Entreprise mohed_altrad

Entrepreneur mondial de l’année : victoire de la France avec Mohed Altrad, le rescapé

, par Chloé Goudenhooft

Prix français de l’Entrepreneur de l’année 2014, Mohed Altrad, président de la société homonyme, concourrait en ce titre pour le Prix mondial de l’Entrepreneur 2015 décerné par EY et le magazine l’Express. Il vient de l’emporter face à 65 concurrents issus de 53 pays. Voici son portrait*.

Mohed Altrad préside un groupe homonyme qui employait fin 2014 près de 7 300 salariés dans 16 pays. Le rachat en mars 2015 du groupe néerlandais Hertel permet à la société de quasiment doubler de taille (sur la base du CA évalué en euros), pour atteindre plus d’1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec un effectif de 17 000 salariés**. Spécialiste de la construction, la société produit des brouettes, des échafaudages et bétonnières. Les racines du fondateur sont un brin plus poétiques, mais plus douloureuses aussi.

“L’arabe de l’arabe”
Bédouin d’origine syrienne, il ne sait pas précisément quand ni où il est né. Son enfance se déroule dans des conditions épouvantables (sa mère est répudiée, son père le rejette…), mais il est sauvé par l’école. Il apprend d’abord à lire seul, puis s’y rend en cachette – il n’y était d’ailleurs pas le bienvenu : “le Bédoin est l’Arabe de l’Arabe” , comme il le souligne lui-même…
Il arrive néanmoins premier de sa région au baccalauréat, et obtient ainsi une bourse pour partir étudier en France. Il se forme d’abord en chimie à Montpellier, puis en informatique à Paris. Il obtient plus tard un poste d’ingénieur dans les Émirats.

Marché de volume
De retour dans une commune proche de Montpellier, 15 années après son arrivée en France, on lui propose de reprendre une société d’échafaudage qui venait de faire faillite. Grâce à ses économies, il sauve l’entreprise. Il apprend vite et se rend compte que, pour se développer dans le secteur, il doit miser sur l’international et sur les acquisitions. La société en compte aujourd’hui près de 100 à son actif. “C’est un marché de volume”, explique-t-il. Puis, il diversifie son activité. Pour faire face à la crise du bâtiment, il s’oriente vers de nouveaux usages pour ses échafaudages (raffineries, centrales nucléaires,  pétrochimie…). Homme d’affaires abouti, il est également aujourd’hui propriétaire du Montpellier Hérault Rugby et écrivain.

* D’après un article paru dans le Courrier Cadres de février 2014.

** Source : EY.

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Chloé Goudenhooft
Journaliste pour Courrier cadres


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