Entreprise office

Les futurs managers préfèrent les bureaux à l’ancienne

, par Fabien Soyez

Selon une étude de la chaire « Workplace Management » de l’ESSEC, le bureau classique, individuel et fermé, semble être de retour dans les préférences des étudiants. Les modes de travail « modernes » tels que le flex-office ou le co-working, qui semblent pourtant avoir le vent en poupe, n’attirent finalement que peu de futurs managers.

 
L’open space n’a plus la cote, les salariés pointant en particulier du doigt son inconfort acoustique et physique. De son côté, si le flex office, qui consiste en l’absence de bureau attitré sur le lieu de travail, est en vogue dans un nombre croissant d’entreprises, il est aussi critiqué pour les risques qu’il sous-tend pour le bien-être des salariés, entre déshumanisation et absence d’appropriation de l’espace.

Une récente enquête effectuée par la toute nouvelle Chaire « Workplace Management » de l’ESSEC vient conforter ces critiques. Baptisée « Mon bureau de demain », cette étude s’intéresse à « la façon dont les étudiants des grandes écoles de management imaginent leur bureau de demain ». Selon elle, 40% des jeunes sondés estiment que l’espace de travail sera déterminant dans le choix de leur futur employeur. Mais ils sont aussi 57 % à préférer un bureau fermé (individuel ou partagé), contre seulement 26% pour l’open space et 8 % pour le flex-office. En outre, seuls 6 % des étudiants aimeraient travailler de chez eux en télétravail (« home office »).

 

“8 étudiants sur 10 restent très fortement attachés au bureau attitré”

Concernant plus précisément le flex office, 83 % des futurs managers estiment « important d’avoir un bureau attitré », et 50 % de ceux l’ayant déjà expérimenté durant leur expérience professionnelle ne veulent pas réitérer l’expérience. À noter que le co-working (travail en dehors de l’entreprise sans bureau attitré) n’intéresse que 3 % d’entre eux, et 30 % y sont totalement opposés.

« Notre enquête nous montre que 8 étudiants sur 10 restent très fortement attachés au bureau attitré. Et ils sont 44 % à penser que l’aménagement des bureaux doit refléter l’organisation hiérarchique. C’est une tendance en hausse de 7 points par rapport à l’édition précédente de Mon bureau de demain (2016). Ainsi, si le bureau classique semble avoir vécu, le bureau en tant que le lieu physique fixe et toujours disponible, où venir travailler, a encore de beaux jours devant lui. L’idée d’une généralisation du nomadisme, marquant la fin des postes attribués, est encore loin d’emporter l’adhésion ! », écrit Ingrid Nappi-Choulet, professeur de management à l’Essec, sur son compte LinkedIn.

 

“Le luxe est de pouvoir choisir”

Comment expliquer l’envie d’un bureau à l’ancienne ? Interviewée par LCI.fr, l’enseignante-chercheuse explique que « le bureau est perçu comme un endroit pour créer des liens et interagir avec les collègues. Pour les étudiants, le bureau attitré marque aussi l’appartenance à l’entreprise et au groupe : ils ont besoin de ce repère pour se projeter dans l’entreprise ».

 

Véronique Bédague, PDG de Nexity Immobilier d’Entreprise, mécène de l’étude de l’ESSEC, indique pour sa part que les résultats de cette étude permettent de tirer plusieurs enseignements : « Il n’y aura pas de disparition du bureau classique – nous misons sur 20 % d’espaces partagés. Quant aux modes de travail, il ne suffit pas de rassembler les collaborateurs dans des espaces ouverts pour en faire des collaborateurs heureux. Nous redevenons des nomades et souhaitons avoir accès à plusieurs types de lieux pour plusieurs types d’usages. L’hybridation des lieux de travail est une solution pour un immobilier plus souple qui mixe les espaces de travail/vie selon les usages. Le luxe est de pouvoir choisir ! » Comme alternative, certains prônent justement les vertus de “l’activity based office”. Un environnement de travail à la carte, que les salariés, par équipe, peuvent concevoir eux-mêmes, selon leurs besoins.
 
 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


Sur le même thème


Réagir à cet article

Un système de modération est en place sur ce site. Votre commentaire sera en ligne après vérification.


*

* Champs obligatoires