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Titres-restaurants : la digitalisation s’impose peu à peu

, par Nicolas Monier

Depuis avril 2014, date d’entrée en vigueur du décret autorisant la dématérialisation du titre-restaurant, de l’eau a coulé sous les ponts. Même si près de 75 % des salariés bénéficiaires de titres-restaurants ont encore des chéquiers papier, ce sont près de 180 000 commerçants qui acceptent aujourd’hui les supports numériques.

 

L’agence de communication Wellcom a été l’une des premières, dès 2014, à essuyer les plâtres des titres-restaurants dématérialisés. “À l’époque, les cartes restaurants n’étaient pas du tout répandues, l’acceptation par les points de vente encore aléatoire et le paiement sans contact n’avait pas encore décollé ! Aujourd’hui, le contexte est plus favorable, notamment parce que le paiement sans contact NFC [near field communication] est bien diffusé et accepté par tous, consommateurs et points de vente”, note Philippe Lucas, directeur général de l’agence.

Et ce dernier de nuancer néanmoins son propos : “Contrairement aux idées reçues, les cartes ne sont pas nécessairement acceptées partout. Ce point a été le problème principal que nous avons rencontré, chez Wellcom, lors du déploiement.  Aujourd’hui, ce n’est plus un sujet car je pense que le maillage est désormais assez bien fait. C’est donc moins un souci que par le passé, mais c’est à prendre en compte toutefois, surtout si la zone de consommation ne se situe pas dans des régions denses.” Les choses ont bien évidemment évolué depuis la mise en service même si des progrès restent encore à accomplir.

 

« Pas juste des titres-restaurants, mais aussi un gain de pouvoir d’achat »

“Comme tout support de paiement numérique, les cartes titres-restaurant doivent encore être éprouvées et améliorées dans leurs usages et utilisations avant de trouver leur ancrage auprès des commerçants, explique Jacques-Yves Harscouet, directeur général d’Up France. Ce fut le cas du balbutiement des cartes de paiement à puce dans les années 1970, puis des échecs des micro-paiements de la carte Monéo au début des années 2000 et, aujourd’hui, des prémices du paiement sans-contact et par smartphone. Face à ces tendances, et en à peine cinq ans, le titre-restaurant sous format carte est accepté dans 97 % du réseau agréé par la CNTR [Commission nationale des titres restaurant].”

titres-restaurant

Certains réfractaires ont également rappelé, à l’occasion de cette dématérialisation, l’impossibilité désormais de donner un ticket restaurant à son enfant, à son conjoint ou bien encore à un proche. De plus, la carte étant plafonnée à 19 euros par jour, impossible de rajouter des tickets à l’ancienne pour un repas plus cher que d’ordinaire. “Cette limite est souvent perçue comme une contrainte par les utilisateurs lors du passage à la carte mais, dans les faits, nous observons que les dépenses liées à un déjeuner sont pour la majorité inférieures à ce plafond. À l’échelle nationale, le montant moyen dépensé pour le déjeuner est autour de 10 euros par jour et par personne”, remarque Romain Libeau, vice-président marketing chez Lunchr.

Argument également balayé par la fintech Spendesk. “Les collaborateurs ont une carte et payent leurs repas sans avoir besoin de rajouter de la monnaie pour compléter. Les utilisateurs se rendent compte que ce ne sont pas que des titres-restaurant, c’est aussi un vrai gain de pouvoir d’achat. La dématérialisation apporte avec elle des solutions qui nous plaisent. Comme le fait de pouvoir commander, par exemple, à plusieurs et donc de déjeuner ensemble, un élément fédérateur chez Spendesk, mais aussi de bénéficier de réductions dans nos restaurants préférés”, explique Nouhad Kamili, financial and admin manager chez Spendesk. Et cette dernière de conclure : “De plus, l’aspect environnemental nous tient particulièrement à cœur. Une carte bancaire, valable 4 ans, versus des tickets papiers consommés chaque mois.”

 

Vigilance sur les données personnelles

En plein chantier du RGPD, ces questions de traçabilité des heures, lieux de repas et autres habitudes de consommation peuvent inquiéter les salariés. Chez le leader Edenred, on rappelle que tout support digital gère des données et que le groupe garantit bien entendu leur confidentialité. “Au sein de Natixis Payments, c’est la structure Natixis Intertitres, en tant que responsable de traitement, émettrice des titres-restaurant, qui est le garant de la sécurité des données collectées vis-à-vis de ces opérations. Les bénéficiaires peuvent consulter ces informations depuis leurs espaces personnels. Les employeurs n’ont pas directement accès à ces données”, note Stephan Dixmier.

Même intention de rassurer chez Up : “Les données collectées ne servent qu’aux salariés bénéficiaires des titres-restaurant. L’employeur, client de Up, n’a pas accès au registre des heures et lieux de repas, en revanche le salarié pourra, s’il le souhaite, enrichir ces données pour bénéficier d’avantages et de fluidité dans son parcours consommateur”, note Jacques-Yves Harscouet.

 

Nicolas Monier

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