Économie

44 % des salariés interrogés par Elevo affirment qu’ils n’ont trouvé aucune utilité à leur entretien annuel

, par Deborah Weill

Le taux d’insatisfaction des salariés envers leurs entretiens de performance annuel est au plus haut, seuls 15 % des sondés pensent que ce dernier leur a été très utile. 

Selon une étude réalisée auprès de 1 500 salariés français par la plate-forme de management de la performance Elevo sur la valeur des entretiens annuels, 15 % seulement des sondés ayant passé un entretien annuel l’ont trouvé très utile, 41 % l’ont trouvé assez utile et 44 % l’ont trouvé assez peu utile voire pas du tout utile. 55 % des non managers, 53 % des salariés de plus de 55 ans et 51 % des salariés travaillant dans des entreprises de plus de 10 000 salariés trouvent cet exercice particulièrement inutile.”.

Ces chiffres révèlent avant tout un gaspillage de temps et d’énergie qui coûte autant à l’entreprise qu’au salarié. “L’utilité perçue de l’exercice décroît fortement avec le nombre d’années d’ancienneté : 67 % des salariés ayant moins de 5 ans d’ancienneté le trouvent utile mais seulement 59 % des salariés ayant entre 5 et 10 ans d’expérience puis 47 % des salariés ayant plus de 10 ans d’ancienneté”, précise l’étude.

Conception de l’exercice

L’exercice est, selon cette enquête, perçu comme trop formel, trop souvent lié uniquement aux questions d’augmentation et de rémunération. Il est à l’origine de bon nombre de frustration et est ressenti comme néfaste à la création liens de confiance entre le manager et son salarié. “L’entretien annuel est un véritable challenge pour les ressources humaines, qui doivent absolument exploiter les informations collectées pendant ce temps d’échange sous peine de générer plus de frustration que si l’entretien n’avait pas eu lieu. En effet, la déception des collaborateurs s’explique principalement par le fait qu’ils appréhendent cette étape et passent du temps à la préparer mais n’en voient pas les bénéfices après coup, parce que les points évoqués ne sont pas traités ou pris en compte par la suite”, explique l’étude. Elevo conseille ainsi aux entreprises de revoir leur conception de cet entretien pour engager un échange constructif de fond, basé sur un suivi plus régulier. 

« L’entretien annuel est très formel et gagnerait à devenir trimestriel ou semestriel, ce qui permettrait de capitaliser sur la relation construite avec les salariés. Sinon, ceux-ci risquent de se désengager et les conséquences financières pour l’entreprise peuvent être lourdes », concluent Etienne le Scaon et Thibault Vilon, co-fondateurs d’Elevo.

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Deborah Weill

Deborah Weill
Journaliste


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