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Coronavirus : le confinement, “une opportunité pour un recrutement qualitatif”

, par Fabien Soyez

Même en cette période de confinement forcé, les process de recrutement se poursuivent. Pour Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet de recrutement Clémentine, il s’agit même du moment où jamais pour prendre le temps d’étudier des candidatures et de discuter “posément”, et virtuellement, avec des candidats forcément chez eux.

L’on pourrait croire avec le confinement imposé, que les recruteurs sont au chômage. Est-ce le cas ?

Pas du tout ! Avant même le confinement, depuis au moins une semaine, de grandes entreprises, parmi mes clients, réalisaient des entretiens par Skype, car leurs locaux n’acceptaient plus les visiteurs externes. Certes, certains recruteurs sont totalement aspirés par un désordre organisationnel monstre, qui fait qu’ils n’ont plus le temps de rencontrer, même virtuellement, des candidats : le recrutement n’est plus la priorité de certaines sociétés en ce temps de crise et d’urgences à régler. Mais d’autres, beaucoup d’autres, travaillent actuellement de chez eux, dans une pièce convertie en bureau. Avec efficacité, ils multiplient les rencontres en vidéo.

 

Quels outils utilisent-ils ?

Il ne s’agit pas toujours d’outils professionnels comme Zoom. Certains utilisent WhatsApp, Skype, FaceTime : des logiciels grand public, qui fonctionnent très bien. Si les rencontres physiques ne sont plus possible, tous ont sous la main un tel service et peuvent donc l’utiliser.

 

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Quelles sont les limites et les possibilités d’un recrutement en ligne, dans de telles circonstances ?

Les entreprises ne risquent pas d’embaucher de sitôt quelqu’un qu’elles n’ont jamais rencontré. Les visioconférences ne remplaceront jamais complètement un entretien physique. Mais elles permettent d’avancer dans le process de recrutement, juste avant l’étape de la prise de décision (travailler ensemble ou pas). Via des échanges en ligne, il est possible de maintenir un lien ou de tenir au courant les candidats, avant de les retrouver physiquement à la fin du confinement.

Je parie dans le contexte actuel, sur l’adoption de processus rallongés. Avant de décider d’embaucher quelqu’un, ou avant de rejoindre une entreprise, candidats et recruteurs préfèreront attendre d’être fixés sur l’évolution de l’épidémie et sur son impact potentiel pour l’économie. Une crise pourrait conduire des organisations à renoncer à un certain nombre de recrutements. Mais la plupart continuent à recruter. Celles qui ne le font pas concrètement ont juste mis leurs process sur pause.

Plutôt que des embauches, les entretiens virtuels qui auront lieu pendant cette période de confinement donneront surtout lieu à des échanges confortables, permettant d’avancer car les candidats sont chez eux, et peuvent donc facilement être joints. Des rencontres physiques, pour plus de cordialité et de chaleur, seront sans doute programmées pour plus tard, mais dans le processus de recrutement, rien ne s’interrompt.

 

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Quels sont vos conseils à destination des recruteurs “coincés” chez eux ?

Poursuivre leur travail comme si de rien n’était, avec les logiciels numériques à leur disposition, et comprendre l’évidence : ces outils seront de plus en plus présents dans nos vies. Hier, la grève a “boosté” le télétravail, en faisant travailler de nombreuses entreprises en mobilité réduite. Le confinement actuel est une nouvelle étape vers la généralisation de pratique qui deviendront de plus en plus quotidiennes. Les recruteurs ont donc tout intérêt à en profiter pour s’habituer aux échanges vidéo via internet ; tout en partant de l’idée que nous reviendrons bien assez tôt à la normale. Et que ce temps de latence et de confinement doit donc être mis à profit.

Il nous faut voir cette situation comme une opportunité pour toucher des candidats isolés, et avoir avec eux un contact plus qualitatif. En effet, ceux-ci sont davantage disponibles et détendus, et les discussions sont forcément plus posées et construites. Paradoxalement, les recruteurs travaillent plus efficacement actuellement, car ils peuvent prendre leur temps. Et une recherche d’emploi qualitative prend du temps.

Il s’agit donc d’un excellent moment pour étudier des propositions, même si certains candidats sont probablement stressés et inquiets face à l’avenir. Ils attendent de voir de quoi demain sera fait, avant de s’engager envers une entreprise. Inutile d’imaginer prendre une décision d’embauche dans ces conditions.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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