Mon collègue est malhonnête

, par La Rédaction

Vol, mensonge, désinformation, corruption… Que ce soit l’acceptation de cadeaux de clients en échange de contrats, l’appropriation du travail des autres, ou encore le vol de fournitures, vous avez été témoin de la malhonnêteté d’un de vos collègues. Comment réagir ?
 
Difficile de savoir quelle attitude adopter lorsque l’on constate que son collègue est malhonnête dans son travail. Des petits mensonges à la faute lourde, quand et par quels moyens pouvez-vous agir ? Bien souvent, de tels comportements traduisent un malaise plus profond. Pour Alain Chabert, psychologue et ancien DRH, “ces comportements déviants signalent un éclatement du collectif de travail, même dans le cas où quelqu’un part du bureau avec quelques fournitures. Car c’est une relation à l’éthique qui fait que nous sommes tous présents au même moment pour participer à une œuvre commune”.
 
Mobiliser le groupe
Face à de tels comportements, il est nécessaire d’agir rapidement, mais avec intelligence. Alain Chabert explique : “Il faut faire attention au collectif, et le prendre en compte. C’est pourquoi je recommanderais de s’adresser uniquement à l’équipe afin de la remobiliser devant cet affaiblissement. Par exemple, lors d’une réunion, dire ‘Tel objet a disparu, quelqu’un sait-il où il se trouve ?’ et ne pas accuser directement celui que l’on pense être le responsable, même si tout le monde a son idée.”
La question se pose de savoir si la direction doit être présente. C’est pourquoi le psychologue ajoute : “Il faut tout d’abord éviter d’en parler seul à vos responsables, et les convier à cette assemblée uniquement s’il font partie intégrante du ‘groupe’, sinon cela va créer un mal-être supplémentaire voire dévier vers une tentation d’infantilisation de type ‘Qui a fait cela ?’ où personne ne répondra.”
 
Replacer le travail au centre
Le problème qui peut se poser avec les actes malhonnêtes est qu’ils peuvent très rapidement dévier sur des problèmes interpersonnels. C’est pourquoi Alain Chabert précise qu’il faut être vigilant et “remettre le travail au centre du débat, ce qui ne peut pas se faire si l’on ne récolte que du silence. Si l’on veut pouvoir traiter de questions d’éthique, il faut donc parler du travail, et non pas s’arrêter aux problèmes relationnels entre les personnes”. N’en profitez donc pas pour régler vos comptes. Il semble indispensable de communiquer et d’agir finement afin qu’il n’y ait pas de dérives en ce sens. Aussi, en prenant les devants et en n’accusant pas quelqu’un directement, cela permettra à son manager “d’éviter d’avoir à gérer des problèmes interpersonnels dont il ne saura pas quoi faire”.
Bien évidemment, si l’acte s’avère grave et la faute lourde (revente d’informations confidentielles, corruption, etc.), n’hésitez pas une seconde à en référer à votre direction qui pourra porter plainte. Bien que les conséquences ne soient pas toujours faciles à assumer, cela vous évitera la déconvenue d’être envisagé en tant que complice.
Si le maître mot reste la communication, il faut la pratiquer de la manière la plus habile possible, tout en pensant à toujours rester dans un contexte de travail où les points de discorde entre collègues n’ont pas leur place.

La Rédaction


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