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Télétravail : 83 % des cadres veulent continuer après la crise du Covid-19

, par Fabien Soyez

Le distanciel survivra-t-il après l’épidémie ? Selon une étude de l’Apec, 83 % des cadres souhaitent pouvoir continuer de télétravailler à l’avenir. Dont 70 % au moins un jour par semaine.

Les salariés retourneront-ils au bureau en janvier 2021, ou en février ? L’incertitude demeure face à une crise du Covid-19 qui ne semble pas prête de s’arrêter. Ainsi, le télétravail devrait rester la norme pendant encore plusieurs mois. Et ensuite ? Les entreprises reviendront-elles au 100 % présentiel ? Cela ne semble pas être le souhait des cadres.

Selon une étude publiée le 17 décembre par l’Apec, 83 % des personnels d’encadrement souhaitent “télétravailler à l’avenir”. Mais conscients des “risques” (isolement, burn-out) d’un télétravail trop important, ils appellent de leurs vœux la pérennisation d’un “modèle hybride”.

 

“Un télétravail devenu aspirationnel”

L’Apec décrit un télétravail “devenu aspirationnel” chez les cadres. “En dépit d’une mise en œuvre précipitée et de conditions difficiles durant le confinement, 72 %  souhaitent pouvoir télétravailler ou continuer à télétravailler à l’avenir de façon régulière”, au moins un jour par semaine. Seuls 11 % aspirent à travailler à distance “à titre occasionnel”.

Quelles sont leurs motivations ? Principalement la diminution du temps de transport (51 %) et la possibilité de travailler “au calme” (47 %). Près de 6 cadres sur 10 (58 %) estiment d’ailleurs que le télétravail est “plus adapté” que le travail en présentiel pour réaliser des tâches complexes nécessitant “un certain degré de concentration.”

Ils sont aussi 32 % à citer la possibilité de “gérer des imprévus” (rendez-vous médical, courses…). Ainsi que de pouvoir moduler leurs horaires (31 %). À noter que 21 % estiment que le télétravail est aussi intéressant car il leur permet “d’habiter plus loin” de leur lieu de travail.

 

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Une envie de télétravailler moins forte chez les managers

“Si cette envie est largement partagée par les cadres”, leur appétence pour le télétravail régulier varie selon leur genre, leur âge ou leur fonction. Ainsi, ceux qui sont aussi managers sont moins nombreux (63 %) que les autres (77 %) à souhaiter télétravailler chaque semaine après la crise.

L’envie de travailler régulièrement à distance est forte dans la communication (94 %), l’informatique (93 %), les RH, la gestion et la finance (83 %). Mais elle est plus faible chez les cadres de l’industrie et du BTP (74 %), ou de la santé (61 %).

En outre, les femmes aspirent davantage que les hommes à télétravailler régulièrement (75 % contre 70 %), tout comme les cadres de moins de 40 ans (75 %).

 

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Les cadres ont quand même besoin de présentiel

Mais l’aspiration au télétravail ne gomme pas celle de se réunir en présentiel. Ainsi, 56 % des cadres considèrent que les équipes “doivent pouvoir se retrouver ensemble” au moins une fois par semaine dans les locaux de leur entreprise. Un besoin exprimé plus fortement par les cadres des ressources humaines (63 %) et par les managers (62 %).

 

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De nouvelles pratiques managériales

Les cadres sont en outre 88 % à penser que le télétravail nécessite de revoir les pratiques managériales. “Forts de leur expérience des derniers mois”, les managers encadrant identifient notamment deux “principaux facteurs clés de succès” pour manager à distance : communiquer régulièrement (54 %) et bâtir une relation de confiance (49 %). “Par ailleurs, manager à distance, n’exclut pas pour eux de fixer des règles du jeu (37 %) et de définir des indicateurs de suivi de l’activité (25 %)”, note l’Apec.

 

Un facteur d’attractivité

À noter que la possibilité de télétravailler constitue “un critère important pour 69 % des cadres dans le choix d’une entreprise”. Notamment pour les femmes (72 %), les franciliens (73 %) et les moins de 30 ans (76 %). Au même titre que les salaires.

 

Des besoins de formation

Enfin, travailler à distance “suscite des besoins de formation” (notamment sur les “bonnes pratiques”) pour 62 % des cadres. Dont 68 % de ceux qui sont aussi managers, et 74 % de ceux qui exercent des fonctions RH.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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