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Automobile de luxe : une domination allemande sans partage

, par Camille Pinet

L’automobile allemande tient salon à Francfort. L’occasion pour les constructeurs germaniques de présenter leurs derniers fleurons à domicile tandis que leurs concurrents étrangers cherchent à gagner en légitimité sur place. Qu’on se le dise : le luxe automobile ne connaît pas la crise.

Jamais le monde n’a compté autant de millionnaires. Leur nombre est en progression constante, particulièrement dans les pays émergents et en Chine. Une réalité qui se traduit directement sur le marché automobile mondial : le segment du luxe se porte bien et les constructeurs en redemandent car ce marché est de loin le plus profitable.
Bertrand Gay, fondateur de la lettre d’information Autostrat International, explique : “L’augmentation des ventes des voitures de luxe s’observe dans le monde entier, même si elle s’explique différemment selon les régions. Sur les marchés matures, autrement dit dans les pays occidentaux, elles correspondent à un besoin de se différencier, tandis que dans les pays émergents, la ‘belle voiture’ traduit la volonté de montrer sa réussite. Selon une étude de KPMG, la part de marché de l’automobile de luxe évoluera de 9,6 % du total en 2000 à 15 % en 2020 ce qui correspond à un doublement du volume compte tenu de la progression des ventes totales”.

 

Un marché dopé par la nouveauté

Nul n’est donc surpris de découvrir au Salon de Francfort une litanie de nouveaux modèles de luxe, d’autant plus que les constructeurs allemands en sont de loin les plus gros fabricants. Une évolution qui traduit une autre réalité : la demande est dopée par l’offre. “Il s’agit d’un marché très influencé par la nouveauté, ce qui explique la multiplication des produits. Les constructeurs déclinent sans cesse de nouvelles variantes pour créer le désir”, précise Bertrand Gay.
Reste que la nouveauté la plus attendue du Salon correspond à un registre classique, celui de la limousine statutaire. Il s’agit de la nouvelle génération de BMW Série 7, qui constitue depuis quarante ans l’un des sommets technologiques de l’automobile mondiale. Sans surprise, le constructeur bavarois a frappé un grand coup. Cette BMW est en effet équipée d’une structure associant fibre de carbone aluminium et acier, ce qui permet un allégement considérable. Une approche promise à un grand avenir : nombreux sont les constructeurs qui cherchent à diversifier les matériaux afin de gagner en poids. Elle pourra même être équipée d’un système de stationnement automatique actionnable à distance : le conducteur peut sortir de la voiture et appuyer sur un bouton de la clé, afin que la limousine puisse stationner dans des emplacements étroits.
Comme il se doit, le rival de toujours, Mercedes-Benz a de quoi répliquer. Il présente pour la première fois une version cabriolet à quatre places de la rivale de la BMW Série 7 : la Classe S. Un modèle d’apparat de plus de cinq mètres de long qui peut bien sûr recevoir les motorisations les plus prestigieuses du constructeur à l’étoile, à commencer par le V12 biturbo de 630 ch.
Le troisième spécialiste du luxe allemand, Audi n’est pas en reste : il dévoile à Francfort un concept-car e-tron quattro préfigurant un nouveau SUV de luxe. Sa particularité est d’accueillir une motorisation entièrement électrique. Avec sa batterie de forte capacité capable de fournir une autonomie de 500 km, ce modèle constitue la première réponse frontale des Allemands à l’insolente ascension du constructeur américain Tesla, premier à commercialiser en aussi grand nombre des modèles de luxe électriques. Car la progression du marché est telle que de nouveaux acteurs réussissent avec succès à se tailler une part du gâteau. Tesla ne réalise certes pas encore de bénéfices mais Elon Musk, son créateur, a su en très peu de temps faire de sa marque un nom connu internationalement. En Grande Bretagne, les responsables de McLaren, une marque de Formule 1, ont su faire émerger rapidement une gamme complète de sportives de route, et dégagent des profits substantiels depuis deux ans.

 

Quand une sportive italienne cache une limousine allemande

Les succès des nouvelles firmes ne doivent pas dissimuler l’écrasante supériorité des marques d’Outre Rhin. Car non contentes de dominer le marché sous leurs propres couleurs, elles sont également propriétaires de prestigieux blasons britanniques, italiens et même français.
Ainsi Bentley, qui dévoile au Salon de Francfort un SUV superlatif, le Bentayga, appartient au groupe Volkswagen. Ce modèle qui s’adresse aux millionnaires les plus extravertis puise abondamment dans la banque d’organes du géant allemand et constitue même pour lui un démonstrateur technologique hors pair. Son W12 de 608 ch propulse ce mastodonte de plusieurs tonnes à 301 km/h… Vous avez-dit démesure ? Et comme si cela ne suffisait pas, une autre marque du groupe Volkswagen, Lamborghini, expose sur le Salon une spectaculaire version cabriolet de sa super-sportive Aventador Super Veloce.
Face à cette suprématie allemande, les compétiteurs sont rares. Le plus notable d’entre eux est sans doute le groupe Jaguar Land Rover appartenant à l’industriel indien Tata. À Francfort, il présente un SUV sous la marque Jaguar, le F-Space, qui se caractérise par ses lignes particulièrement sportives. Un modèle qui devrait permettre au groupe indo-britannique d’augmenter ses volumes de vente, plus de quatre fois inférieurs à ceux de Mercedes-Benz.
Autre challenger aux dents longues, le groupe Fiat, qui aligne ses filiales Ferrari, Maserati et Alfa Romeo dans la bataille. Si le Cheval Cabré se porte au mieux, les deux autres marques n’ont fait l’objet que depuis quelques années d’une réelle volonté de développement. Ainsi, l’Alfa Romeo Giulia dévoilée à Francfort est le premier vrai nouveau produit proposé par la marque depuis 2011 !
Quant à la France, malgré un passé glorieux dans l’automobile de luxe, force est de constater qu’elle passe encore largement à côté de ce marché juteux. Même si l’émergence de la marque DS a donné de beaux résultats, l’absence de nouveaux produits et d’investissements lourds hypothèque sérieusement la croissance de cette griffe créée en 2009 par le groupe PSA : à Francfort, elle ne propose qu’un léger restylage de sa DS4, un modèle qui n’a jamais remporté le succès escompté par ses concepteurs.

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Camille Pinet


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