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Montée en compétence : faut-il utiliser ses points forts ?

, par La Rédaction

La culture française, qui n’aime pas l’échec, aurait tendance à nous faire travailler sur nos points faibles pour les corriger. Mais peut-être serait-il plus efficace de se concentrer sur nos qualités pour les exacerber… Par Gisèle Szczyglak, Chief Executive Officer and Founder of WLC Partners.

La question peut paraître saugrenue tant elle semble naturelle. Comment pourrait-il en être autrement ? La réponse n’est pourtant pas si simple dans l’univers complexe des entreprises où performance humaine et financière se côtoient jusqu’à se confondre. Les fameux KPIs* mènent la ronde des entreprises et finissent par provoquer une collusion ambiguë. Une étonnante symétrie entre développement personnel, performance financière des entreprises et gestion de carrière.
Ne nous leurrons pas. La performance des organisations est un objectif incontournable et nécessaire qui impacte l’économie globale. Nous avons tous besoin d’entreprises qui fleurissent et se développent. Quid alors de l’humain ? Comment évoluer professionnellement et s’épanouir dans cette écologie de la rentabilité ?

Savoir-devenir

Considérons l’évaluation de la performance individuelle dans ses aspects les plus connus : savoir, savoir-faire et savoir-être. Aujourd’hui, un quatrième savoir est nécessaire : le savoir-devenir, indispensable pour maintenir son employabilité et sa visibilité sur le marché du travail. Le savoir-faire et le savoir technique peuvent être évalués objectivement. Moins évident pour les “soft skills” – savoir-être – où la règle d’or du management est plus difficilement tenable. Comment évaluer les comportements sans évaluer les personnes elles-mêmes, leurs personnalités ? Ce qu’elles sont au lieu de ce qu’elles font ? Il s’agit là du point d’orgue de toutes les formations en management ! En effet, si nous n’arrivons pas à pratiquer cette règle d’or, comment ensuite motiver, rassembler et développer ses propres qualités de leader ?
Les soft-skills renvoient aux compétences développées issues de nos aptitudes particulières. Compétence et compétition sont deux notions qui, étymologiquement, se rapprochent du latin competere – “rechercher concurremment”. Le mot talent lui, désigne une capacité remarquable, oscillant entre inné et acquis. C’est bien la capacité qui mène aux compétences. Ce sont les compétences qui nous maintiennent dans la compétition.

Culture du talent
Je peux travailler mes compétences, m’améliorer, m’évaluer. Et développer, chemin faisant, la salutaire lucidité de soi. Il y a une chose qu’il ne faut pas oublier dans ce tableau : on est bon dans ce qu’on aime – peu importe le jeu de cartes que l’on a dans sa main. Inutile de perdre mon temps à obtenir ce que je n’ai pas, à me comparer sans arrêt à ceux qui le possèdent, à fixer désespérément le verre à moitié vide. Je pourrai, avec des efforts, le remplir un peu ! Apprendre est salutaire pour avancer. Mais il est temps de switcher et de passer à la culture du talent ! Il est temps de me réjouir de ce que j’ai ! De cultiver ce jardin privilégié : la facilité n’est pas la fainéantise. Utiliser mes aptitudes et mes forces ne me dédouane pas de progresser.

Auto-empowerment

Miser dessus pour atteindre mes objectifs, c’est renforcer mes talents. Cette philosophie et cette approche ne signifient pas que je ne ferai aucun effort pour sortir de ma zone de confort ou relever de nouveaux challenges. Je reviens à cette évidence : il faut tout simplement utiliser ses points forts. Utiliser la connaissance de soi de la bonne façon. N’est-ce pas le début de la stratégie ? Une stratégie positive, moins chronophage, qui ressemble à de l’auto-empowerment. Dans le dédale des processus d’évaluation, et dans une culture globale qui pointe trop souvent le négatif, on finit par se perdre et par oublier ses atouts. On oublie qui on est et pourquoi on fait ce que l’on fait. Et surtout, on oublie ce que l’on aime faire, ce qui est la véritable ressource pour se développer. Le saviez-vous : l’institut Gallup répertorie 34 talents. Alors, qu’attendez-vous pour réussir ?
* Les indicateurs clefs de performance (ICP), ou en anglais Key Performance Indicators (KPI).

Retrouver une autre tribune de Gisèle Szczyglak sur le lien suivant : La coopération féminine: mythe ou réalité ?

La Rédaction


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