Entreprise CC_Actionnariat salarié

L’actionnariat salarié progresse

, par Adam Belghiti Alaoui

A l’heure où les entreprises recherchent de nouveaux leviers d’engagement, la formule de l’actionnariat salarié se développe. Comme le confirme le baromètre 2022 d’Equalis Capital.

Le principe est simple : favoriser un meilleur partage de la valeur en associant durablement les salariés à la réussite de leur entreprise tout en répondant à un objectif chiffré spécifique de l’employeur. Le dispositif de l’actionnariat salarié s’imbrique directement dans l’épargne salariale, avec les avantages fiscaux associés, et concerne aujourd’hui près de 3 millions de salariés en France, essentiellement dans les grandes entreprises. Dans un contexte de « guerre des talents » et de difficultés d’attraction et de rétention des collaborateurs, la formule présente des avantages certains, à commencer par un attachement renforcé à l’entreprise. Sans compter la pérennisation de la société, l’actionnariat salarié permettant de la transmettre en partie aux collaborateurs tout en leur donnant accès à sa gouvernance. Si la pratique est encore peu répandue dans les PME et ETI, elle se décline sous différentes formes et permet d’associer à long terme les collaborateurs d’une entreprise, cotée en Bourse ou non, à son capital.

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Hausse du taux de rendement

Selon le 7e baromètre de l’actionnariat salarié en France réalisé par Equalis Capital, spécialiste des solutions d’actionnariat salarié pour les entreprises non cotées, les rendements obtenus ont enregistré une hausse de 35 % en 2022. L’indice d’Equalis Capital se base sur les résultats d’une cinquantaine d’entreprises rassemblant 25 000 salariés actionnaires et faisant 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés. De quoi dresser une moyenne représentative de la progression de l’actionnariat salarié en France, qui affiche une hausse de 362 % depuis la création de l’indice en 2015. Un engouement que le spécialiste du dispositif explique par l’intérêt commun d’une formule gagnant-gagnant pour dirigeants et salariés, « à savoir la promesse d’une performance durable pour l’entreprise et un levier de motivation additionnel côté salarié« . Plus précisément, cela permet à l’entreprise une économie directe sur les charges que coûterait une hausse de salaires, pendant que les salariés peuvent espérer une rentabilité à moyen et long terme tout en bénéficiant souvent d’une aide de l’entreprise dans leur investissement de départ. Selon le baromètre d’Equalis Capital, la mise moyenne de départ s’élève à 2 156 euros, pour une aide de l’entreprise de 32 % et un rendement global moyen à 5 ans de 292 % (8 444 euros en moyenne).

Toutefois, si l’actionnariat salarié séduit de plus en plus, la formule n’est pas sans freins et reste souvent méconnue. Notamment, l’actionnariat salarié n’implique pas de versements de dividendes et s’entend comme un gain à long terme. Son installation exige donc une importante communication pédagogique en interne et nombre d’entreprises lui privilégient des dispositifs à plus court terme comme la participation ou l’intéressement. A ce jour, seules 3,7 % des ETI souscrivent à l’actionnariat salarié.

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Adam Belghiti Alaoui
Journaliste


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