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Coco Chanel, entrepreneure à succès et acharnée de travail

, par Mathilde Seifert

Malraux avait prédit que “du XXe siècle en France, il resterait trois noms : de Gaulle, Picasso et Chanel”. Gabrielle Chasnel a sans conteste marqué l’histoire française. Cela reviendrait à minimiser son travail que de la considérer comme une simple créatrice de mode. Libératrice de la femme et de ses idéaux, acharnée de travail, Coco Chanel s’est imposée au fil des années comme une entrepreneure à succès. La marque au Camélia blanc s’inscrit dans la culture et l’élégance à la française. Véritable symbole de luxe, Chanel a su également transmettre des messages engagés.

 

Pour comprendre son acharnement pour le travail, il faut revenir à ses débuts. Son avenir n’était pas tout tracé. Gabrielle Chasnel n’a pas commencé sa vie de la meilleure des manières. Après le décès de sa mère et l’abandon par son père, elle a su se construire un nom seule. C’est de cette période rigoureuse et austère qu’elle a tiré par la suite son style épuré et neutre. Dès son plus jeune âge, elle apprend la couture. Cependant, la jeune femme a des rêves de grandeur. Elle aspire à un meilleur avenir que les jeunes filles de son âge. Elle commence à pousser la chansonnette bien avant son arrivée à Paris. C’est d’ailleurs lors de ces spectacles que le public la surnomme pour la première fois “Coco”. Elle quitte cette vie-là pour la Capitale où elle souhaite faire carrière dans la chanson.

Véritable acharnée de travail, elle a su saisir les opportunités et s’entourer des bonnes personnes pour arriver à ses objectifs. Effarouchée et survoltée, elle se démarque des autres femmes de l’époque. Une fois à Paris, elle se lance dans la confection de chapeaux étonnamment sobres comparés aux réalisations de l’époque.  La jeune femme a de l’ambition. Elle ne se contente pas de créer une mode, car “la mode se démode, mais le style jamais” selon Gabrielle Chasnel. Elle décide donc d’inventer un style qui lui est propre. C’est dans les années 1910 qu’elle crée un salon de modiste appelé “Chanel Modes” grâce à des fonds prêtés par son amant. Femme indépendante, elle se fera un point d’honneur à n’avoir aucune dette envers lui.

 

Made in France avant l’heure

Après l’ouverture de deux boutiques dans l’ouest de la France, Deauville puis Biarritz, la Première Guerre Mondiale éclate. C’est à ce moment précis que Coco est propulsée. Le temps n’est plus aux tenues extravagantes. Les hommes étant mobilisés, “les femmes se libèrent peu à peu de leurs contraintes vestimentaires”, écrit Catherine de Montalembert dans Coco Chanel, une icône. Elle prend le parti de la simplicité et du pratique, et cela va plaire. Elle raccourcit les jupes et supprime tout le superflu. C’est elle qui démocratise les marinières, destinées initialement aux matelots. Elle mêle les codes masculins aux tenues féminines.

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Sa stratégie marketing principale s’appuyait sur le “made in France”, déjà important à l’époque. Elle mêlait tradition, innovation et modernité. Coco Chanel a toujours laissé planer le mystère sur les relations qu’elle entretenait avec ses équipes même si elle était de nature autoritaire et rigoureuse comme le précise le livre de Megan Hess “Coco Chanel, the illustrateur world of fashion icon”. “Coco était à la tête des ateliers de qualité et déléguait à des premières d’ateliers responsables de la production des designs pour les clients haute couture. Les détails étaient finalisés par les “petites mains” de l’atelier”, précise Megan Hess. Dans le souci de toujours garantir un savoir-faire impeccable, Gabrielle Chasnel choisissait ses collaborateurs sur le volet parmi les meilleurs artisans.

Gabrielle Chasnel n’est pas étrangère au fait que la femme puisse s’habiller comme elle le souhaite aujourd’hui. Chanel devient une importante maison de couture employant plus de 300 personnes. Face à des évènements malheureux comme le décès de son amant Boy Capel, elle se réfugie dans le travail. Elle avouera par la suite qu’en “perdant Capel, elle perdait tout”. Coco, pour oublier son chagrin, livre un combat acharné qui la mènera à l’apogée de son succès. Elle agrandit ses affaires en se concentrant sur la ville de Paris. En 1930, elle occupe cinq immeubles de la fameuse rue Cambon.
 

Travailler à contre-courant

Gabrielle Chasnel ne s’arrête pas à la création de vêtements. Son ambition est sans limite. Elle dispose de son propre atelier de tissus et est la première créatrice de mode à lancer ses propres parfums. Avec l’aide de son parfumeur elle crée une série de frangances parmi elles l’emblématique Chanel n°5. Loin d’être inconsciente, elle s’associe avec les Wertheimer. Aussi, elle prend également le parti d’ouvrir un atelier de bijoux afin d’agrémenter ses créations sobres en parallèle des autres activités.Toutes ses créations s’exportent à l’international jusqu’à conquérir le monde entier. En 1935, ce sont près de 4 000 ouvrières qui travaillent pour elle et 28 000 modèles sortent chaque année de ses ateliers. C’est lors de la Seconde Guerre Mondiale que la maison va fermer. Elle se consacrera uniquement à son activité de parfums durant les années d’occupation. Elle décide de s’exiler en Suisse au moment de l’après-guerre. Puis, elle rouvre sa maison suite à l’insistance des Wertheimer. Comme à son habitude, elle s’inscrit à contre-courant de la mode de l’époque.

Face aux corsets et décolletés pigeonnants de Christian Dior, elle crée le tailleur de tweed et le sac 2.55, des classiques souvent copiés par la suite. Ses créations sont portées par les vedettes les plus en vue de l’époque comme Romy Schneider ou encore Marylin Monroe. Elles le sont également par des femmes engagées comme Simone Weil. Coco Chanel est un véritable symbole de succès, reconnu dans le monde entier. Il y a une centaine d’années, une telle réussite commerciale pour une femme était impensable et pourtant Gabrielle Chasnel l’a fait. Elle a créé un empire qui subsiste au fil des décennies.

 

Ce qu’il faut retenir

-> Créer son propre style

-> S’entourer des meilleurs

-> Ne pas se mettre de limites

-> Saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent

 

 

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Mathilde Seifert


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