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Un RH sur deux ne fait pas confiance à sa direction générale

, par Fabien Soyez

Après presque deux ans de crise, de nombreux professionnels des RH sont démotivés et désengagés. Ainsi, 55 % ne croient pas en leur entreprise, et n’ont pas confiance en leur direction générale, selon une étude de Pearson TalentLens, myRHline.com et Moodwork.

Après plus d’un an et demi de crise sanitaire, la majorité (77 %) des professionnels des ressources humaines sont “très fatigués”, selon la dernière étude (1) sur la santé mentale des RH de Pearson TalentLens, myRHline.com et Moodwork, publiée ce mardi 16 novembre 2021.

Les RH se disent “épuisés par la gestion de la pandémie”, à 64 %. “Piliers du fonctionnement des entreprises, ils ont tenu leurs structures à bout de bras pendant la crise afin de garantir la continuité de l’activité économique malgré les mesures sanitaires. Les efforts exceptionnels qui leur ont été demandés pour transformer et adapter l’environnement de travail semblent avoir épuisé psychologiquement et physiquement les salariés des RH”, explique Leopold Denis, co-fondateur et directeur des opérations de Moodwork.

 

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Un manque de moyens et de reconnaissance

Selon lui, le fait que les RH ont plusieurs casquettes (entre l’administration du personnel, l’évaluation de candidats, le recrutement, la formation, la QVT, la gestion de la rémunération, ou encore la diversité), joue aussi un rôle dans cette fatigue croissante. “Ils couvrent une multitude de sujets, ce qui rend leur travail extrêmement intéressant, mais le contrecoup est que cette diversité provoque une charge mentale importante. Certaines thématiques doivent, par manque de temps, être laissées de côté. Ce sont celles auxquelles on pense le soir, tard, ou le week-end, et qui vont nous peser”, indique-t-il. À noter que de nombreux professionnels RH ont plus de 35 ans, et ont donc, depuis la crise du Covid, se sont retrouvés face à une “double charge mentale” : gérer la transformation de leur entreprise, mais aussi leurs propres enfants.

Ce qui semble aussi jouer dans cet épuisement des RH, c’est le manque de moyens et de reconnaissance éprouvé par ces derniers. Selon l’étude Pearson TalentLens – Moodwork, 64 % estiment que les moyens mis à leur disposition “ne leur permettent pas” de réaliser efficacement leur travail, et 47 % ont le sentiment que le travail qu’ils fournissent n’est pas important pour leur entreprise. “Si une majorité de RH (69 %) ont de l’intérêt pour leur travail et leurs missions, ils regrettent de ne pas avoir suffisamment de moyens et de feedbacks”, observe Leopold Denis. En outre, 39 % des sondés déclarent avoir le sentiment que les salariés de leur entreprise n’ont “aucune reconnaissance” pour la fonction RH.

À noter par ailleurs que côté rémunérations, 65 % des RH déclarent que le salaire perçu est insuffisant par rapport au travail qu’ils fournissent. Concernant leurs managers directs, ils estiment aussi que ces derniers ne leur “donnent pas assez envie de se dépasser” (60 %), et se comportent “pas suffisamment en coachs efficaces” avec eux (63 %).

58 % des RH sondés déclarent aussi que leur manager ne prend pas assez en considération leurs idées. Si bien que 64 % de ceux qui considèrent que leur manager n’est pas suffisamment à l’écoute de leur besoin déclarent être fatigués à plus de 92 %.

 

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Des RH de moins en moins engagés

L’étude décrit finalement des professionnels RH de moins en moins motivés, et surtout de moins en moins engagés. Ainsi, plus d’un sur deux (54 %) ne se retrouve pas dans le projet de son entreprise, et 56 % expliquent faire peu confiance aux dirigeants de leur organisation “pour prendre les bonnes décisions”. Ils sont aussi 64 % à exprimer ne pas avoir l’impression que leur entreprise “se donne suffisamment les moyens de ses ambitions”, 60 % ont une “vision peu claire de la direction que poursuit” cette dernière, et 47 % indiquent ne pas se retrouver non plus “dans les valeurs portées” par celle-ci.

Si bien que 70 % des RH indiquent avoir “peu de vision sur leur carrière” au sein de leur entreprise, et que 48 % déclarent “penser souvent” au fait de vouloir changer de travail.

“La plupart expriment donner le meilleur d’eux-mêmes pour leurs entreprises, mais considèrent que l’entreprise ne leur rend pas forcément la pareille. Ils se sont occupés de tout le monde pendant la crise, mais peu se sont finalement occupés d’eux. Les dirigeants les ont placé en première ligne, ils ont géré la situation avec brio. Mais maintenant que la crise continue depuis bientôt deux ans, il va falloir leur donner un peu de mou. Ils sont fatigués, et eux aussi, tout comme les autres salariés, ont besoin que l’on s’occupe d’eux”, analyse Leopold Denis.

Parmi les propositions listées par Pearson TalentLens et Moodwork pour lutter contre ce blues des RH : plus de moyens (techniques, matériels, formation) et humains, plus de soutien et de reconnaissance de la part du top management, et des objectifs plus clairs de la part de la direction générale.

 

(1) Étude réalisée en octobre 2021 auprès de 632 professionnels des Ressources Humaines.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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