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Mixité : “La performance est le levier le plus efficace pour faire bouger les lignes”

, par Chloé Goudenhooft

Le cabinet de conseil en RH Arthur Hunt présentait le 28 janvier une conférence sur le thème Mixité et performance. Animé par Mireille Faugère, conseillère maître à la Cour des comptes, ce bilan a mis en évidence à la fois les progrès réalisés et le travail qu’il reste à faire notamment en matière de représentation.

 

“La performance est le levier le plus efficace pour faire bouger les lignes”, annonce d’emblée Mireille Faugère, conseillère maître à la Cour des comptes, qui présentait la conférence “Mixité et Performance, leadership au féminin : comment et pourquoi repérer les talents et les développer”. Organisée par le cabinet de conseil en RH Arthur Hunt, elle se déroulait ce 28 janvier au matin dans les somptueux salons du Cercle France Amérique à Paris. Sans surprise, l’assemblée était largement féminine.
Qui dit performance dit résultats. Le ton est donc donné, on parlera de chiffres. Grâce à l’impulsion politique donnée par la loi Zimmermann-Copé en 2008 et Sauvadet en 2012, des progrès ont été observés. Les femmes représentent 35 % des conseils d’administration des entreprises du CAC 40 en 2015 et 32 % de ceux du SBF 120 (8 % en 2008). Néanmoins, ces améliorations ne sont constatées que lorsqu’il y a obligation : seules 11 % de femmes participent au Comex de ces entreprises. D’un point de vue qualitatif, Mireille Faugère a rappelé la conclusion des études Women Matter menées de manière systématique par McKinsey depuis 2005. “Il a une corrélation entre mixité et performance des entreprises, et ce aussi bien sur la rentabilité en fonds propres que sur les marges sur le résultat brut d’exploitation. Pour qu’une différence se fasse ressentir, et que les choses bougent, il faut qu’il y ait au moins trois femmes sur un total de dix personnes.”

 

Vie professionnelle, vie privée

Concernant le vécu des femmes elles-mêmes, Mireille Faugère a souligné une certaine avancée mais un problème de confiance reste encore à régler. “Les femmes estiment de plus en plus qu’elles ont la capacité de réussir, mais elles pensent que leur environnement ne va pas leur permettre.” En effet, quand on les questionne sur leurs chances d’accéder à un poste de direction, 58 % des répondantes se disent confiantes dans leur chance d’obtenir un poste dans l’encadrement intermédiaire, contre 76 % des hommes. Elles sont 69 % concernant un poste d’encadrement senior, contre 86 % des hommes. Un décrochage est également observé en ce qui concerne la possibilité de concilier vie de famille et réussite professionnelle. C’est compatible pour 80 % des hommes (35 % étant tout à fait d’accord), contre 62 % des femmes (12 % étant tout à fait d’accord)… “La question de la maternité, notamment, reste un sujet, a souligné Mireille Faugère. Pourtant c’est quelque chose qui peut être anticipé. On ne réfléchit pas suffisamment au remplacement, c’est un problème qui n’est pas résolu.”

 

Continuer à travailler sur les stéréotypes

Quant aux bonnes pratiques pour poursuivre le changement, Mirelle Faugère a rappelé l’importance de l’engagement des patrons et des directions générales. “Il faut qu’ils disent eux-mêmes que c’est important, un responsable du recrutement ne peut y parvenir seul”, a-t-elle insisté. Il est crucial aussi que la direction des ressources humaines se constitue un vivier de potentiels féminins pour définir plusieurs candidates sur des fonctions à pourvoir. “Lorsqu’un poste à l’international se présente, il arrive qu’on ne pose pas la question à une femme parce qu’elle vient d’avoir un enfant et qu’on imagine qu’elle n’acceptera pas. Les managers doivent aussi proposer ce genre d’opportunités aux femmes.”  Enfin, la conseillère a avancé également le fait d’établir des objectifs chiffrés pour guider les managers dans leur manière de procéder. “Enfin, il faut continuer de travailler sur les stéréotypes aussi bien chez les femmes que chez les hommes, car on ne pourra pas avancer sur ce sujet sans ces derniers, a poursuivi Mireille Faugère. Mais pour y parvenir, il faut indiquer pourquoi cette mixité est nécessaire, d’où l’importance de l’argument de la performance.”

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Chloé Goudenhooft
Journaliste pour Courrier cadres


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