Économie VTC

VTC : “Soit nous sommes indépendants et nous décidons, soit nous sommes salariés”

, par Julie Tadduni

Le jugement est tombé en fin d’année. Un chauffeur VTC, de la plate-forme LeCab, vient d’être requalifié en salarié par le Conseil des Prud’hommes de Paris, qui a estimé qu’un lien de subordination existait entre la plate-forme et le chauffeur. Le point sur les conditions de travail de ces entrepreneurs avec Sayah Baaroun, secrétaire général du Syndicat des chauffeurs privés-VTC.

 

Les différentes applications de mise en relation entre VTC et passagers proposent-elles des statuts différents aux chauffeurs ?

Ce sont les chauffeurs, en tant qu’indépendants, qui choisissent eux-mêmes le statut qu’ils souhaitent adopter, souvent en concertation avec un comptable. Certains choisissent de commencer comme micro-entrepreneur sauf qu’ils se rendent compte qu’ils dépassent rapidement le plafond autorisé de 33 100 euros de chiffre d’affaires. La solution est de créer une société. Donc beaucoup créent une Sasu, mais tout ce qui intéresse ces plate-formes c’est que vous réunissiez les conditions pour pouvoir transporter des particuliers, le reste les importe peu.

 

Ces différentes sociétés (Uber, LeCab, Chauffeur Privé, Marcel…) présentent-elles des différences de coût de l’activité au démarrage ?

Très peu. Je pourrais entrer dans le détail pour vous expliquer les petites différences entre chacune, mais à la sortie c’est du pareil au même. Ils vous proposent tous une liste de véhicules, certains comme Chauffeur Privé exigent que les chauffeurs portent une cravate rouge… Mais lorsque l’on trouve un avantage chez l’une, c’est qu’elle vous pénalisera ailleurs. Cela se joue à peu de chose au final.

 

Et du côté des commissions ?

SnapCar va prendre 25 %, mais cela peut être dégressif lorsque beaucoup de courses sont effectuées, pareil pour LeCab, entre 20 % et 30 % . Chez Uber, c’est 25 %,  point !

Quelles sont vos revendications pour améliorer la situation des chauffeurs ?

Un climat et des conditions ont été créés pour que des milliers de jeunes deviennent patron sans y être préparés. Certains ne différencient pas chiffre d’affaires et bénéfices. Selon moi la situation est simple : soit nous sommes des professionnels et nous décidons de tout, dont de la politique tarifaire, soit ce n’est pas le cas et nous sommes salariés. Tous les chauffeurs qui pensent qu’ils gagnent bien leur vie n’ont pas encore fait leur premier bilan. Au final, pour 70 heures de travail par semaine, ils touchent environ 1 000 euros, et ce, avec toutes les responsabilités que cela implique.

 

N’y a-t-il pas une application qui sorte du lot pour les passagers qui soutiennent les chauffeurs ?

Marcel est un peu mieux car la course minimum est fixée à 15 euros et que l’entreprise prend 15 % de commission. Ils sont plus respectueux des chauffeurs et ouverts au débat lorsque nous les rencontrons. Ce n’est pas Byzance, mais ils ont ce mérite.

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Julie Tadduni
Journaliste Web et community manager pour Courrier cadres


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