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“La démobilisation en entreprise est un fléau”

, par Marie Roques

Stéphane Deslauriers est un ancien de Deloitte Canada, aujourd’hui à la tête de sa propre agence de coaching en management. Il publie aux éditions Québec livres, “Mobiliser les cerveaux : s’inspirer afin de se surpasser”, une méthode qui entend donner les outils pour comprendre les moteurs de la mobilisation et de la motivation au travail.

 

Quelle est l’origine du projet ?

Je travaille dans l’accompagnement de dirigeants depuis plusieurs années et il y a six ans, j’ai créé ma propre structure baptisée Centaurus. Je les accompagne dans leurs défis, leurs échanges et je leur propose une rencontre mensuelle pour faire un point sur l’évolution de leurs activités et de leurs pratiques professionnelles.
Dans le cadre de mes fonctions lorsque j’ai débuté le coaching, je m’attachais plutôt au développement commercial, mais je me suis rapidement rendu compte que pour être performant, il fallait également des humains motivés et mobilisés qui ont le goût de travailler ensemble vers une cause.
Il est essentiel d’avoir une vision et une projection sur l’avenir. Mon objectif est de trouver un moyen d’aider les dirigeants pour qu’ils trouvent leur propre chemin et qu’ils luttent efficacement contre la démobilisation en entreprise.

 

Vous avez donc eu l’envie de mettre au point cette méthode.

Je ne crois pas aux recettes magiques. Je pense que chacun a une réflexion à mener sur son histoire et réagit différemment face à telle ou telle situation. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’ouvrage est organisé en réflexions et non en chapitres. Il ne s’agit pas de donner une consigne. Je propose le fruit de mes réflexions accumulées au cours de mes années d’expérience. À la fin de chaque section, le lecteur peut trouver des petits exercices à réaliser pour intégrer et appliquer lui-même ces réflexions.

 

Avez-vous été témoin de nombreuses situations de démobilisation en entreprise ?

Il s’agit d’un fléau autant en France qu’au Québec, les deux zones où j’ai notamment le plaisir de travailler. J’observe des phénomènes de démobilisation des deux côtés de l’Atlantique à cause d’une atmosphère d’insécurité globale qui intervient dans une période de grands bouleversements.
Depuis 2008 et le début de la crise, la génération des baby-boomers quitte doucement le marché du travail. La génération suivante, n’a pas la même façon de voir les choses et la vie. Elle se retrouve au milieu de cette période mouvementée et se sent parfois hors de contrôle.
De nombreux salariés se cantonnent dans une situation de démobilisation. À la fin de la journée, tout le monde a réussi à faire son petit job.

 

Cette situation est-elle viable à long terme ?

À court terme, les choses peuvent se dérouler tranquillement, mais ce n’est pas possible de tenir sur le long terme. C’est pour cette raison qu’à travers mon ouvrage j’entends agir sur le bonheur au travail et la mobilisation pour construire un projet, aller plus loin et parfois renverser la vapeur.
Je pense qu’il faut changer notre manière de voir les choses. Les cadres et dirigeants intermédiaires ont une influence majeure sur les personnes avec lesquelles ils travaillent. Cette remobilisation passe par l’attitude de chacun dans l’entreprise.
Je présente cette méthode comme un outil pour faire changer les mentalités, il s’agit d’une réflexion et non d’une méthode d’action. Il faut prendre conscience que le changement commence par nous.

Mobiliser les cerveaux

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Marie Roques
Journaliste pour Courrier cadres


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