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Hackathon : Un exercice has been ?

, par Marie Roques

Auparavant réservé à de jeunes hackers réunis en vase clôt pendant 48 heures pour plancher jour et nuit sur la sécurité de systèmes informatiques, le hackathon s’est depuis démocratisé. Pour autant, n’espérez plus réunir vos équipes pendant plus de 24 heures. Les dispositifs sont aujourd’hui plus light et font appel à d’autres techniques d’utilisation de l’intelligence collective.

 
Le hackathon aurait fait son temps. Il serait même passé de mode ? Si l’on peut entendre et lire ça et là ce type d’affirmation, n’y adhérez pas, au risque de perdre en compétitivité face à vos concurrents qui continueront d’utiliser ce dispositif pour innover ! D’après les experts que nous avons interrogés dans le cadre de cet article, l’exercice est toujours très utilisé par les entreprises et demeure un outil efficace pour faire naître de nouvelles idées. Mais attention, le dispositif a beaucoup évolué depuis sa naissance et ne pensez plus aujourd’hui à organiser des hackathons à l’ancienne.

 

Intelligence collective

“À l’origine, les hackathons réunissaient des hackers en vase clôt à qui l’on demandait de pirater des sites pour tester la sécurité des systèmes informatiques”, détaille Fabienne Speck, consultante senior chez Yuman, récemment racheté par Faber Novel, spécialisé notamment dans l’accompagnement à la digitalisation des entreprises. Par la suite, le hackathon s’est quelque peu vulgarisé. Il est même un temps devenu un peu fourre-tout.

Depuis, le mot Hackathon désigne des séminaires intenses organisés dans les entreprises et destinés à faire développer de nouveaux outils ou services. Exit donc les réunions de geeks, les hackathons ont rapidement été utilisés par différents types de sociétés évoluant sur des marchés très différents allant de la cosmétique, à la banque-assurance, en passant par l’hôtellerie. “Nos clients nous demandent toujours très souvent de mettre en place ces dispositifs, assure Fabienne Speck. Entre temps, de nombreuses méthodes en lien avec l’intelligence collective se sont démocratisées comme par exemple le design thinking et sont venus enrichir le déroulé de bon nombre d’hackathons.”

Au sein de la Web School Factory, spécialisée dans le management du numérique, les entreprises sollicitent l’organisation d’hackathons mobilisant des étudiants issus de différentes spécialités mais aussi mêlant étudiants et collaborateurs en poste. “Aujourd’hui, les entreprises sont convaincues qu’il s’agit d’une manière efficace d’avoir, dans un temps très court, des pistes d’innovation et de rupture”, confirme Anne Lalou, directrice de la Web School Factory. Elle remarque également que les entreprises apprécient la fraîcheur des approches et des innovations apportées par les étudiants.

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Et de citer en exemple, un hackathon baptisé Week-end Challenge au sein de l’école organisé pour Accor Hotel autour du thème : Face aux nouveaux usages dans l’hôtellerie, quels objets connectés dans l’hôtel de demain ? Partant du constat que les femmes de chambre avaient souvent des difficultés avec la langue française et qu’elles étaient pourtant souvent contraintes de se référer à des procédures complexes, il est ressorti des réflexions la mise en place d’un chariot de ménage connecté avec une interface fluide, faisant largement appel à l’iconographie et leur indiquant facilement et rapidement quelle procédure mettre en place dans tel ou tel cas de figure.

Si les exercices sont très différents d’une entreprise à l’autre, pour réussir votre hackathon il est essentiel de solliciter un maximum de personnes et de les faire réfléchir en vase clôt, c’est très important avec un timing très serré, élément également primordial pour stimuler au maximum la créativité des participants. “L’idéal est de mettre plusieurs équipes en compétition pour créer une émulation, détaille Fabienne Speck. Pour plus d’efficacité, il est conseiller d’alterner les séances de créativité et de présentation devant un jury ou devant les autres équipes pour qu’elles réagissent et se poussent mutuellement à aller plus loin et retourner en phase de créativité.”

 

Esprit de compétition

Autre commandement indispensable, le rythme doit être cadensé, les échéances courtes avec l’objectif de produire des idées concrètes à mettre en place rapidement. Pour plus d’efficacité, les équipes sont le plus souvent pluridisciplinaires si possible avec un profil de facilitateur. Une personne est souvent désignée pour coordonner la session et faire le lien entre équipes et le jury. Il peut être bon d’intégrer des témoignages externes de spécialistes pour stimuler la réflexion. “Aujourd’hui, on organise des hackathons sur une journée, précise Fabienne Speck. Avant, ils pouvaient durer 48 heures avec la nuit passée sur place.”

Il semble désormais difficile de mobiliser les équipes pendant plusieurs jours, nuit comprise, même dans des hôtels cinq étoiles. Le finish étant toujours orienté vers une présentation devant un jury avec, très souvent, un vote qui détermine parmi les idées proposées celles pour lesquelles l’entreprise est prête à investir pour que le projet devienne réalité. Il faut garder en tête que les propositions doivent être concrètes. “S’il s’agit de produire un logiciel, il est nécessaire de mobiliser des développeurs capables de produire une première version en live”, conseille Fabienne Speck.

Il ne faut pas non plus négliger l’aspect positif que les hackathons peuvent avoir sur les collaborateurs qui éprouvent souvent une certaine satisfaction à participer à ce type d’événements. “Ils mettent en avant une reconnaissance de l’intelligence collective de l’entreprise, c’est un bénéfice important d’un point de vue RH, remarque Anne Lalou. Il ne faut pas en sous-estimer l’impact. Le format même du hackathon est une aventure humaine qui contraint à sortir de sa zone de confort, c’est transformant.”

 

3 Conseils pour réussir son Hackathon

  1. Stimuler l’esprit de compétition des collaborateurs en confrontant les équipes lors de la présentation de leurs idées.
  2. Ne pas hésiter à faire appel à des étudiants pour plus de fraîcheur dans les propositions.
  3. Mettre en avant l’expérience en interne pour valoriser les participants.

 
 

Marie Roques
Journaliste pour Courrier cadres


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