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Mobilité urbaine : faut-il passer au deux-roues ?

, par Camille Pinet

Embouteillages, interdictions de circulation de voiture en ville, transports bondés, les raisons de se convertir au deux-roues sont nombreuses. Enfourcher ce mode de transport nécessite un minimum de précautions pour garder l’équilibre face à la législation et l’univers touffu des scooters, 125 cm3 et autres trois-roues.

Les dernières péripéties parisiennes relatives à la fermeture des voies sur berges et l’avènement des Zones de Circulation Restreinte dans la capitale et à Grenoble ont de nouveau mis en relief les difficultés des déplacements dans les métropoles françaises. De quoi donner envie de passer aux deux roues, synonyme de rapidité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la France reste leur premier marché européen et que trois quarts d’entre eux sont localisés dans des grands pôles urbains, selon la dernière grande enquête réalisée par le commissariat général au développement durable sur le sujet en 2012.
Pour les novices, passer le cap n’est cependant pas aussi simple qu’il y paraît : le contexte réglementaire est devenu plus complexe, tandis que l’offre s’est étoffée et diversifiée, si bien que le choix devient pléthorique.

 

Le bon permis

On le sait, seuls les deux roues de plus de 125 cm3 et 15 chevaux exigent de détenir le permis moto. Cependant, depuis 2013, cette règle simple est assortie de nombreuses exceptions et conditions. Pour ceux qui ne possèdent pas de permis B, conduire un tel véhicule nécessite en effet le permis A1, qui impose d’avoir passé l’examen du code et huit heures de conduite.
Les titulaires du permis voiture, qui pouvaient autrefois piloter un deux roues de moins de 125 cm3 sans autre forme de procès, sont tenus de passer une formation de sept heures sans examen, sauf ceux qui peuvent justifier de la possession d’un deux roues dans les cinq dernières années ou d’un permis B émis avant 1980. Enfin, la règle des 125 cm3 est également soumise à exception en ce qui concerne les scooters à trois et quatre roues : pour les titulaires du permis B, il n’y a pas de limitation de puissance et de cylindrée pour ces véhicules. Toutefois, cette liberté n’existe pas pour le permis A1. Vous avez dit complexe ?
Les obstacles réglementaires ne se limitent pas aux catégories de permis. L’augmentation du nombre de deux roues motorisés n’est pas toujours vue d’un bon œil dans les villes. Le stationnement sur les trottoirs est pourchassé, tandis que la mise en place des zones de circulation restreintes et de la fameuse vignette Crit’Air les concerne au premier chef. Ainsi à Paris, les modèles d’avant juin 1999 sont interdits en semaine entre 8 heures et 20 heures. Une exclusion qui sera peu à peu étendue : en 2020, la capitale espère ainsi n’autoriser que les véhicules compatibles avec la norme anti-pollution Euro 4. Or celle-ci est justement la grande affaire du moment pour les fabricants, qui adaptent leurs gamme à cette obligation mais ont encore la liberté de vendre certains véhicules Euro 3. Pour éviter toute déconvenue d’ici trois ans, mieux vaut les éviter !

 

Un marché de plus en plus diversifié

Tout comme dans l’automobile, le nombre de véhicules et de niche de marché progresse continuellement. Le phénomène majeur de ces dernières années est l’avènement du scooter à trois roues, proposé pour la première fois par la marque Piaggio en 2006. Ces modèles rassurent grâce à leur stabilité et la facilité de leur prise en main, tant et si bien que le tricycle italien est le “deux-roues” le plus diffusé de France… où il réalise 60 % de ses ventes.
Ce succès fait des envieux : le français Peugeot vient ainsi de présenter une nouvelle version de son Metropolis, un autre tricycle qui reprend de nombreux codes de l’automobile pour mieux rassurer les nouveaux convertis. Un autre constructeur italien, Quadro propose même un scooter… à quatre roues ! Sophistiqués, ces modèles ne sont cependant pas bon marché, certains étant facturés près de 10 000 euros. Les cyclomoteurs ou petites motos classiques restent donc attractifs pour les budgets plus modestes. Comptez entre 2 000 et 3 000 euros pour un scooter 50 cm3, aux performances limitées, et entre 2 500 et 5 000 euros pour un 125 cm3, plus polyvalent.

 

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Les statistiques de la sécurité routière en sont hélas le témoignage. Rouler en deux-roues présente des dangers, surtout lorsque l’on est mal équipé. Ainsi en Île-de-France, ce mode de transport totalise le plus grand nombre de victimes. Si les scooters et les tricycles motorisés échappent pour l’instant à l’obligation de porter des gants homologués, investir dans une tenue protectrice apparaît comme un minimum pour se protéger en cas de chute.
Si les avantages du deux-roues face à la voiture et aux transports en commun restent incontestables en matière de rapidité et de fluidité pour les déplacements domicile travail, la “conversion” représente un coût et une prise de risque non négligeables. Décidément, en matière de mobilité urbaine, la solution parfaite n’existe pas !

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Camille Pinet


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