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Voyages d’affaires : la santé devient la priorité

, par Thierry Beaurepère

Si les déplacements professionnels reprennent de la vigueur, ils demeurent anxiogènes. Les conditions sanitaires poussent les entreprises à être plus strictes quant à leurs politiques voyages.

Avant la crise sanitaire, le marché français du voyage d’affaires était estimé à 30 milliards d’euros selon l’éditeur de solutions technologiques Traveldoo. Après la dégringolade de plus de 50 % liée à la pandémie, il redémarre, même si les spécialistes s’accordent à dire qu’il ne retrouvera pas le niveau de 2019 avant 2026. Selon le baromètre EPSA/IFTM réalisé auprès de 500 voyageurs d’affaires, “20 à 30 % des déplacements ont disparu du fait des outils digitaux mais aussi des nouvelles habitudes et des considérations RSE”. Et les entreprises évaluent désormais la pertinence de chaque voyage avant de le valider. Récemment interrogés, 250 dirigeants d’agences de voyages d’affaires (travel management company ou TMC) se montrent toutefois confiants. Certes, le virtuel pourrait devenir la norme pour les réunions internes, mais tous s’accordent à dire que les interactions physiques avec les clients demeurent essentielles. Seulement 22 % estiment qu’elles pourraient être remplacées par la visio-conférence.

Le constat est partagé par l’agence américaine TripActions qui vient d’installer des bureaux en France. Dans une enquête qu’elle a récemment commanditée, 75 % des voyageurs d’affaires français prévoient de faire trois déplacements ou plus en 2022, et même 31 % partiront au moins six fois. La reprise de l’activité s’accompagne de changements comportementaux importants. Les TMC constatent que si les voyages sont moins nombreux, ils sont plus longs, plus durables et induisent des dépenses plus élevées. Les entreprises semblent davantage enclines à favoriser les vols directs et les classes “premium” pour garantir la sécurité de leurs collaborateurs. Le “duty of care”, devoir de diligence ou de protection, devient essentiel, poussé par les ressources humaines qui interviennent davantage dans les processus d’autorisation des déplacements.

Les voyageurs ont besoin d’être rassurés, exigent une assistance 24h/24. Les informations sur la santé et la sécurité deviennent leur priorité, devant le besoin de billets flexibles pour faire face aux imprévus. Une augmentation des réservations d’hôtel et de transferts avant le départ est également à prévoir alors que la logistique d’un voyage se complexifie. Ces nouvelles exigences devraient pousser les entreprises à être plus strictes quant à leur politique et aux canaux de réservation approuvés, alors que “l’open booking” (à savoir la possibilité pour un collaborateur de réserver par le canal de son choix) gagnait du terrain depuis plusieurs années. Si elles sont en mesure de fournir des informations en temps réel et de “tracer” efficacement les voyageurs en cas de problème, les TMC devraient ainsi trouver l’occasion de valoriser leurs compétences et de renouer avec un certain dynamisme.

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Thierry Beaurepère


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