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Bébés start-upers : Valentin Reverdi, l’optimiste

, par Innocentia Agbe

Après avoir arrêté l’école à 16 ans, Valentin Reverdi a déjà créé plusieurs entreprises. Particulièrement enthousiaste quant aux qualités des jeunes de sa génération, il sait aussi puiser dans les modèles classiques, notamment pour manager.

 

C’est non sans un brin d’angélisme que Valentin Reverdi, 19 ans, et co-fondateur du site NewsYoung, du magazine en ligne Dissemblances et de l’agence de publicité Cougar, parle de sa génération. “La particularité des personnes appartenant à la génération Z est qu’elles sont tolérantes et ouvertes d’esprit, explique-t-il. À travers Internet, les gens sont bienveillants, ont beaucoup d’humour. Il ne faut pas les prendre pour des ‘cons’. Ils ont accès à tout. J’ai plutôt confiance en la génération Z.” Pourtant, cette génération a aussi des caractéristiques qui effraient, comme la simplicité avec laquelle elle peut se tourner vers les extrêmes politiques ou religieux, le harcèlement en ligne. “Mais en même temps, deux jeunes avec des visions opposées seront capables de se parler. Ils écouteront Nekfeu ou Booba, ils auront des points communs qui prendront le pas sur la politique. C’est pour ça que la culture populaire est hyper importante pour les jeunes. Je pense que si on remettait la culture au centre, on aurait moins de problème.

 

Séduire les jeunes

La culture, c’est justement son cheval de bataille. Après l’ouverture d’un blog pour “documenter l’actualité sous un prisme culturel” alors qu’il vit en Tunisie pendant le Printemps Arabe, il co-crée dès 2012 NewsYoung, une “mini agence de presse”. À 16 ans, il quitte l’école alors qu’il est en seconde et se fait émanciper pour pourvoir créer sa société. Après une expérience d’un an au sein de Canal Plus, il co-fonde le pure player Dissemblances avec une amie. “Magazine de la jeunesse insolente” annonce la baseline. “Nous souhaitons proposer des choses moins ‘pute à cliques’ et avec plus de sens. Nous mettons davantage en avant la création que des contenus industriels.” La fameuse quête de sens de cette génération au détriment de la réalité ? Valentin Reverdi fait plutôt preuve d’un irrésistible pragmatisme. Car quand il se rend compte qu’il est difficile de faire vivre ce type de média, il fonde l’agence de publicité Cougar avec un autre jeune, Sofyan Boudouni. “Nous l’avons appelée comme ça car une cougar séduit les jeunes.” Évidemment.

 

90 000 euros de chiffre d’affaires

Aujourd’hui, je considère qu’un média ne peut pas vivre sans agence de publicité affiliée. Un média vitrine montre que vous êtes expert sur une thématique ou une niche.” Là, il s’agit de la génération Z. Cougar accompagne les marques afin de les aider à “communiquer de la façon la moins ringarde possible et de manière pointue auprès des jeunes. Ce qui fait sa force est que nos créatifs ont moins de 25 ans et ce sont des personnes qui ont de grosses communautés sur Internet, des Youtubers”. Lancée en août 2016, Cougar a déjà travaillé avec MK2 ou encore 20 Minutes et Valentin Reverdi prévoit un chiffre d’affaires d’à peu près 90 000 euros. “Pour une première année, c’est bien.” Il travaille surtout avec des freelances. Ses équipes comptent 12 personnes chez Cougar et 5 pour Dissemblances.

 

Pour un modèle d’entreprise classique

Avec un tel parcours, quand vient la question de sa vision de l’entreprise et du management, on pourrait s’attendre à ce qu’il veuille casser les codes, tout revoir. “Je suis pour le modèle classique, répond en fait Valentin Reverdi. Je ne suis pas fan des entreprises où tout le monde est pote, dans lesquelles il n’y a pas de hiérarchie. Je pense qu’il y a des choses qui ne doivent pas se perdre. Chacun doit avoir son rôle.”  On est loin du concept en vogue de l’entreprise libérée. Côté management, “nous sommes à l’écoute, explique-t-il. On fait du teambuilding, on va tous boire un verre de temps en temps…” Mais sous cet apparent classicisme, Valentin Reverdi semble avoir naturellement intégré les nouvelles formes d’organisation du travail, que certaines entreprises ont tant de mal à mettre en place. “Nous n’imposons pas d’horaires de travail. En revanche, ils doivent faire un compte-rendu de ce qu’ils ont fait dans la journée. Ils peuvent exercer de chez eux. Il faut juste qu’ils soient là au moins trois fois par semaine. S’ils veulent trkllavailler le dimanche, ils peuvent. On est flexible sur les horaires car je sais que personne n’aime se lever tôt. Si ton corps n’est pas en mesure de se lever à 8 heures, pas de problème. On peut laisser de la flexibilité sur le corps humain mais pas sur ce qui doit être réalisé.

 

Se compléter

Et lorsque l’on parle de pont entre les anciennes générations et la sienne, là encore Valentin Reverdi est optimiste et même particulièrement positif. “Je ne vois pas le problème qu’il pourrait y avoir à mélanger des personnes plus âgées et jeunes en entreprise. Je serai ravi d’avoir des gens plus vieux dans la mienne. Ce n’est pas une question d’expérience mais de culture, de langage, de sémantique qui ne sont pas les mêmes. Par exemple, deux créateurs artistiques de 50 et 20 ans pourraient se compléter.

 

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Innocentia Agbe
Journaliste pour Courrier cadres


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