Entreprise flex-office

Bouygues Telecom : “Ne pas mettre en place des espaces modulaires, c’est nier les besoins de ses équipes”

, par Camille Boulate

Le flex-office a été adopté par Bouygues Telecom au sein de ses locaux. Aujourd’hui, ce sont 3 500 personnes qui sont concernées par cette nouvelle forme d’organisation. Témoignage de Richard Drouin, directeur Environnement de travail chez Bouygues Telecom.

 

Pourquoi avoir déployé le flex-office ?

Tout est parti d’un constat partagé avec l’ensemble des collaborateurs : les postes de travail étaient peu occupés. En moyenne, nous nous sommes aperçus que 50 % de nos bureaux restaient vides pour différentes raisons : les collaborateurs avaient des rendez-vous à l’extérieur, étaient en formation ou bien en réunion. En parallèle, nous constations une pénurie de lieux d’échange tels que des box ou des salles pour se réunir.

Comment s’est amorcé le changement ?

À partir de ces constats, nous nous sommes dit qu’il fallait donner les bons espaces à nos collaborateurs. Nous avons décidé de diminuer le nombre de bureaux par personne, en accordant davantage le télétravail qui permet d’augmenter le taux de mobilité de nos équipes.

Concrètement, comment cela se traduit-il?

Tout simplement en supprimant les bureaux nominatifs et statutaires. Tout le monde a été logé à la même enseigne, que ce soit les salariés ou les managers. Dans les faits, aujourd’hui, pour 115 collaborateurs nous avons 100 postes de travail. Ce gain d’espace nous a permis de mutualiser davantage les ressources et de multiplier les zones d’échanges pour plus de collectif.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de ce changement d’organisation ?

Nous avons fait face aux réticences classiques, liées plus au changement d’environnement qu’à l’organisation elle-même. La principale difficulté d’adhésion au projet, au début, reposait sur le fait que dans un même mouvement nous avons supprimé les bureaux nominatifs pour l’ensemble des collaborateurs et misé sur des espaces ouverts. Ainsi, aujourd’hui, les managers sont au centre du dispositif et travaillent au milieu de leurs équipes, ce qui peut créer parfois de la crispation ou des tensions. Aujourd’hui, le flex-office a été adopté et aucun de nos collaborateurs ne voudrait revenir à notre ancien mode d’organisation.

Quelle est l’étape après le flex-office ?

Maintenant que tout tourne bien, nous souhaitons aller plus loin dans notre démarche. Nous estimons que nous sommes encore trop uniformes dans la typologie des postes de travail alors que ces derniers doivent s’adapter aux différents besoins des collaborateurs qui évoluent au fil de la journée. Aujourd’hui, ne pas mettre en place ces espaces modulaires, c’est nier les besoins de ses équipes que ce soit en matière de concentration ou pour des échanges professionnels. Ainsi, nous entrons dans une phase de tests, dès le mois de février, auprès d’une centaine de salariés et sur 1 500 mètres carrés de bureaux de nouvelles formes d’organisation issues du “home office”. Ce concept repose sur le fait que, comme à la maison, différents espaces correspondent aux différentes tâches que l’on effectue au cours de la journée. Ainsi, nous avons pensé à deux types de lieux : une zone zen, propice à la concentration où discussions et téléphones seront interdits, et une zone active, favorisant les rencontres, les échanges et le travail collectif. Des tests qui dureront quelques mois et pendant lesquels nos collaborateurs nous feront des retours afin de co-construire leurs nouveaux espaces. Nous envisageons un déploiement total progressif, en deux ou trois ans.

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Camille Boulate


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