Carrière formation-entreprise

Réseau IAE : « Une majorité du temps de formation doit être passé en présentiel »

, par Marie Roques

D’ordinaire plutôt discrets, les IAE forment pourtant une grande partie des managers de demain. Le point sur les chantiers prioritaires des instituts en ce début d’année avec Eric Lamarque, président du réseau IAE France.

Comment traversez-vous cette crise sanitaire ?

Sur tout l’aspect logistique, nous sommes désormais habitués à appliquer les protocoles sanitaires pendant les cours. Au final, ils n’ont jamais été allégés. Nous sommes encore plus attentifs à ce que font les étudiants. Le plus difficile à gérer se situe au niveau de l’impact psychologique.

Quels sont les chantiers prioritaires qui vous occupent en ce début d’année pour le réseau IAE France ?

Mon premier grand chantier est de travailler autour de la structuration et de l’organisation des parcours en licence, dans le prolongement de la réforme des bachelors universitaires de technologie (BUT) qui se déroulent désormais sur 3 ans. Nous sommes aussi particulièrement préoccupés par toutes les réformes autour de l’apprentissage et très attentifs aux discussions qui ont lieu sur ces contrats. La difficulté est que nous recevons toujours des informations contradictoires sur le coût que représente ce type de formation. Il est important de porter ce message auprès du ministère.
Nous sommes également concernés par le projet de plate-forme commune destinée aux étudiants à la recherche d’un master. Ce projet a été arrêté et a donné lieu à de nombreux débats et discussions autour des logiques d’harmonisation.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux écoles de commerce privées ?

Je tiens à dire, en premier lieu, que pour bénéficier d’une formation de qualité en management, il n’y a pas que les écoles de commerce privées. Nous faisons tout depuis 20 ans pour pouvoir dire que l’offre que nous proposons en matière de formation, de qualité de contenus et d’innovation pédagogique est largement au niveau de la plupart des établissements privés. La formation que nous délivrons assure le même niveau d’employabilité ou encore de salaire.

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Comment faites-vous évoluer vos formations au management par rapport aux besoins des entreprises ?

La moitié de nos enseignants sont en activité et c’est essentiel. Nous échangeons aussi beaucoup avec les entreprises pour mieux comprendre leurs besoins que ce soit en matière de RSE, de transition écologique, de diversité ou encore de risques psycho-sociaux. Nous intégrons tout cela dans nos programmes, mais aussi à l’extérieur. Nous proposons par exemple des modules online sur certaines questions accessibles pour tous les étudiants de l’IAE.
Notre deuxième gros volet de travail se situe au niveau de la digitalisation et de la transformation des organisations. Cela touche à toutes les fonctions de l’entreprise et il est essentiel d’intégrer ces évolutions dans nos formations. Nous faisons le point très régulièrement avec les équipes pédagogiques. Nous travaillons aussi beaucoup autour de la dynamisation des territoires et de l’entrepreneuriat. Deux éléments qui font l’ADN des IAE.

En quoi la crise vous a amené à repenser vos modalités de formation ?

La crise a davantage accéléré que véritablement changé nos méthodes. Nous avons dû rapidement accélérer sur l’enseignement à 100 % à distance. Certaines de nos formations proposent encore aujourd’hui des programmes entièrement online, mais au niveau de l’IAE Paris, cela ne concerne actuellement que 15 % des étudiants. Nous avons longuement travaillé sur l’intégration de ressources en ligne de type mooc, ou encore des vidéos pour aller puiser des contenus supplémentaires. Par ailleurs, tous nos étudiants sont abonnés à LinkedIn Learning avec l’appui des professeurs. Nous réfléchissons actuellement beaucoup sur l’hybridation des formations car nous partons du principe qu’il est toujours mieux de suivre un enseignement à distance que de rattraper les cours a posteriori.
La question se pose au niveau du dosage entre le présentiel et le distanciel. Nous pensons que le full distanciel n’est pas forcément une bonne solution. En cas d’enseignement à distance, nous nous connectons régulièrement avec les étudiants pour débriefer un cas ou proposer un exercice supplémentaire. Nous continuons à penser qu’une majorité du temps doit être passée en présentiel. Un autre sujet compte beaucoup pour les IAE, celui de la coopération avec les universités européennes. Les accords sont tombés courant 2020 et ont été ralentis par la pandémie. Nous allons clairement accélérer sur ce dossier.

Marie Roques

Marie Roques
Rédactrice en Chef


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