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Voilà, voilà qu’ça recommence…

, par Aline Gérard

Il est des journées et des nuits, si longues, pour lesquelles chacun peut dire précisément où il se trouvait et ce qu’il faisait.

Alors que les chaînes d’info diffusent en boucle des images d’assaut et de chaos, il revient à nos mémoires un refrain familier, que certains d’entre nous écoutaient quand ils étaient écoliers. “Voilà, voilà qu’ça recommence. Partout, partout ils avancent”, chantait Rachid Taha. Extrémistes ou terroristes, qui que soient les prêcheurs de terreur à qui ces paroles peuvent renvoyer – chacun d’entre eux nourrissant le terreau de l’autre -, leurs modes opératoires possèdent un point commun : diviser pour mieux régner par la peur.

 

“À l’heure où le vocable martial est sur toutes les lèvres, dans un principe de réalité visant à nous faire accepter un abandon partiel de nos libertés, ne renonçons pas pour autant à l’utopie.”

 

Plutôt que le triste spectacle donné par une partie de la classe politique française,  gardons en tête ces images de soutien à travers le monde. Notre pays, pourtant si souvent mal à l’aise avec les symboles patriotiques, ne peut rester insensible face à ces monuments qui s’éclairent aux couleurs de notre drapeau. Et au stade de Wembley qui entonne La Marseillaise, la transcendant comme un hymne à la résistance et à la solidarité.

À l’heure où le vocable martial est sur toutes les lèvres, dans un principe de réalité visant à nous faire accepter un abandon partiel de nos libertés, ne renonçons pas pour autant à l’utopie. Car cette utopie, nous en avons besoin pour répondre notamment à des enjeux qui n’ont pas de frontières. Au moment où nous écrivons ces lignes (le 19 novembre), la Cop 21 est maintenue mais son ampleur sera d’ores et déjà restreinte. Si les précédents rendez-vous internationaux sur le climat ont souvent accouché d’une souris, l’urgence de la situation ne pourra supporter une nouvelle fuite en avant. Car les bouleversements climatiques et les désordres géopolitiques qui découleront de la détresse des populations victimes pourraient bien constituer un nouveau fonds de commerce pour les faiseurs de haine.

Gardons notre part d’insouciance ! Croyons encore qu’une unité est possible pour construire le futur de la Planète… Et ne les laissons pas tuer l’avenir.

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Aline Gérard
Rédactrice en chef de Courrier cadres


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