Entreprise Voiture-Luxe

Hybride et électrique : le nouvel horizon de la voiture de luxe

, par Camille Pinet

Crise du climat oblige, les gros moteurs V8 et V12 ne font plus rêver. Aujourd’hui, l’automobile de luxe se convertit à l’électricité : aucune marque n’y échappe, pas même les plus sportives.

 

À compter de 2019, le constructeur suédois Volvo, spécialisé dans le haut de gamme, ne commercialisera plus aucun modèle thermique. Si certains médias ont hâtivement conclu à la disparition définitive des moteurs diesel ou essence dans sa gamme (les hybrides combinant thermique et électrique restant d’actualité), cette volonté s’inscrit dans une tendance lourde du luxe automobile. Le temps des limousines et des sportives fortement motorisées n’est certes pas révolu, mais elles doivent pour exister faire appel à la fée électricité.

 

Une offre de plus en plus large

L’une des marques les plus emblématiques du sport automobile, Porsche, accomplit cette révolution à marche forcée. Ainsi, la deuxième génération de la limousine Panamera propose-t-elle deux versions hybrides rechargeables dont l’une chapeaute la gamme. Et pour bien montrer son engagement, il poursuit activement la mise au point de son futur modèle électrique, la Mission E, dont le lancement est prévu en 2020. Le constructeur le plus titré de l’histoire aux 24 heures du Mans ne s’arrête pas là : il a annoncé son retrait de la catégorie reine du sport automobile pour s’engager dans le championnat International de monoplaces électriques Formula E. Il y sera rejoint dès la saison prochaine par d’autres blasons prestigieux : Jaguar, BMW, et Mercedes-Benz, qui veulent à tout prix développer la notoriété de ces courses “propres”. L’électrification ne concerne pas que les marques allemandes : DS va lancer en 2019 son DS7 hybride rechargeable, tandis que Jaguar et Land Rover annoncent également de nombreux lancements dans les deux ans à venir.
Du côté du groupe Volkswagen, qui possède les marques Audi, Bentley Bugatti et Lamborghini, sortir le plus rapidement possible de la culture du Diesel est devenu une nécessité d’image suite au scandale du Diesel. C’est pourquoi il a jeté toutes ses forces dans la conception de nouveaux modèles électrifiés. C’est notamment le cas d’Audi, qui va lancer le Q6, un SUV “zéro émission”, une première dans sa gamme. Mais ses concurrents ont déjà pris une longueur d’avance : BMW propose près de six modèles hybrides et continue à développer sa propre marque BMW i pour commercialiser ses électriques. Si l’entreprise n’a pas connu le succès annoncé au départ, les ventes semblent enfin décoller : il a ainsi annoncé une progression de 80 % sur le premier semestre 2017. Quant à Mercedes, il est en passe de lancer une gamme complète de voitures totalement électriques, dont le premier modèle, l’EQC, devrait tomber des chaînes en 2019.

 

Des précurseurs récompensés

La frénésie en faveur de la motorisation électrique a bien entendu un précurseur. Il s’agit de l’américain Tesla, qui avec sa Model S a su se construire une notoriété hors du commun, un véritable petit exploit dans le milieu très normé des constructeurs de luxe. Si sa rentabilité à long terme n’est pas encore vraiment assurée, son patron, Elon Musk entend pousser son avantage avec la petite Model 3, du même gabarit que les BMW Série 3 et autres Audi A4, dont les premiers exemplaires ont été mis à la route. Certes mise en difficulté par un lancement retardé de sa production, cette berline dispose encore de quelques années avant de trouver des concurrentes directes sur son passage.
Concernant les hybrides, c’est naturellement du côté du groupe Toyota et plus particulièrement de Lexus que les regards se tournent. En Europe, près de 70 % de ses ventes sont en effet constituées par des modèles à double motorisation. Elles continuent de progresser et son offre s’élargit vers le haut : ainsi il vient de lancer son LC hybride, un coupé sportif haut de gamme qui entend tailler quelques croupières à la sacro-sainte Porsche 911.
On le voit, en matière d’offre, les constructeurs “premium” ont décidé de passer la vitesse supérieure. Et le marché commence à suivre. Car si dans l’immédiat les immatriculations de véhicules “verts” restent très inférieures à celles des modèles conventionnels, l’augmentation est très sensible : sur les dix premiers mois de 2017, les ventes cumulées d’hybrides et d’électriques dans le segment “supérieure et luxe” augmentaient de 22,4 %, pour atteindre une part total de 9,3 % (chiffres CCFA).

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Camille Pinet


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Vos réactions (1)

  1. Tio, le

    Plutôt satisfaisant

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