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Ne pas répondre, l’auto-destruction du management

, par La Rédaction

Tribune. Souvent les salariés (comme les prestataires) se trouvent tétanisés face à une nouvelle figure managériale qui se répand : ne pas donner de réponse claire. Par Jean Grimaldi d’Esdra.

Autrefois symbole d’une attitude un peu condescendante voire méprisante, ne pas donner de réponse est en passe de devenir un vrai système de management.
Spectateur d’une pratique, je m’interroge. Des membres d’un groupe en désaccord avec les nouvelles modalités de fonctionnement veulent faire entendre leur voix. Une réunion est programmée.
– Ce n’est pas possible, ce n’est pas pratique..
– On va en parler …
Il n’y aura pas de réponse ferme et claire à la demande. Il y a seulement une reformulation collective de la demande. Sans réponse.

 

1/ La non-réponse, un outil de management !

La technique n’est pas un oubli, cela instaure un style de relations.
Tu viens de me dire quelque chose ou tu as formulé une demande. Je zappe pour ne pas prendre position.
Tu réitères une demande ? Je te demande de me rédiger un e-mail ou un mémo. Curieusement il n’y aura pas souvent de réponses au mémo.
Tu réagis mal ? On s’étonne de ta difficulté à dialoguer. Le jeu social est de demander, pas d’avoir une réponse.

2/ La non réponse, une faute managériale !

La technique inconsciente (parfois consciente) est d’user la volonté des personnes et de les faire rentrer dans le mode plus formel. “Je suis celui qui demande, ton rôle est d’appliquer. Demain d’en apporter une preuve lors d’un reporting”.
Les personnes se lassent de l’écoute distante ou convenue. Ils ne réitèrent pas la demande !
Le dialogue spontané sur une demande exige un courage évident : écouter, comprendre, parfois répondre non.
Le temps de l’écoute, du dialogue, de l’innovation est défini, enfermé dans un moment, procéssé. En dehors, cela ne compte pas.

3/ La non réponse, un manque de respect !

Le respect est d’accorder à l’autre une existence, une considération, une utilité.
Le mode “botter en touche” lors d’une demande était une caractéristique un peu “bourgeoise” de relations,  il faut bien le dire. Ne pas donner de vie, de consistance à ce qui est demandé tue sa réalité et on peut faire “comme si…”.
Mais ce procédé de non-réponse devenant très courant, il faut bien relever que :
– Nous n’existons guère car nos propos non-entendus n’existent pas vraiment.
– On n’a guère de considération concrète pour nous car nous parlons dans le vide.
– Nous n’avons aucune utilité car notre vision n’est pas entendue. Instrument oui, partie prenante, non.

4/ Que faire ?

La meilleure règle est de faire ce que nous aimerions recevoir pour nous-mêmes.
– Il faut un temps dédié à l’écoute, même brève. Écoute individuelle plus que collective.
– Si un mémo ou mail argumenté a été produit, il serait judicieux de l’avoir sous vos yeux… et donc visible pour votre correspondant.  Vos remarques écrites sur le texte du mémo. Cela démontre votre attention, sans grands discours.
– Une réponse simple. Non … parce que ou oui … parce que et quand…
–  Remerciement pour la remise du mémo, de la suggestion, de la simple demande.
Faute de quoi ….
Quand le respect s’évapore, la confiance ne peut se créer. Les deux carburants du Management font alors défaut.

 

QUI EST L’AUTEUR ?

Jean Grimaldi d’Esdra est directeur associé de Formadi et directeur pédagogique à l’Edhec Executive Education.
Sites à visiter : www.jean-grimaldidesdra.com

La Rédaction


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