Attendus, célébrés, partagés, les événements professionnels restent le média incontournable de la vie des entreprises. Preuve en est le rattrapage réalisé par le marché, dont la demande a plus ou moins retrouvé son niveau de 2019, comme l’indiquent les conclusions de la 32ᵉ étude annuelle du cabinet Coach Omnium, réalisée en partenariat avec 1001 Salles. Début 2024, 315 sociétés ont été interrogées dans ce cadre. Il en ressort qu’en 2024, 71 % des entreprises organisaient des réunions, 56 % des soirées événementielles, 45 % des activités de cohésion et 27 % des conventions. La plupart des chiffres est en forte hausse par rapport à 2017, notamment la partie motivation, qui reste le maître-mot des événements selon l’étude.
Des activités de cohésion
À l’ère du télétravail, le besoin d’impliquer les collaborateurs est une évidence. C’est aussi ce que pointe une autre analyse, publiée par la plateforme de réservation Kactus fin avril. Selon cette dernière, les événements d’entreprise occupent de plus en plus de place dans les stratégies de ressources humaines. En plus des activités de cohésion utilisées pour fédérer les collaborateurs, émergent de nouvelles façons d’utiliser les événements comme les afterworks à but de recrutement, qui permettent de se rencontrer de façon moins formelle ; ou encore des activités orientées vers le développement durable et des ateliers de bien-être, visant à améliorer la qualité de vie au travail.
Plébiscités par les participants, appelés à embrasser des missions de plus en plus larges, les événements sont toutefois soumis à un serrage de vis budgétaire. Après l’euphorie des retrouvailles post-Covid, l’inflation des prestations se faisait déjà sentir en 2024. 65 % des répondants de l’étude de Coach Omnium disaient alors travailler avec des budgets en baisse. Pour 2025, ils étaient 38 % à entrevoir une baisse de leur activité, et 18 % s’attendaient à un budget diminué. Le ralentissement se fait sentir dans l’ensemble de la filière, même s’il est variable selon le secteur d’activité.
Le poids des habitudes
Face à pareilles contraintes, les organisateurs choisissent souvent de concentrer leurs moyens sur leurs manifestations les plus essentielles. Il devient alors d’autant plus important que chaque événement produise les effets attendus. Or, il y aurait matière à renouveler certains formats selon l’agence Unexpected, qui vient de publier en ligne un livre blanc sur les conventions d’entreprise. Le titre est assez clair : « Pourquoi il faut tout réinventer ». Exercice de communication pratiqué par toutes les grandes entreprises, la convention est de fait souvent brocardée comme une grand-messe un peu figée. L’agence insiste sur l’inadéquation entre les grandes plénières et une audience en décalage, en attente d’échanges et de sens plutôt que de parole descendante. « Ce format est en perte de vitesse, il n’évolue pas à la hauteur du mouvement sociétal que l’on vit, alors même que la convention d’entreprise doit permettre de débattre de sujets importants, » souligne Benoît Cramaussel, directeur des stratégies créatives chez Unexpected. Les freins seraient multiples, du manque de temps au poids des habitudes, en passant par la volonté de ne pas prendre trop de risques. « Dans ce livre blanc, nous venons surtout avec des questions plutôt que des solutions, dans l’idée que ce rendez-vous peut être non une contrainte mais un événement co-construit et partagé avec plaisir. » L’agence exhorte les organisateurs à faire plus de place aux échanges entre la scène et l’audience, à la réflexion collective et aux scénographies immersives, entre autres.
Proposer une véritable expérience
L’expérience immersive, justement, est un des nouveaux totems de la communication événementielle. Marquer durablement les esprits en plongeant les participants dans un autre univers avec une scénographie originale ou un scénario interactif, voilà qui structure de plus en plus les événements, et pas seulement ceux des entreprises. Sans cesse à la recherche de nouvelles idées, Marc Delcroix, gérant de l’agence Potion Magic, part avec son équipe chaque fois que s’ouvre une Exposition universelle, pour une grande séquence d’inspiration. En visite à Osaka, en mai dernier, il s’est comme à chaque fois enthousiasmé pour les mille et une opportunités de découverte. « Chaque pavillon porte une thématique originale qui raconte une histoire ou une vision, et propose une expérience à vivre à travers le son, l’image ou des dégustations. Il y a aussi la créativité portée par l’architecture du site, et l’immersion totale recherchée dès l’entrée pour embarquer le visiteur. » Un véritable voyage dans chaque pavillon, et l’occasion, pour cette agence marquée notamment par le pavillon de Singapour, de tester et de repérer d’innombrables dispositifs, qui seront peut-être eux-mêmes utilisés dans de futurs évènements, une fois de retour.