre respectivement 9 % et 14 % des moins de 35 ans, ainsi qu’au nombre important de ceux qui sont demandeurs d’emploi et ont des difficultés pour retrouver un job”, ajoute l’association.

 

Les seniors veulent une “revalorisation dans le monde de l’entreprise”

Selon l’étude, les cadres seniors “expriment des besoins spécifiques qui nécessitent un accompagnement adapté” de la part de l’Apec. Ainsi, 66 % d’entre eux se disent intéressés par un “accompagnement pour préparer leur fin de carrière et la transition” vers la retraite.

Mais à 38 %, ils appellent aussi de leurs vœux une “évolution des représentations permettant de déconstruire les préjugés et de lever les barrières auxquelles ils doivent faire face”. Particulièrement dans le cadre d’une recherche d’emploi, “mais aussi parfois dans la vie en entreprise.”

 

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Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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