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Location longue durée : la bataille des services

, par Camille Pinet

Entre les loueurs, la concurrence ne se limite plus depuis longtemps au montant des loyers proposés aux entreprises. Elle porte également sur l’éventail des services qu’ils proposent, qui augmentent à mesure que les usages évoluent en matière de mobilité.

 
La location longue durée se porte bien. Pour l’année 2017, le Syndicat National des Loueurs de Voiture en Longue Durée (SNLVLD) annonçait une croissance de 7 % du parc automobile concerné par ce type de contrat. Cette formule séduit les grandes entreprises qui apprécient de pouvoir mieux anticiper les coûts de leur parc automobile. Cependant, ce métier ne se limite plus depuis longtemps à la simple location de véhicules. Elle est désormais presque toujours associée à un large éventail de services.

Les prestations liées à l’exploitation classique des véhicules d’entreprise constituent encore la plus grande part des services souscrits. Ils sont associés aux loyers et concernent la maintenance du véhicule (intégrée à 87 % des contrats selon le SNLVLD), le pneumatique (49 %), l’assurance (11 %), l’assistance en cas de panne (83 %) ou encore les véhicules de remplacement (32 %). On observait encore en 2017 une forte hausse de la demande avec notamment 10 % de progression pour les contrats de pneumatique. Pour les gestionnaires de flottes, l’intérêt est évident : il s’agit de simplifier la gestion du parc en unifiant les sources de coûts et de factures.

 

Des services traditionnels toujours très demandés

Derrière la montée en puissance des services se cache une tendance lourde en matière de gestion de parc : l’externalisation. Perçue comme un moyen de réduire les coûts, elle permet aussi d’épargner aux gestionnaires de flotte des sources de conflit. C’est ainsi que les services de gestion des amendes connaissent un succès croissant. Tous les grands loueurs, qui ont un accès direct à la plate-forme de l’ANTAI (Agence Nationale de Traitement Automatisé des Amendes) proposent désormais leur solution plus ou moins automatisée en fonction de la configuration des parcs roulants. Jérôme de Retz, directeur marketing d’ALD Automotive, précise : “Nous gérons aujourd’hui les amendes pour près d’un client sur deux. Cette moyenne est en constante progression car l’obligation faite depuis janvier 2017 aux entreprises de désigner les conducteurs salariés responsables d’une infraction leur impose de mobiliser beaucoup de ressources internes pour en assurer la gestion. Avec une gestion externalisée, l’entreprise est assurée d’être en conformité et simplifie son quotidien et celui de ses conducteurs”.

Ces outils de gestion s’intègrent dans une offre beaucoup plus large. Autrefois chasse gardée de sociétés spécialisées dans le digital, les plates-formes de gestion font leur entrée dans les catalogues des loueurs. Arval propose depuis un peu plus d’un an à ses clients la solution de reporting “Integral Fleet” qui permet aux gestionnaires de suivre en temps réel la constitution de leur parc, les dépenses, le kilométrage et les émissions de CO2. Ces solutions sont évidemment d’autant plus complètes lorsqu’elles sont associées à de la télématique embarquée, qui permet de remonter automatiquement les données concernant le kilométrage, la consommation de carburant ou la géolocalisation des véhicules. Là aussi, les loueurs passent à l’offensive en nouant parfois des partenariats avec des “pure players” spécialisés. C’est le cas de LeasePlan, qui collabore en la matière depuis fin 2017 avec TomTom Telematics. Chez tous les loueurs longue durée, le discours est identique : il ne s’agit plus simplement de proposer aux entreprises des véhicules mais bien des “solutions de mobilité”.

 

L’autopartage en vedette

Dans ce cadre, les offres d’autopartage se sont multipliées ces derniers mois même si les entreprises françaises y restent pour l’instant réfractaires. Athlon propose ainsi depuis peu son application Car2Use qui permet aux salariés des entreprises qui y souscrivent d’utiliser gratuitement des véhicules pendant leurs heures de travail et de les louer moyennant un tarif compétitif pour leur usage personnel. Une façon selon lui de diminuer le coût moyen du parc automobile de 25 %.

De plus en plus, l’autopartage est intégré dans une offre globale de mobilité. ALD Automotive vient ainsi d’initier une collaboration avec la Start-up Mobeelity. Celle-ci propose une plate-forme capable d’offrir un parcours optimal à ses utilisateurs en envisageant toutes les solutions de transports disponibles en fonction du temps de parcours, de la météo ou encore des embouteillages. Un bel exemple d’innovation en matière de services, le nouveau nerf de la guerre pour les loueurs longue durée.
 
 

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Camille Pinet


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