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Ce que la réforme des retraites changerait pour les cadres

, par Fabien Soyez

Cotisations, âge pivot, caisse complémentaire : En plein mouvement social contre la réforme des retraites, il est temps de faire le point sur l’impact que pourrait avoir le “système universel” sur les cadres.

 

La réforme des retraites, que le gouvernement défend face aux oppositions de plus en plus vives des syndicats, consiste en la création d’un “système universel d’ici 2025, avec le remplacement des multiples barèmes de calcul des retraites et des régimes spéciaux par un régime unique, où chaque euro cotisé serait converti en points tout au long de la carrière.

 

La fin de l’Agirc-Arrco

Ce nouveau système signerait d’abord la fin de l’Agirc-Arrco. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les syndicats de cadres, le gouvernement entretenant le flou autour de l’avenir de la réserve de cette caisse complémentaire, évaluée à 71 milliards d’euros.

“Sans réserve, le régime sera déséquilibré et fragilisé : les cadres supérieurs, qui paient aujourd’hui des cotisations jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale (soit 320 000 euros bruts par an), devraient à partir de 2025 ne payer que 3 plafonds. En règle générale, ce sont 300 000 personnes qui cotisent 4 milliards d’euros par an, et qui ne le feront plus pour leurs caisses supplémentaires Agirc-Arrco. Résultat, il faudra puiser dans les réserves pour palier les déficits de cotisation, au lieu de constituer une sécurité en cas de crise économique”, déplore Pierre Roger, délégué national à la protection sociale de la CFE CGC.

“L’Agirc-Arrco permettait de garantir aux cadres le maintien de leur niveau de vie. Alors que le nombre de retraités augmentera de 37 % en 2050, le niveau de financement du système devrait rester à ressources constantes, ce qui se traduira par un effondrement du niveau des pensions par rapport aux salaires de fin de carrière… pour le plus grand bonheur des banques et des assurances”, note de son côté Sophie Binet, co-secrétaire général de l’Ugict-Cgt.

 

Une baisse des cotisations

Si la réforme devrait se traduire par une augmentation des cotisations retraite en 2019 (et donc du pouvoir d’achat), elle risque aussi d’entraîner pour les cadres une baisse de ces mêmes cotisations.

En effet, le taux de cotisation devrait être identique pour les salariés (28,12 %), mais s’appliquer jusqu’à 120 000 euros de revenus (soit trois fois le plafond de la Sécurité sociale). Au-delà, une ”cotisation de solidarité“ de 2,81 % s’appliquera. Elle ne sera pas créatrice de droits et participera au financement de la solidarité. “Les cadres supérieurs paieront moins de cotisations, ce qui signifiera aussi moins de droits à la retraite, donc des pensions finalement plus faibles”, s’inquiète Sophie Binet.

 

Un âge pivot à 64 ans

L’âge pivot à 64 ans, mesure phare de la réforme, signifie enfin qu’à 64 ans, un travailleur pourra partir en retraite, avec son taux plein. Mais le nouveau système de par point étant calculé sur toute la carrière, et non plus sur les 25 meilleures années, les cadres pourraient être impactés.

“Celles et ceux qui ont eu des carrières ascendantes seront particulièrement perdants, pénalisés. Plus vous aurez un salaire de fin de carrière éloigné de celui du début, plus vous serez défavorisé”, indique Sophie Binet. “Le projet risque, petit à petit, d’inciter à la capitalisation et à l’épargne individuelle”, estime de son côté Pierre Roger.

Les deux syndicats s’inquiètent tous deux d’un “déclassement” à venir pour les cadres. La CFE-CGC, qui se montrait jusqu’à récemment simplement “prudente”, n’hésite désormais plus à qualifier la future réforme de “dangereuse et inutile”.

“C’est un système qui se veut redistributif, mais qui pénalisera une partie de la population, en particulier les personnels d’encadrement et les carrières ascendantes. Nous serons les premiers perdants dans cette affaire, alors que nous n’avons jamais demandé à moins cotiser”, indique Pierre Roger.

“Ce qui se profile finalement, c’est une baisse programmée des pensions, avec un départ à la retraite des cadres vers 70 ans, pour une maigre retraite”, résume et conclut Marie-José Kotlicki, dirigeante de l’Ugict CGT.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (6)

  1. picpic, le

    Et si la vrai réforme était de basculer à 100% les retraites par capitalisation avec une transition visant à ne pas prendre en défaut les futurs proches retraités
    On sortirait peut être des sempiternels discours haineux et envers la finances.
    Eduquons les français à faire fructifier leurs capitaux et être critiques face aux montages financiers douteux.
    Ils y gagneront nettement plus avec un PERCO bien géré que de placer 4 milliards sur un Livret A avec lequel ils perdent finalement leur pouvoir d’achat

  2. Philippe-Charles Krug-Basse, le

    Bonjour Monsieur Roux,
    Alors qu’attendez-vous pour vous révolter vous aussi et rejoindre les grévistes de tous les secteurs.
    Vous, les cadres, avez massivement voté pour Macron et son programme et en lui donnant en plus une majorité de baltringues à l’Assemblée Nationale.
    Alors, ne venez pas vous plaindre maintenant et faites surtout en sorte qu’il ne puisse pas faire un second mandat, en commençant par lui donner une belle première leçon en mars prochain, car avec cette réforme, tout le monde et je dis bien tout le monde va y perdre, y compris les fonctionnaires. Que l’on commence sérieusement à aller chercher les milliards d’évasions et d’optimisations fiscales injustifiés ainsi que ceux des fraudes sociales et vous constaterez non seulement qu’il n’y a aucun problème de financement des retraites, mais aussi que l’on peut très sérieusement rembourser notre dette qui grâce à Macron vient de passer au dessus des 100 pour 100 du PIB.
    Philippe-Charles Krug-Basse
    Ancien dirigeant et cadre à la retraite depuis 3 ans qui ne survit que grâce à l’AGIRC-ARCO que Macron veut voir absorbé par son système universel au profit de ses amis banksters qu’il rejoindra dès sa sortie de l’Elysée.

  3. GUEGUEN, le

    une réforme, oui, nous en avons besoin car les déficits se creusent. Par contre peut-on parler d’équité en ne tapant toujours que sur les mêmes et en donnant en permanence à ceux qui ont un fort pouvoir de nuisance ?
    Merci Roux

    Il faut prendre à la fourmi et ne rien dire à la cigale ?

  4. ROUX, le

    La réforme des régimes de retraites ne porte pas sur 42 régimes spéciaux mais 42 caisses dont environ 11 régimes spéciaux.
    En l’espèce il s’agit d’un vol organisé par l’état, en langage politiquement correcte cela s’appelle une nationalisation, pour régler la mauvaise gestion des régimes des fonctionnaires des trente dernières années qui sans cela seront en faillite.
    Lorsque l’on dit fusion de l’Agirc-arrco au sein du régime général c’est bien de cela qu’il s’agit !
    Et personne ne se pose la question du pourquoi du comment : l’agirc-arrco sont déjà fusionnés et en points..chercher l’erreur!
    Voilà une complémentaire qui serait « absorbée par ke nouveau régime ?
    Vous cotisez en plus toute votre carrière et à la fin on vous change les règles sous prétexte de solidarité ! De qui de moque t’on? Personnellement je revendique les droits attachés à ces cotisations complémentaires au même niveau que les « baisses de pantalons «  que s’apprête à faire ce gouvernement à nos privilégiés des régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP !
    Je m’insurge contre cette réforme qui ne bénéficiera qu’aux banques et aux assurance à travers les PER et PERCO. à titre individuel et dont les régimes pourront également être modifiés à loisir par des lois de finances.
    Ce qui ce passe est honteux et n’a rien de solidaire Ni d’équitable.
    Contrairement à tous ces fonctionnaires qui peuvent se mettre en grève et empêcher la libre circulation des biens et des personnes sans crainte pour leur emploi, ce qui n’est pas le cas dans le privé, j’en appelle à en tirer les conséquences dans les urnes pour sanctionner ce gouvernement.
    N’oublions pas que les promesses de l’état sont faites pour ceux qui les reçoivent et pas pour ceux qui les donnent. L’état à perdu toute crédibilité dans ce domaine.

    1. Bruno, le

      Bonjour Mr Roux,
      Bonne analyse. Voilà ce qui arrive quand on confie le pays à un banquier, vassal de la grande finance. Le but est de payer les retraites des fonctionnaires ET enrichir les banques et assurances.
      D’autres sujets très fâcheux existent, à plusieurs dizaines de milliards d’Euros annuel à la charge du contribuable, mais on ne peut en parler sur ce sujet…

      1. rey, le

        Bravo c’est exactement mon analyse.
        D’ailleurs qui a nommé et soutenu Mr Delevoye administrateur des assurances, commissaire a la réforme des retraites ?
        cette spoliation des français profitant aux assurances à déjà été réalisé par le précédent gouvernement concernant les assurances santés.
        Est-ce un hasard?
        Enfin la cotisation de solidarité pour les hauts revenus peut être assimilé à un impôt et en ce sens est à mon avis anticonstitutionnel.

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