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Elon Musk au travail, ou l’entrepreneur de l’impossible

, par Mathilde Seifert

“Certains disent que je suis un alien, c’est faux”, plaisante Elon Musk. Pourtant, une chose est certaine : cet homme d’une cinquantaine d’années est loin d’être banal. Une voiture électrique dans l’espace, un train à 1 000 km/h, la conquête de Mars, tous ces projets proviennent de l’esprit de l’entrepreneur américain, quatrième fortune mondiale. Un acharné du travail qui repousse constamment les limites du possible. Portrait.

Grand passionné de science-fiction, dès l’âge de 12 ans, Elon Musk exprime son âme créative en développant un jeu vidéo qu’il revendra par la suite 500 dollars. Douze ans plus tard avec son frère, ils créent un outil afin d’aider les médias à assurer la transition entre le papier et internet, ZIP2. Cette invention lui rapportera 22 millions de dollars. Pourtant, cet argent n’a pas longtemps dormi sur son compte en banque et a presque entièrement été réinvesti dans la création d’une autre entreprise : PayPal. C’est le rachat de cette dernière par eBay en 2002 qui fait de l’américain un homme à l’abri du besoin. Il aurait pu, dans cette continuité, faire sa petite place au sein de la Silicon Valley et s’arrêter là.

 

Un acharné du travail

Au contraire, il préférera injecter 100 millions de dollars dans SpaceX, 70 millions dans Tesla et 10 millions dans SolarCity. Mis à part jeter ses billets de banque par la fenêtre, il n’aurait pas pu choisir un moyen plus rapide pour se ruiner. “Elon Musk fait partie de ceux qui changent les règles du jeu. Considéré comme le plus grand industriel du moment, il porte l’innovation à des niveaux rarement atteints – au point d’avoir servi de modèle pour Tony Stark, alias Iron man”, affirme Ashlee Vance, un journaliste américain spécialiste des technologies et de la Silicon Valley. Aujourd’hui, son empire, avec ses usines, ses dizaines de milliers de salariés et sa puissance industrielle, bousculent les acteurs installés. Au final, sa témérité et ses rêves de grandeur l’ont installé à la tête d’un patrimoine net d’environ 10 milliards de dollars.

Son goût pour les choses impossibles a fait de Musk une divinité de la Silicon Valley. Ses collègues patrons, tel Page, parlent de lui avec une crainte respectueuse, et les créateurs d’entreprise en herbe s’échinent à “faire comme Elon” tout comme ils tentaient autrefois de “faire comme Steve Jobs”. Mais la Silicon Valley vit dans une réalité quelque peu déformée ; hors des confins de son fantasme partagé, le personnage de Musk s’avère souvent bien plus clivant”, développe le journaliste.

Son personnage est à double tranchant : soit on l’aime pour sa vision futuriste et son ambition, soit on le déteste pour ses discours techno-utopistes. “En dépit des critiques, ses entreprises remportaient des succès inédits”. En effet, sur la liste de ses réussites hors du commun figurent l’envoi par SpaceX d’une capsule de ravitaillement vers la station spatiale internationale la ramenant ensuite sur Terre sans une once d’imprévus. mais également la création d’une berline entièrement électrique, la Tesla Model S.

“Ces deux réussites ont porté Musk à des sommets rarement atteints par les titans des affaires. Seul Steve Jobs pouvait revendiquer des succès analogues dans deux industries aussi différentes, présentant la même année un nouveau produit Apple et un dessin animé Pixar. Or Musk ne s’en tenait pas là”.

De front, il reprend une compagnie d’électricité solaire, SolarCity, et devient le président et principal actionnaire. À lui seul, il regroupe les plus grands progrès enregistrés en une décennie par l’industrie spatiale, l’automobile et la production d’énergie.

 

Repousser les limites du possible

Sa manière de travailler repose sur le fait de constamment repousser les limites du possible. Si son ambition de coloniser la planète Mars semble délirante et irréaliste pour la majeure partie de la population, lui, au contraire, y voit un cri de ralliement pour ses différentes entreprises. Cette vision des choses, Elon Musk la transmet également à ses salariés. “Ils sont bien conscients et savent qu’ils tentent, jour après jour, de réaliser l’impossible. Quand Musk fixe des objectifs irréalistes, harcèle ses salariés et les use jusqu’à l’os, il est entendu que cela fait plus ou moins partie du programme martien”.

La plupart des PDG en vue sont entourés de petites mains. Musk, lui, sillonne en général Musk Land tout seul, toute conversation avec lui obéit à un souci de précision et d’efficacité. Pour gérer toutes ses entreprises, il s’est ménagé une vie délirante. Du lundi au vendredi, il fait des allers-retours entre Los Angeles où se trouve le siège de SpaceX et la Silicon Valley pour travailler dans les bureaux de Tesla. C’est cette exigence et ce besoin de réaliser l’impossible qui font d’Elon Musk un inventeur, industriel et homme d’affaires “capable de s’emparer de grandes idées pour les transformer en grands produits”.

 

Ce qu’il faut retenir :

* Se fixer des objectifs ambitieux même lorsqu’ils semblent irréalisables

* Rester présent pour ses équipes et leur insuffler la même envie qui vous anime

* S’impliquer à 100 % dans ses projets quitte à les faire passer en priorité pendant un temps

 

 

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Mathilde Seifert


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