Vous Q7

Le conducteur, une espèce en voie de disparition ?

, par Camille Pinet

Si la voiture totalement automatisée n’est pas encore tout à fait une réalité, les aides à la conduite se font de plus en plus présentes sur les dernières nouveautés. Le conducteur a-t-il encore sa place dans l’automobile ?

Au volant de votre voiture, vous roulez en ville quand soudain votre attention est captée par un vélo qui vous double par la droite. Une seconde plus tard, votre auto pile, sans que vous ayez le moins du monde appuyé sur la pédale de frein. Vous venez tout juste d’échapper à un accident avec le véhicule qui vous précédait et qui a lui-même freiné brutalement à ce moment précis. À la fois heureux d’avoir évité l’incident et surpris que votre monture vous ait à ce point échappé, vous venez d’expérimenter le “freinage d’urgence automatique”, une aide à la conduite de plus en plus courante, puisqu’elle équipe certaines des citadines les plus modestes. Les toutes dernières nouveautés y ajoutent même désormais la reconnaissance de piéton et de cycliste et même, croyez-le ou non, des animaux, afin d’éviter de percuter du gibier sur une route de forêt.
Voici encore cinq ans, ce type d’équipement était réservé à des limousines de très grand luxe. Aujourd’hui, ces dernières vont beaucoup plus loin. La concurrence pousse les constructeurs allemands mais aussi l’américain Tesla à proposer des dispositifs toujours plus évolués qui s’apparentent réellement à de la conduite autonome. C’est le cas par exemple de la dernière Mercedes Classe E, capable de changer de file sur autoroute simplement en actionnant le clignotant, ou encore d’ajuster automatiquement sa vitesse en fonction des panneaux de limitation. Plus fort encore, ces autos peuvent, en cas de malaise, se ranger automatiquement sur la bande d’arrêt d’urgence et appeler les secours. Moins dramatique, mais tout aussi impressionnant, la dernière BMW Série 5 sort de sa place de parking ou de son garage par la seule pression d’un bouton de sa clé de contact, avant que son propriétaire ne s’installe à bord.

 

La conduite réinventée

Face à ces systèmes, le conducteur est placé dans un rôle nouveau. Car s’il est toujours juridiquement maître de son véhicule, celui dernier n’est plus tout à fait le prolongement de lui-même : il ne répond plus seulement à son action sur le volant, le frein et l’accélérateur. Dès lors, l’homo automobilis est placé dans le rôle étrange de superviseur de systèmes électroniques. Une fonction qui lui impose d’acquérir de nouvelles compétences. Il est en effet tenu de connaître les limites de ses aides à la conduite. Il doit constamment garder les mains sur le volant, même lorsque le système de conduite autonome sur autoroute est activé, ne pas solliciter ces systèmes dans des environnements où ils sont dépassés, par exemple les zones de travaux, ou encore savoir réagir quand un camion cache à la caméra de lecture des panneaux un changement de limitation de vitesse. Autant dire que l’apprentissage des fonctions d’une voiture neuve s’apparente parfois à un petit cours d’électronique appliquée !
En dépit des progrès fulgurants réalisés ces dernières années, il reste très difficile de prédire à quelle échéance la voiture totalement autonome, dans laquelle le conducteur pourra s’adonner à d’autres occupations, sera mise à la route. Certes, dès aujourd’hui, des prototypes toujours plus avancés sont capables de rouler seuls. C’est le cas par exemple de l’Audi Q7 “Deep Learning Concept” présenté au dernier CES de Las Vegas. Il met pour la première fois en œuvre “l’apprentissage profond”, processus par lequel la voiture s’inspire des réactions du conducteur pour mettre en œuvre des stratégies de conduite efficaces. Un procédé particulièrement intéressant pour tenir compte des habitudes de circulation qui diffèrent selon les pays et même les régions.

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Camille Pinet


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