RSE sobriete_numerique_courriercadres

[Tribune] La sobriété numérique : l’autre challenge des ressources humaines

, par La Rédaction

Le ‘green IT’ n’est pas qu’une affaire de direction informatique. Au contraire, la question de la sobriété numérique doit se répandre au travers de toutes les entités d’une entreprise, et plus particulièrement les ressources humaines.

Le dernier rapport du Giec est alarmant, mais conserve de l’espoir. Encore faut-il prendre la balle au bond pour activer dès à présent des actions concrètes. Alors que la cause humaine du réchauffement climatique n’est plus remise en cause par les scientifiques, se pose la question de la part d’effort à fournir par les différents types d’acteurs : l’Etat, les collectivités, les consommateurs… Et aussi les entreprises qui ont un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Même si toutes n’ont pas la même intensité de pollution.

De nouveaux cadres réglementaires sont présents, comme le bilan d’émissions de gaz à effet de serre obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés ; et aussi la loi Climat et Résilience pour les entreprises à partir de 50 salariés qui prévoit, entre autres, de nouvelles attributions environnementales pour le CSE, un plafond relevé d’exonération fiscale du forfait de mobilité durable, l’installation obligatoire de panneaux photovoltaïques lors de la construction de grands bureaux… De même, la loi de transition énergétique pour la croissance verte exige des investisseurs de publier l’empreinte carbone de leur portefeuille. Soit autant d’impulsions positives qui permettent de générer un tournant salvateur pour notre planète.

Sensibiliser les collaborateurs

Il y a surtout la méthode du colibri, et l’efficacité réelle du « faire sa part » grâce aux petites actions du quotidien. Et quand on sait qu’un salarié français passe en moyenne 80% de son temps sur son lieu de travail, ces « petites » tâches journalières peuvent amener à de grands résultats. Par ailleurs, bien que la plupart des entreprises souhaitent initier ces changements, beaucoup ont du mal à le faire efficacement sans approche ciblée. De grands changements RSE sont possibles dès lors que les organisations ont la capacité de comprendre comment les employés travaillent, ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés, et sont en mesure de réagir en conséquence. C’est là que la dimension RH prend tout son sens pour sensibiliser et mobiliser les collaborateurs et les intégrer dans un processus d’actions concrètes, qui ont du sens pour la Planète, mais aussi à leur échelle de citoyen.

Sensibiliser les collaborateurs à des usages plus durables permettrait d’éviter au moins 695 kg d’émissions de CO² par semaine !

Mettre en place un environnement de travail durable est une priorité absolue pour les entreprises modernes. Dans le même temps, l’environnement reste une préoccupation importante pour l’ensemble des Français si on se réfère à la dernière étude menée par l’Ademe, qui met en lumière que 69 % des personnes interrogées ont indiqué que la lutte contre le changement climatique passera par une modification profonde de nos modes de vie. Or, si de nombreuses démarches RSE se concentrent sur la réduction des emballages plastiques à usage unique et le zéro papier, elles négligent cependant les émissions quotidiennes massives générées par le matériel informatique et les activités numériques.

Lire aussi : Mobilier de bureau : l’alternative du reconditionné

Eduquer au changement

La réduction des émissions de CO² liées à l’informatique passe par l’élimination des mauvaises habitudes d’utilisation, associée à une meilleure supervision du bon état des postes de travail. Une première action concrète serait de favoriser les mises à jour ou la réparation plutôt que le renouvellement systématique des matériels : 20 % des postes de travail renouvelés sont toujours en parfait état de marche(1). Et sur les 80 % dotés d’un faible score de performance, seuls 2 % sont irrécupérables.

Optimiser les temps de démarrage des postes de travail est une deuxième action clé. Les postes de travail possédant un temps de démarrage supérieur à cinq minutes produisent plus de 450 tonnes d’émissions de CO² par an. Enfin, un collaborateur a accès sur son lieu de travail à des dizaines d’applications à usage personnel ou professionnel qui, sans le savoir, sont extrêmement énergivores.

Un manque de compréhension des habitudes informatiques des collaborateurs entraîne non seulement des émissions de CO² plus élevées mais également un ralentissement des postes de travail. L’utilisation régulière d’applications de jeux, de messagerie privée ou encore de streaming génère, de manière cumulée, 33 tonnes d’émissions de CO² par an, soit l’équivalent de 300 arbres nécessaires pour les absorber par année complète1.

Appliquer des pratiques informatiques plus écoresponsables c’est travailler avant tout à l’éducation au changement des collaborateurs. Car si la plupart sont conscients des problèmes liés au changement climatique, peu connaissent leur propre impact. Main dans la main avec le service IT, les RH ont la capacité d’apporter leur savoir-faire en matière de mobilisation, de travail collaboratif, de mise en projet, de synergie avec les différents organes de l’entreprise… Et surtout, de donner du sens au travail en permettant d’apporter sa pierre à l’édifice pour le bien-être de tous, pour soi-même et pour les personnes qui nous entourent. Et ainsi concilier qualité de vie au travail et environnement de travail durable.

(1) rapport mondial Nexthing intitulé « Quantifier l’impact environnemental de l’informatique d’entreprise »

 


Par Marc Frentzel, directeur consulting et customer success chez Nexthink, spécialiste des logiciels de pilotage de l’expérience numérique des collaborateurs Marc Frenzel

Avatar

La Rédaction


Sur le même thème


Réagir à cet article

Un système de modération est en place sur ce site. Votre commentaire sera en ligne après vérification.


*

* Champs obligatoires