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Analyse de données : les cadres préfèrent les feuilles de calcul aux plateformes d’IA

, par Fabien Soyez

Selon une étude menée par Deloitte, les cadres ne sont pas à l’aise avec les plateformes d’analyse de données, censées les aider dans leur prise de décision, et préfèrent les bons vieux tableurs.

 
Alors que les analystes et les experts en Big data prédisent depuis longtemps la « mort » prochaine du tableur, face à des plateformes « d’analyse intelligente » censées aider les dirigeants et les gestionnaires dans leurs prises de décision, nombreux sont ceux qui continuent à utiliser cet outil « traditionnel ».

Ainsi, selon une étude publiée le 25 juillet dernier par Deloitte, menée auprès de 1048 cadres supérieurs, la plupart des entreprises n’ont pas atteint la « maturité » en matière d’analyse de données – et 62 % d’entre elles se fient encore aux feuilles de calcul Excel pour obtenir des « insights » (1). En outre, 58 % continuent à utiliser des outils de « Business Intelligence » (aide à la décision), comme Microsoft Power BI ou IBM Cognos, qui permettent de visualiser des données de façon interactive, mais « manuellement ».

Toutefois, le cabinet d’audit et de conseils note que 67 % des organisations utilisent quand même des outils plus avancés, comme SAS Data Management et la suite open source R, le langage de programmation Python, ou un outil d’intelligence artificielle (IA). L’étude nous apprend également que 46 % des cadres supérieurs considèrent l’IA comme une technologie qui devrait prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir dans le cadre de l’aide à la décision.

 

67 % des cadres ne sont pas à l’aise avec l’analyse de données

Selon l’enquête de Deloitte, seuls 37 % des dirigeants estiment que leur entreprise est « mature » dans le domaine de l’analyse de données, et à peine 10 % indiquent que leur organisation a atteint le stade de « l’IDO » (Insight-Driven Organization – une IDO intègre chaque jour des analyses, des données et des raisonnements dans le processus de prise de décision). Les 63 % de cadres supérieurs restants expliquent être « au courant » du potentiel de « l’analyse intelligente », mais manquer d’infrastructures technologiques.

En outre, 67 % des cadres interrogés indiquent « ne pas être à l’aise » avec le fait d’accéder à des masses de données et de les utiliser pour prendre des décisions. « Cette proportion est importante, même dans les entreprises ayant une forte culture axée sur les données, où 37 % des répondants expriment encore des malaises. Il s’agit là d’une opportunité pour les entreprises d’offrir plus de formation et d’améliorer l’expérience de l’utilisateur, si elles veulent que chaque employé utilise les insights dans le cadre de son travail », remarque Deloitte. Selon le cabinet, les entreprises ayant une « culture de la prise de décision axée sur les données » sont deux fois plus susceptibles de dépasser leurs objectifs commerciaux.

Pour les auteurs de l’étude, « il est finalement temps d’en finir avec l’idée que seuls des mathématiciens ou des scientifiques spécialisés dans les données sont capables de les analyser finement ».

 

(1) Les « insights » sont des analyses basées sur des études qualitatives et des études de tendance, qui consistent à étudier les motivations, les attentes et les expériences des consommateurs à l’égard d’un produit. Les résultats d’une étude d’insights permet à une entreprise d’initier le lancement d’un nouveau produit, d’adapter son packaging, ou encore de revoir ses campagnes marketing.

 
 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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