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Les cadres nerveusement fatigués

, par La Rédaction

Selon une étude Malakoff Médéric, les cadres ressentent une pression psychologique et une fatigue nerveuse plus forte que les autres salariés. Ils ont aussi de plus en plus de mal à concilier leur vie professionnelle et leur vie privée. Les entreprises ont un rôle à jouer et peuvent les aider.

 

Par Anne-Sophie Godon, directrice de la prévention et des nouveaux services chez Malakoff Médéric.

 

Depuis 2009, Malakoff Médéric mène, avec la société d’études Sociovision, des enquêtes annuelles sur la qualité de vie des salariés en France. Objectifs : mieux identifier les risques auxquels ils sont exposés et aider les entreprises à améliorer le bien-être et la santé de leurs collaborateurs.

 

Crise, réorganisations, rythmes de travail soutenus

 

D’après l’édition 2011, la crise économique que nous traversons n’a pas épargné les cadres. Signe des temps, les réorganisations ont touché 38 % d’entre eux. C’est huit points de plus qu’en 2009 ! Cet environnement instable explique en partie les résultats qui suivent.

 

L’enquête 2011 alerte en particulier sur le niveau de fatigue nerveuse ressentie par les cadres. Leur travail leur demande de longues périodes de concentration, le plus souvent derrière un écran. Dans un contexte où le bureau en “open space” se développe, ils ont aussi le sentiment d’être de plus en plus interrompus et d’avoir un travail haché. Les rythmes de travail s’intensifiant par ailleurs, près d’un sur deux se plaint d’avoir du mal à gérer ses priorités. Résultat : plus de trois cadres sur quatre disent avoir un travail nerveusement fatigant (77 % contre 70 % au niveau national).

 

Autre point de vigilance : 41 % des cadres ont du mal à concilier leur vie professionnelle et leur vie privée, soit sept points de plus que la moyenne des salariés. Des journées de travail et des temps de trajet qui s’allongent expliquent en grande partie cette tendance.

 

Les conséquences de ces tensions dépassent le simple cadre du bureau. Les troubles du sommeil touchent ainsi 36 % des cadres, soit 7 points en plus qu’en 2009. Un facteur qui a un impact direct sur leur travail au quotidien.

 

L’entreprise, territoire de santé

 

Parmi les pistes citées pour améliorer leur situation, les cadres demandent en priorité davantage de perspectives d’évolution et une meilleure communication au sein de leur entreprise. À noter : une part croissante d’entre eux serait intéressée si l’entreprise prenait des initiatives pour s’occuper de leur bien-être et de leur santé. Le cloisonnement entre vie privée et sphère professionnelle étant de moins en moins étanche, les services que l’entreprise peut proposer en ce sens sont de plus en plus attendus, qu’il s’agisse de faciliter leur quotidien (pressing au bureau, aide à la recherche d’une garde d’enfants…), d’encourager l’exercice physique, ou  de donner des conseils pour mieux dormir et avoir une alimentation plus équilibrée. À bon entendeur…

 

Y a-t-il des raisons de rester optimiste ? Selon l’édition 2011, le tableau est loin d’être totalement noir puisque 83 % des cadres se disent satisfaits de leur travail, soit cinq points de plus que la moyenne des salariés. Une très forte majorité apprécie en particulier l’ambiance qui règne dans leur équipe.  Et, d’après les premiers résultats de l’étude 2012 – qui seront rendus publics à la fin du mois d’octobre -, le déficit de reconnaissance, ressenti par beaucoup de salariés en France, touche moins les cadres. Mieux encore : leur engagement vis-à-vis de leur entreprise regagne des points !

 

 

La Rédaction


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