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Toxi patrons : “Chacun peut y retrouver le portrait de son chef ”

, par Marie Roques

Jean-Paul Guedj a été consultant et coach d’entreprise pendant près de 35 ans au sein de différents cabinets. Il dirige actuellement Bonus consulting, spécialisé sur la cible des cadres et dirigeants. Il est l’auteur de Toxi patrons paru chez Larousse dans lequel il dresse, avec humour, le portrait des chefs et managers qu’il a pu rencontrer au cours de sa carrière.

 

Comment est venue l’idée de rédiger cet ouvrage ?

Il s’agit de la suite logique d’un premier livre écrit sur les Toxi collègues. J’ai pu largement m’inspirer de mon expérience auprès des cadres et dirigeants en entreprises. J’ai donc choisi de classer les portraits en trois catégories : les Toxi patrons du Cac 40, ceux des PME ou encore les Toxi managers.

 

Quels sont les portraits de patrons les plus acerbes ?

Dans les trois catégories, il y a des personnages récurrents. L’un de mes préférés est celui du PDG en sandales de la start-up 2.0 que je trouve très actuel. Il désigne le patron pseudo-babacool qui, sous ses airs de bien-être et de néo-hyppisme, reste un patron.
Il y a aussi l’entourloupeur. Un personnage assez classique qui présente des talents de tchatche et de manipulation hors du commun. Quand vous entrez dans son bureau, vous êtes très en colère et quand vous sortez, vous avec l’impression de vous être fait duper sans vous en rendre compte.
Je citerai également l’énarque qui n’a jamais vu le monde de l’entreprise mais qui est aux manettes. Celui qui se gargarise des théories du management les plus modernes mais qui méconnaît totalement les réalités du terrain.

 

Et parmi les Toxi petits patrons ?

Il y a par exemple le dirigeant de PME de type Louis de Funès très nerveux qui se met toujours en colère et pour qui tout est objet de courroux ou d’énervement. Citons également le radin de chez radin probablement élevé selon une éducation stricte et rigoureuse qui compte tous les sous, toutes les photocopies et qui met en place de multiples procédures afin d’analyser à la loupe, la moindre dépense. Je pense également à celui qui ne décide jamais rien et qui se conforte en permanence dans les décisions des autres.

 

Et parmi ceux des Toxi managers ?

Dans cette catégorie, il y a le pervers narcissique dont on parle beaucoup en ce moment dans l’actualité. Il manipule l’ensemble de ses collaborateurs, comme le mytho-mégalomane qui raconte en permanence des histoires à ses équipes sans que jamais rien ne soit solide ni prouvé.
Il y a aussi le tyran qui aurait tant voulu être démocrate, qui adore la démocratie qui est allé dans les grandes Écoles, a réfléchi aux sciences politiques, lu Rousseau. Il se vit comme un démocrate mais en réalité, il décide de tout. Mais attention, si chacun peut retrouver le portrait de son chef, je n’évoque que les mauvais côtés, cela reflète la réalité en entreprise, mais le sujet est traité par le biais de la caricature.

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Marie Roques
Journaliste pour Courrier cadres


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