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Distinguer ses doutes de la peur pour réussir à prendre une décision

, par La Rédaction

Retour d’expérience –  La majorité des erreurs que j’ai commises vient des moments où je n’ai pas su prendre de décision. Des moments où j’ai tergiversé, où j’ai laissé filer la situation, où j’ai fermé les yeux. Par Jérôme Adam, Conférencier-Entrepreneur.

 

Souvent dans ces moments, j’ai confondu mes doutes avec la peur de prendre la décision qui s’imposait. Des doutes, à bien y réfléchir, je n’en avais pas vraiment, mais de la peur oui. Et la peur, c’est le meilleur moyen pour ne pas décider, ne pas avancer, ne pas se lancer.

 

Reculer pour mieux sauter

Au début de ma 1ère entreprise, nous n’avions pas d’équipe ingénieurs et nous avions fait le choix de sous-traiter les premiers développements de notre logiciel à une Société de Services Informatiques. Assez vite, j’ai vu que le retard s’accumulait, qu’il y avait des dysfonctionnements chez notre prestataire. Mais plus j’espérais et attendais que la situation s’améliore compte tenu des montants engagés, plus la situation s’enlisait… et plus je doutais, plus j’avais du mal à y voir clair. En fait, au bout d’un moment, mes doutes se sont confondus avec de la peur : la peur de prendre la décision de couper la relation avec la SSII, la peur de repartir en arrière, de devoir tout remettre à plat, de m’opposer à notre DG plus expérimenté qui avait choisi ce prestataire… J’ai fermé les yeux et me suis retranché derrière notre DG.

Or la peur n’évite pas le danger.

Résultat : nous avons récupéré un produit avec huit mois de retard et à redévelopper à 80 %. J’ai fini par couper la relation avec la SSII et nos actionnaires m’ont demandé de virer le DG. Un licenciement humainement difficile quand on a 25 ans face à un père de famille de 50 ans.

Pas de doute, c’est une erreur de laisser pourrir une situation. Plus on tarde à prendre la décision et plus la décision devient difficile à prendre. Quelques chantiers étatiques nous en ont livré de bons exemples ces dernières années/ décennies…

Comme disait mon professeur de marketing aux États-Unis :

“Le pire n’est pas de prendre une mauvaise décision, le pire est de ne pas en prendre.”

Il a fallu que j’expérimente pour intégrer pleinement son conseil et apprendre à discerner ce qui relève du doute  de la peur.

 

L’auteur

Jerome_Adam-Courrier-Cadres2Jérôme Adam décide, à 23 ans, de créer sa première entreprise (Visual Friendly -15 salariés), puis 5 ans après sa 2ème (Easylife conseil). En 2010, avec Guillaume Buffet il lance sa 3ème société : JCPMY. Une entreprise de production audiovisuelle qui aborde avec humour la diversité et le vivre ensemble dans une web-série qui sera diffusée au sein d’un grand nombre d’entreprises, sur W9 et vue plus de 2 millions de fois sur le Net.

Jérôme Adam a également créé à Sciences-Po avec Xavier Monmarché, l’enseignement “être entrepreneur aujourd’hui”. En 2014, il devient trésorier du Think tank Renaissance Numérique regroupant les principaux universitaires et dirigeants de l’internet français pour réfléchir sur la transformation de la société à l’ère du numérique. Administrateur de plusieurs associations et co-auteur avec Patrick Blanchet du livre “Entreprendre avec sa différence”, il est aujourd’hui Conférencier professionnel.

La Rédaction


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