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Un an de Covid-19 : Pourquoi les jeunes boudent le télétravail et veulent retourner au bureau

, par Fabien Soyez

Le télétravail, généralisé depuis un an avec la crise du Covid-19, est apprécié par les salariés. Mais plus ils sont jeunes, moins ils le trouvent efficace. Et plus ils rêvent de retourner au bureau pour se socialiser.

Signe que les jeunes aspirent avant tout, en début de carrière, à se sociabiliser et à apprendre auprès de leurs pairs : selon une enquête publiée par Odoxa, seuls 37 % des télétravailleurs jugent le travail à distance “moins efficace” que le présentiel ; mais ils sont 70 % à le penser chez les 18-34 ans. Les moins de 24 ans sont en outre une majorité écrasante à exprimer le besoin de retourner au bureau.

 

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Une question d’autonomie et d’expérience ?

Selon l’étude, réalisée en février 2021 auprès de 2 000 salariés, le télétravail a été pratiqué par 22 % des Français en 2020, dont 75 % des cadres. Qu’ils aient expérimenté le télétravail ou qu’ils aient des proches concernés, les salariés français en ont du reste une très bonne image globale (80 %). Et cela, malgré une généralisation brutale, voire chaotique, pendant le premier confinement, en mars 2020.

“Mais plus ils sont jeunes, plus les salariés sont négatifs”, observe Emile Leclerc, directeur d’études chez Odoxa. Le niveau de bonne image du télétravail chute ainsi à 63 % chez les 18-24 ans, contre 76 % des 25-34 ans, 85 % des 35-49 ans et 84 % des 50-64 ans.

“Cette génération, tout juste entrée dans la vie active a rencontré davantage de difficultés. Moins autonomes, plus isolés, contraints à travailler dans des logements plus petits, ils vivent une plus mauvaise expérience que leurs aînés”, commente l’étude.

Les jeunes sont aussi plus critiques vis-à-vis de l’efficacité apportée par le télétravail. Alors que 33 % des salariés le trouvent plus efficace et 37 % au même niveau que le présentiel, les plus jeunes sont “nettement plus négatifs”, indique Odoxa. Ainsi, 60 % des 18-24 ans ont le sentiment d’être moins productifs à distance. “L’expérience et l’autonomie semblent donc essentielles à l’efficience du travail à distance”, en déduit Emile Leclerc.

 

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Le bureau, lieu de sociabilité

Les jeunes sont aussi plus nombreux à considérer qu’avec le télétravail, leur charge de travail a augmenté (52 % contre 45 % pour la moyenne générale).

Finalement, après avoir soulevé tous ces points négatifs, les 18-24 ans aspirent, à 82 %, à retourner travailler en présentiel ; contre 65 % des 50-64 ans.

“Si le télétravail n’enchante pas les plus jeunes, c’est surtout parce que pour eux, le bureau est aussi un lieu de sociabilité ; et que dans la période que nous traversons, c’est même le seul pour nombre d’entre eux”, indique Odoxa.

 

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“100 % télétravail ou 100 % au bureau, ne sont peut-être pas les solutions de demain”

Pour les salariés, pas question de développer un télétravail à 100 %. La semaine de travail idéale est, pour eux, découpée en deux : la moitié du temps en présentiel, l’autre à distance.

“Les jeunes sont à nouveau plus fermés que leurs aînés. Ils se verraient bien travailler chez eux 2,3 jours en moyenne, contre 2,9 chez les 50-64 ans”, explique l’enquête.

“Le télétravail ne suffit pas. L’homme est un animal social, et il ne lui offre pas d’interactions sociales suffisamment riches, ou en tout cas pas au niveau de ce qui lui offriraient les interactions physiques”, estime Marc Trilling, président et co-fondateur du cabinet de conseil en transformation digitale Saegus, invité par Odoxa à apporter son “œil d’expert”.

”100 % télétravail ou 100 % au bureau ne sont peut-être pas les solutions de demain. Cette crise nous en aura apporté les leçons. Essayons d’en tirer parti en nous élevant vers des modes de travail hybrides, et en enrichissant nos échanges et notre appartenance sociale, tout en préservant nos moments de vie personnelle”, conclut Marc Trilling.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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