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Tectonique des générations au travail : un nouvel équilibre à inventer

Cet article est issu du dossier "Chroniques d'experts"

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Le sol bouge sous nos pieds. Depuis plusieurs années, la pyramide des âges se transforme. C’est un mouvement profond, mais qui percute le marché du travail non sans contradictions !

Des jeunes qui sortent moins nombreux des études, cela devrait leur assurer un meilleur accueil dans les entreprises. Sauf que… les premières secousses du ralentissement économique sont pour eux ! Leur insertion professionnelle se complique : 41 000 recrutements de cadres débutants prévus en 2025 selon nos prévisions, 19 % de moins qu’il y a deux ans. Un choc qui affecte nos jeunes, mais menace aussi le renouvellement des compétences et, à terme, la compétitivité des entreprises.

Voici une autre contradiction : la population active vieillit et va bientôt, chez nous aussi, diminuer. Le nombre de seniors en activité progresse en conséquence : selon la Dares, le taux d’emploi des 55-64 ans a atteint 60,4 % en 2024, un record depuis 1975. Mais voilà : ce n’est pas assez comparé à nos voisins, et cela ne va pas assez vite compte tenu du relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite. Chez les cadres, les 55 ans et plus sont toujours les plus exposés au chômage (6,8 %, contre 4,0 % pour l’ensemble des cadres), alors même que les carrières s’allongent.

Ces contradictions interrogent : comment ces mouvements démographiques inéluctables vont-ils enfin changer le fonctionnement du marché du travail ? Et, à l’échelle des entreprises, nourrir des politiques RH ciblant les cadres seniors comme l’insertion des jeunes, et favorisant la transmission intergénérationnelle ?

Des leviers pour agir

Des leviers existent qui peuvent desserrer l’étau :
– Accompagner l’insertion des jeunes diplômés. En 2024, 85 % de ceux que nous avons accompagnés à l’Apec ont trouvé un emploi en moins d’un an.
– Valoriser les seniors comme ressources clés, en dépassant les stéréotypes pour reconnaître leurs compétences et leur rôle de passeurs. En clair, changer de regard et de pratiques.
– Repenser l’équilibre des compétences, en intégrant les besoins de transition, de relation et de transmission dans un accompagnement aux moments clés tout au long de la vie professionnelle.

La tectonique des générations n’est pas une crise. C’est un changement d’ère. Aux entreprises, aux décideurs RH, à nous tous d’en faire une opportunité.

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