Hadrien Voydeville
Carrière

Hadrien Voydeville : « La passion pour son travail change tout ! »

PORTRAIT - Après plusieurs années à multiplier les expériences dans des sociétés de fonds d’investissement, le désamour du trentenaire pour le secteur de la finance s’est confirmé. Du management à l’ancienne aux horaires à rallonge... Rien n’allait ! Il s’est, donc, tourné vers l’achat et la revente de voitures d’exception.

Fils de médecins, il aurait pu être amené à déclamer le serment d’Hippocrate dans le but d’enfiler une blouse blanche. Mais, après l’obtention de son baccalauréat scientifique à Nancy (Grand Est), le jeune homme a préféré démarrer des études supérieures dans la finance. « Ce n’est pas le domaine qui me plaisait le plus, mais je pensais que ce serait celui qui me permettrait de gagner suffisamment d’argent pour accéder à mon rêve », confie-t-il. Celui de collectionner des voitures de sport. Au fil de ses années universitaires, son parcours prend une tournure internationale. Il part étudier à Hong-Kong, en Italie, puis en Suède. « C’est lors de ma première expérience à l’étranger, en discutant avec un ami, que je pense à m’orienter vers le Private Equity », se souvient-il. Soit un mode d’investissement de capital visant à acheter des parts d’une entreprise non cotée en bourse, dans le but de l’accompagner dans sa croissance, puis de les revendre ultérieurement en faisant une potentielle plus-value. Grâce à un coup de pouce de son oncle, exerçant dans ce domaine, il a pu y réaliser son stage de fin d’études. Mais c’est la douche froide pour le futur diplômé. Il s’est, en effet, retrouvé à passer l’intégralité de ses journées « en costard cravate, assis derrière un ordinateur, à traiter des fichiers Excel. Je ne sortais pas, je ne rencontrais personne », déplore-t-il.

En dépit de cette première expérience professionnelle éloignée de ses attentes, Hadrien ne baisse pas les bras. Il continue de frapper aux portes de grands groupes. Auditeur financier, analyste… Il occupe divers postes clés de la finance. « J’étais persuadé que c’était la bonne chose à faire pour consolider mes compétences dans ce secteur. Je pensais que je rencontrerais des investisseurs et des entrepreneurs inspirants, que je recevrais de bons conseils pour ma carrière et pour le rêve qui m’animait« . Cependant, les années passent, et l’histoire se répète ! « À chaque fois, je me retrouvais enfermé entre quatre murs, à devoir répondre à des demandes de dernière minute« , poursuit-il.Le cadre de travail du trentenaire s’est, alors, dégradé à vue d’œil : son regard sur le management à l’œuvre dans ces organisations est devenu de plus en plus critique, les difficultés relationnelles se sont accumulées, l’envie de se rendre au travail disparaissait. « Je ne me projetais pas à la place de mon manager. Sa vie ne me faisait tout simplement pas rêver« , reconnaît-t-il. Et ses collègues ? « Nos centres d’intérêt étaient très différents« , évince-t-il, avant de conclure ce chapitre de sa vie : « De toute façon, j’étais trop impatient ! Je ne voulais pas attendre encore dix ans pour faire ce qui me plaisait au travail. » Une rupture conventionnelle met définitivement fin à ses tergiversations à l’égard de la finance.

Partir pour mieux revenir

Se reconvertir dans un autre domaine, oui, mais dans quoi ? Afin de répondre à cette question, le trentenaire prend quelques mois pour réfléchir. En 2022, il met le cap Outre-Atlantique, aux États-Unis et au Mexique, où il a travaillé bénévolement pour une auberge de jeunesse. Cette mission ne l’empêche pas, pour autant, de continuer à mettre son savoir-faire au service d’un garage hollandais. « Quelque temps auparavant, j’avais proposé au patron de lui ouvrir de nouveaux marchés« , explique-t-il, en France, en Allemagne et en Suisse. Son profil international, sa maîtrise des langues, et son appétence pour les véhicules à quatre roues, avaient suffi à convaincre le dirigeant néerlandais de lui faire confiance. De retour dans l’Hexagone, Hadrien commence à se déplacer dans ces deux pays européens pour dénicher des voitures et s’assurer de leur bon fonctionnement. L’objectif est ensuite de les acquérir, puis de les acheminer aux Pays-Bas. Il perçoit une commission lorsqu’elles sont revendues à des particuliers. « Je voulais faire de cette passion une activité professionnelle à temps plein. Mais, je ne faisais pas assez de volume pour en vivre convenablement. Mes revenus fluctuaient beaucoup d’un mois à l’autre« , indique l’auto-entrepreneur. Au point d’être contraint de rendre les clefs de son appartement parisien. Retour à la case départ à Nancy ! Mais, là encore, Hadrien ne se décourage pas. Il met ce temps à profit en continuant son activité d’intermédiaire avec le garage hollandais, tout en cherchant de nouveaux acteurs avec qui collaborer.

En route vers sa passion

Au cours de ses recherches, il tombe sur l’offre d’emploi qui va le conduire vers l’aventure dont il rêvait depuis tout petit. En juin 2024, il a intégré Mecanicus, une start-up spécialisée dans l’achat et la revente d’automobiles anciennes, de luxe et de sport, localisée en plein Paris. Bingo ! Hadrien s’épanouit enfin dans sa profession : « La passion pour ce qu’on fait au quotidien change tout. Je me suis senti immédiatement mieux ! » Le management horizontal y est, lui aussi, pour beaucoup : « Notre directeur partage régulièrement sa vision avec nous. Il est transparent, prêt à discuter et à faire des concessions pour embarquer ses équipes dans la bonne direction. » Cette satisfaction passe également par une équipe de jeunes collègues avec qui il partage, cette fois-ci, de plus grandes affinités, ainsi que par une rémunération attractive, et la possibilité d’avoir des parts dans l’entreprise. Et ce n’est que le début ! Des perspectives d’évolution pourraient s’offrir à lui dans quelques années : « Nous avons l’ambition d’ouvrir de nouveaux garages dans plusieurs villes françaises et européennes« , se réjouit-il d’avance.

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