78 % des salariés estiment qu’il est très important que l’entreprise déploie des actions en faveur de pratiques sportives régulières, d’après une Enquête de United Heroes et Great Place to Work sur le bien-être au travail. « Depuis 2020, il y a une vraie prise de conscience au sein de la société sur la nécessité de faire du sport pour le bien-être physique et psychique. Cette tendance s’est renforcée l’année dernière avec les Jeux de Paris 2024, notamment en entreprise, où le sujet est devenu central », tranche Gatien Letartre, CEO et cofondateur de TrainMe. La filiale de Décathlon a observé que le nombre d’entreprises demandeuses de solutions sportives a doublé en un an : « Nous avons été très sollicités pour mettre en place des programmes sur du long terme », détaille-t-il. Tandis que du côté des salariés de leurs entreprises clientes (plus de 2 000 à ce jour), « ils ont été deux fois plus nombreux à pratiquer du sport l’année dernière ».
Gymlib, autre acteur majeur du sport en entreprise, a également remarqué une forte hausse de la participation des salariés français, notamment durant l’été 2024, dans des activités telles que la musculation (+120 %), le pilate (+98 %) ou encore le padel (+81 %). Mais aussi, dans les sports olympiques, portés par l’exposition médiatique ainsi que l’engouement populaire pour cette compétition internationale et pour les athlètes français. Le tennis a eu particulièrement la côte (+84 %), suivi par la natation (+67 %) et le badminton (+13 %). Gymlib (dont les clients sont, entre autres, Carrefour ou encore AirFrance) a enregistré, par ailleurs, 15 % de demandes en plus de création de compte par les DRH sur les mois de juillet et août 2024.
Une tendance positive confirmée par les chiffres publiés par Paris 24. L’organisme en charge de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques avait lancé dès 2022 le challenge « Go for 30 » à ses entreprises partenaires (PwC, Allianz, FDJ, Accor, LVMH, EDF, Orange, Randstad, ou encore le groupe ADP). Celui-ci visait à inciter leurs salariés à pratiquer une activité physique de 30 minutes quotidiennes. En moins de deux ans, ce défi sportif a fait bouger plus de 120 000 collaborateurs, soit près de 1/5ème des salariés des organisations partenaires citées précédemment. Cette période « nous a montré que les managers et les salariés se sont pleinement mobilisés pour lutter contre la sédentarité et favoriser l’activité physique. Bouger en se faisant plaisir fera partie de l’héritage de Paris 24 ! Ce élan collectif se prolongera bien au-delà des Jeux », assurait Michel Cymes, médecin, chirurgien et ambassadeur de Paris 2024.
Les PME encore à la traine
Cela a été possible grâce à une hausse du budget consacré à l’activité physique au sein des grandes entreprises, ainsi qu’à une visibilité plus grande autour de ces sujets à l’échelle nationale de la part des médias et du gouvernement. La manière dont les entreprises ont communiqué en interne sur la pratique sportive a également contribué à augmenter le taux de participation des équipes. Gatien Letartre identifie trois leviers : proposition de coachs sportifs, déploiement de programmes dont l’approche est plus personnalisée et holistique (nutrition, sommeil, etc.) qu’auparavant. Enfin, la présence exceptionnelle en entreprise des athlètes sponsorisés a « été efficace pour initier à certains sports et inspirer », note-t-il.
Du côté des petites et moyennes entreprises, en revanche, le chemin à parcourir vers le sport reste encore long. « Les dirigeants ont plus de mal à avoir une vision claire sur la politique sportive qu’ils souhaitent mener. Ils ont également moins de budget pour que celle-ci soit ambitieuse », explique-t-il. Pourtant, les bénéfices sont nombreux, tant pour les organisations que pour leurs équipes, tient à rappeler le dirigeant de TrainMe. Le principal retour sur investissement est une « hausse de la productivité ». Outre cet aspect, 85 % des salariés ont déclaré dans une étude* publiée par OpinionWay en avril 2024, que le sport au travail leur permet aussi de relâcher la pression ainsi que de renforcer les liens avec leurs collègues (74 %).
Vers des programmes holistiques et hybrides
D’après Gatien Letartre, l’ensemble de ces organisations peuvent aller plus loin en proposant des programmes plus adaptés et évolutifs « pour augmenter le taux d’engagement des collaborateurs », plus complets pour prendre en compte « tous les aspects de leur vie susceptibles d’impacter la santé physique », ainsi que plus hybrides pour rendre le sport accessible à toutes et tous. « Beaucoup d’entreprises oublient de penser à leurs collaborateurs en télétravail à 100 %, en déplacements professionnels réguliers, ou résidant en région. Lorsque c’est possible, il serait judicieux de développer des sites partout en France, ainsi que des contenus digitaux pour permettre à tout le monde d’y accéder facilement », souligne-t-il.
Selon lui, le sport aura tout de même eu « la reconnaissance qu’il mérite » en 2024, aussi bien en entreprise que dans le reste de la société française. En 2025, et dans les années qui suivront, l’enjeu sera de « renforcer et de pérenniser » cette dynamique sportive en rappelant régulièrement « ses effets positifs ».
Et bonne nouvelle ! La Grande cause nationale de 2025 n’est autre que la santé mentale. « Ces deux priorités nationales (sport et santé mentale, ndlr) sont étroitement liées. Voire ne font qu’une ! Car, il faut faire du sport pour avoir une bonne santé mentale. Nous allons continuer de convaincre de nombreuses organisations, se réjouit-il. Les entreprises ont une vraie responsabilité en la matière : les salariés passent beaucoup de temps sur leur lieu de travail, ne pratiquent pas forcément de sport à l’extérieur, ou n’ont pas le budget suffisant. Les entreprises sont en mesure d’apporter des réponses à toutes ces problématiques. »
*Sondage réalisé par Opinion Way, auprès d’un échantillon de 1 001 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, les 22 et 23 novembre 2023.