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Le burn-out est désormais une maladie professionnelle, pour l’OMS

, par Fabien Soyez

Lors de sa 72e Assemblée mondiale de la santé, l’OMS a inclus le burn-out dans son classement international des maladies. Une reconnaissance importante pour une pathologie qui ne figure pas au tableau des maladies professionnelles en France.

 

Note du 28 mai 2019 : Contrairement à ce que nous avions relayé ci-dessous, l’OMS ne reconnaît pas le burn-out comme une maladie. Le lundi 27 mai, une communication de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait indiqué que le burn-out avait fait son entrée dans sa nouvelle Classification internationale des maladies, qui sert de base pour établir les tendances et les statistiques sanitaires.

Suite à un malentendu, de nombreux médias, dont Courrier Cadres, en avaient déduit que le burn-out avait été “reconnu comme une maladie par l’OMS”. Le lendemain, un porte-parole de cette agence spécialisée de l’ONU apporte finalement une correction : l’OMS considère que le burn-out est un “phénomène lié au travail”… et non une maladie.
La souffrance au travail, nouveau “mal du siècle” ? Bien qu’il n’existe pas pour l’heure d’étude épidémiologique, environ 3,2 millions de salariés français seraient « en risque élevé de burn-out », selon le cabinet Technologia, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.

Depuis plusieurs années, des hommes politiques tentaient en vain de faire reconnaître ce “syndrôme d’épuisement professionnel”, décrit dans les années 1970 par des psychanalystes américains, comme maladie professionnelle. En février 2018, deux députés de La France Insoumise, François Ruffin et Adrien Quatennens, proposaient ainsi de créer un nouveau tableau des maladies professionnelles avec les pathologies psychiques résultant de l’épuisement au travail (dépression, stress post-traumatique, trouble anxieux généralisé), mais leur texte avait été rejeté par l’Assemblée nationale. Puis, dans la foulée, Muriel Pénicaud, ministre du travail, relativisait l’existence de cette pathologie, et déclarait que le burn-out « n’est pas une maladie professionnelle, mais un ensemble de symptômes ».

 

Nom de code QD85

Un an plus tard, lors de sa 72e assemblée mondiale, le 25 mai 2019 à Genève, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a révisé son classement international des maladies (ICD-11), pour y inclure le burn-out. Selon l’organe de l’ONU dédié à la santé, il s’agit d’une « pathologie résultant d’un stress professionnel chronique qui n’a pas été géré correctement » – avec trois composantes : « des sentiments de perte ou d’épuisement », « une distance mentale accrue avec le travail ou des sentiments de négativité ou de cynisme liés au travail », et une « diminution de l’efficacité professionnelle ».

 

L’OMS considère que le burn-out, qui porte désormais le nom de code QD85, « fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel », et qu’il ne doit pas « être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie ». La nouvelle classification de l’OMS, qui fournit un langage commun aux professionnels de la santé du monde entier pour échanger des informations sanitaires, entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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  1. Laboratoire de Physique Théorique et Modèles Statistiques, le

    […] CourrierCadres.com, 27/05 – 3 min […]

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