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Un an de Covid-19 : la crise aggrave les inégalités hommes-femmes au travail

, par Fabien Soyez

Le Covid-19 a accentué les inégalités hommes-femmes au travail, selon une étude du Boston Consulting Group. Ainsi, si la crise a fortement impacté les trajectoires professionnelles des salariés français, elle a touché plus durement encore les femmes.

Après un an de Covid-19, le Boston Consulting Group (BCG) publie une enquête réalisée avec Ipsos, sur l’impact de la pandémie sur les salariés et leurs perspectives de carrières. (1)

 

Des trajectoires professionnelles impactées

Cette étude permet d’abord de constater que 33 % d’entre eux considèrent que la crise a ralenti leur carrière. Bien qu’ils soient 70 % à se dire confiants quant à leur avenir professionnel. Pour beaucoup, la crise va aussi de pair avec une baisse de leur performance. 36 % estiment qu’elle a affecté leur efficacité, en limitant le “renforcement de leurs compétences”. “La généralisation du télétravail a aussi affaibli les frontières entre temps privé et professionnel, pour 60 % d’entre eux. 31 % travaillent plus souvent le soir ou le week-end”, observe le BCG.

Les moments de travail et de vie privées étant plus difficiles à séparer, la situation a “imposé à tous un rééquilibrage” et “des efforts sur le plan domestique, au détriment de leur temps libre”. Ainsi, 50 % des salariés effectuent davantage de tâches domestiques, alors même que 41 % déclarent avoir moins de temps libre.

Dans ce contexte, 49 % des managers ont fait en sorte d’entretenir le lien avec leurs équipes. Mais malgré ces efforts, l’étude décrit un “sentiment croissant de mal-être” chez les salariés : 50 % se sentent isolés de leurs collègues, et 32 % “sur le point de craquer”. 70 % déclarent aussi ressentir fréquemment de l’anxiétéSur le long terme, “cette situation présage un risque de décrochage pour certains”, indique le BCG. Ainsi, 50 % des salariés envisagent de “réduire leur investissement”, au profit de leur vie personnelle. 21 % envisagent même “d’arrêter de travailler un temps”.

 

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“La généralisation du télétravail creuse les inégalités hommes-femmes”

La crise semble impacter plus durement encore les femmes. 60 % des salariées du privé ont “confiance en leur avenir professionnel”, contre 70 % des hommes. Au niveau de leurs interactions, elles ont aussi “moins réussi à tirer leur épingle du jeu” en 2020 : elles sont 13 % de moins que leurs collègues masculins à avoir tenté de renforcer leur réseau, et 29 % de moins à avoir essayé de prendre la parole en réunion. Tout en se sentant “davantage isolées” (6 % de plus que les hommes).

En outre, le BCG souligne que le télétravail a aussi pesé sur leurs activités professionnelles. Ainsi, il “pénalise plus les femmes” car elles sont “moins nombreuses à disposer d’un espace isolé (62 % contre 71 % des hommes), et plus souvent interrompues (28 % contre 19 %)”. La charge mentale vient s’ajouter à cette “situation déjà déséquilibrée”. Certes, les hommes “en font plus depuis la crise” : 46 % effectuent davantage de tâches domestiques. Ils sont même plus nombreux que les femmes à accompagner / récupérer leurs enfants (49 % contre 44 %) à l’école / crèche.

 

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“Ces chiffres laissent espérer une transition vers un nouvel équilibre”, note le Boston Consulting Group. Mais il souligne aussi que les femmes “culpabilisent plus de la situation” : elles sont ainsi 21 % à regretter de ne “pas avoir suffisamment de temps” pour leurs enfants, contre 15 % des hommes. “La difficile conciliation vie pro – vie perso pèse davantage sur leur santé mentale : elles sont 1,3 fois plus susceptibles d’être en situation d’anxiété”, indique Gwenhaël Le Boulay, directeur associé du BCG à Paris.

Et après la pandémie ? “Un retour à la normale semblerait entraver davantage les femmes”, indique l’enquête. Ainsi, 57 % de celles qui ont réduit leurs horaires “appréhendent un retour aux horaires d’avant crise”, contre 40 % des hommes.

 

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Aux entreprises de jouer après la crise

“Ce constat appelle à une prise de conscience forte, aussi bien au niveau des entreprises qu’au niveau sociétal, du niveau de fragilité psychologique des salariés”, prévient Jessica Apotheker, directrice associée et responsable de l’initiative “Women@BCG” du bureau parisien du BCG. (2) Selon elle, “l’évolution des modes de travail post-crise devra tenir compte de l’impact sur la diversité et les talents féminins”. Pour s’assurer que les femmes cadres de 25-40 ans, “nos hauts potentiels de demain, ne décrochent pas jusqu’à constituer une génération perdue”, les entreprises “devront porter une attention particulière à l’accompagnement de leur carrière et de leur bien-être”, complète-t-elle.

Pour Jessica Apotheker, des “mesures d’accompagnement individuelles et collectives devront être mises en place (soutien psychologique, horaires flexibles, coaching, dispositifs d’accompagnement des parents…)”. À l’échelle des managers, “ceux-ci devront continuer d’entretenir le lien avec leurs collaborateurs, mais aussi les rassurer sur leurs perspectives de carrière. Notamment les femmes, qui ont souvent moins confiance en elles”, note-t-elle.

 

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Sur le plan sociétal, Jessica Apotheker estime qu’une “réflexion devrait aussi être menée sur les ‘incentives‘ à donner au retour au travail plein des femmes”. Selon elle, “il y a un vrai risque que celles qui ont réduit leurs horaires aient moins envie de revenir en arrière”. Si cela se produisait, “nous passerions à côté de 20 à 30 % de la force productive féminine. Un écart qui nous ramènerait 10 ans en arrière”, alerte-elle. Ainsi, les pouvoirs publics devraient, après la pandémie, agir autour de “l’aide à la garde et au travail”, pour que les salariées femmes “puissent reprendre toute leur place, et que cette crise ne soit qu’une parenthèse”, conclut-elle.

 

(1) Enquête réalisée par Ipsos pour le BCG entre le 29 janvier et le 8 février 2021, auprès de 2002 salariés français “travaillant habituellement en bureau”.

(2) Women@BCG propose aux salariées du cabinet des programmes de développement de carrière de haut niveau, du mentorat et du networking.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (1)

  1. vanessa, le

    au delà du salaire, l’égalité hommes – femmes au travail passe aussi par la conciliation vie professionnelle – vie privée qui permet de gérer efficacement les multiples responsabilités du salarié au travail, dans son foyer et dans sa communauté, tout en maintenant sa bonne santé physique et psychologique.
    Il s’agit de créer de la souplesse dans les rythmes et les structures de travail et de proposer des services aux salarié(e)s. voir ” L’amélioration de la qualité de vie au travail ” : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=472

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