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Les métamorphoses de la carte carburant

, par Camille Pinet

Autrefois figé, le marché de la carte carburant est en pleine mutation. Non seulement la concurrence se fait plus vive, mais les cartes se transforment pour offrir de plus en plus de services et s’ouvrir aux nouvelles formes de mobilité.

Le succès des cartes carburant ne se dément pas. S’il n’existe pas de données précises sur la globalité du marché français, ses principaux acteurs affichent leur satisfaction, à commencer par le premier d’entre eux, Total, et sa fameuse Carte GR, dont les premiers modèles à piste ont été édités voici 40 ans. Gilles Langlois, directeur Cartes Pétrolières France, confirme : “Nous comptons près de 135 000 sociétés clientes et deux millions de porteurs de cartes et ces chiffres continuent de croître grâce notamment aux petites et moyennes entreprises”. Même son de cloche chez DKV, à la tête du premier réseau européen. “Nous enregistrons depuis deux ans une croissance à deux chiffres sur le marché français”, précise Eddy Bahouche, directeur de sa filiale française.

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Une concurrence toujours plus vive

Logiquement, un tel succès aiguise les appétits. Autrefois chasse gardée de ces deux acteurs historiques, le marché accueille de plus en plus de nouveaux concurrents parfois inattendus. Ainsi, le groupe de distribution E.Leclerc propose sa propre carte qui donne accès à toutes les stations de son réseau mais aussi à certaines du groupe Shell grâce à un partenariat.

Intermarché dispose également de la sienne qui ouvre l’accès à ses 1 500 stations. Ce succès s’explique facilement par les avantages que ces cartes apportent aux gestionnaires comme aux salariés utilisateurs des véhicules. Les premiers disposent ainsi d’une remontée unique des coûts de carburant, principale source de dépense des flottes, tandis que les deuxièmes évitent d’avancer de l’argent et d’établir des notes de frais toujours fastidieuses. Mieux encore, les cartes sont pour la plupart configurables à volonté : le gestionnaire peut ainsi choisir de limiter leur usage aux jours ouvrables ou de les affecter à tel véhicule ou utilisateur. Pour les pétroliers et distributeurs, l’enjeu est évident : les cartes sont un moyen imparable de fidéliser leur clientèle.

La concurrence entre les acteurs du marché se joue naturellement sur le prix des abonnements aux cartes mais pas seulement. L’étendue du réseau de stations accessibles est un critère essentiel sur lequel les deux acteurs historiques profitent d’une longueur d’avance. La carte Total GR donne ainsi accès à 3 500 stations en France, tandis que la carte DKV fait valoir son réseau européen de 50 000 points de ravitaillement. “Nous ne cherchons pas seulement à proposer toujours plus de stations, mais aussi à donner accès à celles qui proposent les prix les plus attractifs”, indique Eddy Bahouche.

 

Des recharges électriques à la carte

Le succès des cartes tient également aux fonctions de plus en plus nombreuses qu’elles sont capables de remplir. Elles ne règlent plus seulement les frais de carburant mais aussi le parking, le lavage et un nombre croissant de prestations liées à l’utilisation des véhicules de flottes. Avec toujours le même avantage pour le salarié et le gestionnaire de simplifier les paiements et leur traçabilité. Et elles ne se limitent pas aux carburants fossiles, essence, gaz ou gazole. Même la carte Total permet de régler désormais des recharges de véhicules électriques ! “Si nos clients en font la demande, notre dernière génération de Carte Total GR permet d’accéder à un réseau de 12 000 bornes de recharge en France”, précise Gilles Langlois.

Bien entendu, avec la montée en puissance de la voiture électrique, des acteurs spécialisés ont vu le jour. La plus connue est la carte KiWhi pass qui a passé des partenariats avec les constructeurs Renault, Mitsubishi, Nissan, Kia, Hyundai et Volkswagen qui les proposent à leurs clients. Elle permet d’avoir accès à plus de 7 000 bornes sur le territoire français. Pour les utilisateurs de tels véhicules, la carte est d’ailleurs un passage quasi obligé, car elle donne la possibilité d’avoir accès aux multiples réseaux de recharge existants sans s’abonner à chacun d’entre eux.

Pour tous les éditeurs, le discours est le même : le service est le nerf de la guerre des cartes. “Notre positionnement est d’aller vers la gestion des mobilités au sens large, précise Gilles Langlois. Dans un environnement de plus en plus complexe, nous souhaitons aider les gestionnaires de flotte à prendre les bonnes décisions”.

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Vers des cartes de service

C’est ainsi que le pétrolier met à disposition gratuitement à ses clients le logiciel Total GR Analytics. Celui-ci se présente de plus en plus comme un logiciel de gestion de flotte à part entière et le pétrolier ne cesse de multiplier ses fonctionnalités. Non seulement il permet d’analyser les coûts en carburant de chaque véhicule, mais il intègre des outils comme la gestion des amendes et bientôt de la télématique. Il vient pour ce faire de racheter la start-up française WayKonect, qui propose un boîtier embarqué qui remonte le kilométrage mais aussi les échéances d’entretien véhicule par véhicule. Mieux encore, il produit des conseils de conduite écoresponsable aux utilisateurs, autant de services qui seront bientôt associés à la célèbre carte. Une orientation prise également par DKV. “Notre carte permet de régler directement les prestations d’entretien auprès d’enseignes partenaires, qui proposent à nos adhérents des tarifs négociés. Par ailleurs, nous avons passé un partenariat avec l’éditeur de logiciel de gestion de flottes GAC Car Fleet qui a ajouté un module de commande de nos cartes”, explique Eddy Bahouche.

Si le service constitue assurément l’avenir de la carte carburant, elle n’en est pas à une transformation près. À l’avenir, elle pourrait tout simplement disparaître, remplacée par des moyens de paiement virtuels intégrés aux portables des clients. “Nous avons déjà réalisé cette expérience en Allemagne. Nous y sommes donc prêts mais ce n’est pas une priorité pour l’instant car cela ne correspond pas à une demande de nos clients”, indique Gilles Langlois. À croire que ce joli morceau de plastique suscite l’attachement de ses utilisateurs !

 

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Camille Pinet


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