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Bien-être au travail : “C’est bien plus profond qu’installer un babyfoot”

, par Fabien Soyez

 Les premiers “Awards du bien-être au travail” de Bloom at Work viennent de s’achever. L’occasion de mettre en avant les actions d’entreprises désirant rendre leurs salariés plus épanouis, mais aussi de questionner le rôle du “Chief Hapiness Officer”.

Afin de “mettre en valeurs les plus belles initiatives, menées par des entreprises, sur le terrain, pour le bien-être des collaborateurs”, Bloom at Work, une société qui propose aux organisations un logiciel permettant de “mesurer, analyser et améliorer l’épanouissement au travail des équipes”, organisait ce mardi 9 octobre ses premiers “Awards du bien-être au travail”, au Théâtre de l’Atelier, à Paris.

Parmi les entreprises récompensées, de grands groupes, mais aussi des start-up. “Les organisations qui s’engagent dans le bien-être au travail n’ont pas de profil type, mais ont toutes un point commun : la volonté, chez les RH et les décideurs, de faire bouger les choses – sans investir dans des gadgets cosmétiques, mais en engageant leurs équipes derrière eux, et en permettant aux salariés de prendre des initiatives”, explique Charles de Fréminville, cofondateur de Bloom at Work. Et d’ajouter que “le bien-être au travail est plus profond qu’installer un babyfoot : il s’agit de capitaliser sur le sens, la créativité et le sentiment d’appartenance”.

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Coconstruction, intelligence collective et bienveillance

Le prix de “l’idée la plus disruptive” est revenu à Bouygues Bâtiment Île-de-France, qui a mis en place en 2017 un dispositif original : un réseau de “Bienveilleurs”, des collaborateurs volontaires (de tous métiers), formés à écouter, de façon confidentielle et avec bienveillance, les employés en difficulté. “Leur rôle n’est pas de régler les problèmes des collègues qu’ils écoutent, mais de leur apporter une oreille attentive et de les réorienter vers des interlocuteurs qualifiés ensuite”, détaille Virginie Alix, responsable développement RH de la filiale de Bouygues Construction.

LinkValue, société spécialisée dans le conseil en innovation, a décroché le prix du “projet le plus ambitieux”, pour sa façon d’entraîner ses collaborateurs dans la refonte de sa stratégie d’entreprise. Afin de bâtir une “nouvelle version de l’entreprise, une V2”, la start-up a ainsi misé sur l’intelligence collective et la coconstruction, en proposant aux salariés de rejoindre des “chantiers”,  et de les porter entièrement, en toute autonomie.

Enfin, Bloom at Work a célébré “l’idée à zéro euro” – un exemple d’initiative visant à rendre les salariés plus épanouis, mais sans engager de “gros budget” – du groupe de communication et marketing digital Fullsix, qui consiste à pousser les salariés à “mieux se connaître”, à travers un jeu baptisé “les selfies de l’Avent”. Pendant un mois, avant Noël, les collaborateurs de cette agence ont recherché, chaque jour, un “collègue mystère” différent. Objectifs (atteints, selon l’entreprise) : recréer du lien, casser les silos, et améliorer l’ambiance.

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Liberté + responsabilités = bonheur au travail

C’est Laurence Vanhée, ex-“chef du bonheur” (Chief Happiness Officer, CHO) du ministère de la Sécurité sociale belge, qui a clos l’événement, en revenant sur le concept de bien-être au travail. Selon elle, “la recrudescence de burn-out, de bore-out et de brown-out montre qu’après 30 ans passés à optimiser leurs processus, avec un leadership descendant, les entreprises ont fini par oublier l’humain”. Dans un monde VUCA (volatile, incertain, complexe et ambigu), avec de nouvelles générations “hyperconnectées et avides de liberté”, les organisations ont besoin, selon l’actuelle CHO du cabinet de conseil Happyformance, de “réinventer notre façon de travailler et remettre l’humain au centre des préoccupations”.

Pour Laurence Vanhée, la fonction de CHO “va plus loin que les massages et les barbecue”. Ainsi, explique-t-elle, afin de transformer son entreprise en “Happy Organisation”, la mission d’un “chef du bonheur” est de pousser sa société à mettre en place “les conditions permettant de donner de la liberté et des responsabilités aux collaborateurs. Il met en oeuvre une équation : liberté + responsabilités = bonheur pour la personne, et performance pour l’organisation.” Ces “conditions de liberté” concernent les méthodes de travail (horaires flexibles, flex office, télétravail), mais aussi les rôles attribués aux salariés, “en leur permettant de s’impliquer sur des projets qui font du sens pour eux”.

Afin de tendre vers le “bonheur au travail”, les organisations ont tout intérêt, conclut Laurence Vanhée, à développer une culture d’entreprise “axée sur la confiance, le droit à l’erreur, la co-création et l’intelligence collective”. Avec, enfin, un “autre style de leadership”, les managers devenant des “leaders facilitateurs”, dont la mission serait de “mettre les collaborateurs en situation de succès”.

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Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (1)

  1. Anon, le

    Quand ça fait pratiquement 3 ans qu’une société dit qu’elle « travail sur la V2″ mais que rien ne bouge, ce n’est pas certain qu’elle soit dans l’innovation.

    Le bonheur au travail ne se quantifie pas en posant deux trois questions aux chargés de communication mais en sondant l’ensemble des employés en leur demandant d’exposer des exemples concret.

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