Où investir quand le Livret A agonise ?

, par Julie Tadduni

Depuis la baisse de son taux à 1 % au mois d’août, le Livret A subit le désaveu des Français. C’est en toute logique qu’ils se sont tournés vers des contrats d’assurance-vie. Mais ces derniers mois, de nouvelles offres ont fait leur apparition sur le marché de l’épargne. Que valent-elles et où trouver du rendement en 2015 ?

La chute du taux du Livret A à 1 % au mois d’août a fini de convaincre les Français qui fuient aujourd’hui ce placement longtemps considéré comme leur préféré. En parallèle, l’assurance-vie a connu un regain d’intérêt. Et depuis quelques temps, de nouvelles offres ont vu le jour, mais ne connaissent pas toutefois l’engouement attendu. Difficile alors pour les Français de savoir comment faire fructifier leurs économies en limitant les risques.

 

Le Livret A en berne

“On constate que la décollecte du Livret A est très forte chaque mois. Ce phénomène s’est accéléré depuis la baisse de son taux*, rapporte Vincent Cudkowicz, co-fondateur et directeur général de Bienprevoir.fr, site de conseil en gestion de patrimoine. C’est le taux le plus bas que nous ayons connu, c’est pourquoi les épargnants privilégient désormais l’assurance-vie. Comme le Livret A alimente une caisse qui finance le logement social et que, de ce point de vue, les caisses sont pleines, cela ne porte pas trop préjudice à l’État. Si cela avait été le cas, il aurait choisi de le sponsoriser davantage”. En effet, le taux devrait être encore plus bas, plus proche de 0,75 % mais le gouvernement a fait un geste afin que la baisse annoncée ne soit trop mal perçue par les Français. Alors ce placement est-il désormais à bannir ? “C’est toujours ça de pris”, lance Vincent Cudkowicz. Cependant, si vous envisagez de booster davantage votre capital, d’autres solutions semblent plus adéquates.

 

Des petits nouveaux qui ne convainquent pas

Deux nouveaux contrats d’assurance-vie ont vu le jour récemment, Eurocroissance et Vie-Génération. “Les compagnies d’assurance ne se bousculent pas pour proposer Eurocroissance car elles ne considèrent pas qu’il s’agit d’une réelle nouveauté. Il se trouve que ce contrat est très proche de ce qu’elles faisaient déjà. Les acteurs ne sont pas très enjoués et attendent de voir ce que vont pouvoir proposer les compagnies, il est encore trop tôt pour se prononcer”,estime le co-fondateur et directeur général de Bien-prevoir.fr. Même constat pour Vie-Génération qui ne suscite pas l’engouement, jugé peu lisible par les épargnants avec une prise de risque pas suffisamment rémunérée. “De plus, le rendement est très proche des fonds en euros classiques”, poursuit-il. Depuis peu, le PEA-PME (Plan d’épargne en actions dans des PME) propose aux investisseurs d’encourager le financement des PME et ETI. “Au sujet de ce dispositif, notre recommandation serait plutôt de se diriger vers des fonds tels que, par exemple des murs d’hôtels. Cela permet de diversifier son portefeuille, les fonds sont de plus agréés par l’AMF [Autorité des marchés financiers,ndlr] et de ne pas prendre trop de risques en se positionnant sur des secteurs de ce type, qui sont porteurs”, conseille-t-il. La prudence est donc de mise concernant ces nouvelles offres.

 

Où trouver du rendement ?

La situation n’est pas désespérée pour les épargnants. “Actuellement, nous recommandons aux investisseurs de se tourner vers des fonds en euros, type assurance-vie, qui ont une vision particulière, indique Vincent Cudkowicz. Par exemple, ceux dédiés à l’immobilier avec des taux au-dessus de 4 %, les fonds en euros vitaminés** avec une poche d’actions qui permet de booster la performance quand les marchés se portent bien. Toutefois, il serait prudent d’attendre de voir comment les marchés terminent l’année en cours.” La SCPI (Société civile de placement immobilier) s’avère être un placement plus risqué mais tout de même sécurisé. Un bon compromis pour Vincent Cudkowicz qui voit là l’occasion de diversifier son patrimoine. “Vous pouvez commencer avec quelques milliers d’euros et ajouter chaque mois. Cette possibilité la rend plus accessible qu’un investissement locatif.” Pour lui, plus l’épargnant est jeune, plus son portefeuille doit être dynamique. Inutile de prendre des risques lorsque l’on approche l’âge de la retraite. Mais pour cela, l’épargnant doit être accompagné ou averti car il reste périlleux de choisir soi-même ses actions.

*Les retraits ont été supérieurs aux dépôts à hauteur de 480 millions d’euros en août, selon les chiffres publiés fin septembre par la Caisse des Dépôts.

**Qui gardent les garanties des fonds euros classiques tout en améliorant leur performance entre 0,70 % à 1 % en moyenne.

 

Quid du PEL ?

“Si vous disposez d’un Plan d’épargne logement depuis un certain nombre d’années, ce placement peut être très attractif, note Vincent Cudkowicz, co-fondateur et directeur général de Bienprevoir.fr, site de conseil en gestion de patrimoine. En ouvrir un aujourd’hui n’est pas inintéressant mais si l’on veut dynamiser son capital mieux vaut opter pour des produits plus rentables comme des contrats d’assurance-vie.”

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Julie Tadduni
Journaliste Web et community manager pour Courrier cadres


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