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Édito Courrier Cadres-Septembre : La femme (ou l’homme) qui manage

, par Aline Gérard

Barbara était “La femme qui chante”. À son tour, Marie-Claude Pietragalla se présente comme “La femme qui danse”, non pas comme une danseuse.  Car derrière le danseur, aussi bon technicien soit-il, il y a une personnalité. Et c’est le sens que cette dernière donne, à chacun de ses gestes, qui distingue les grands artistes des très bons exécutants.
Le père corse de “l’autre Dame brune” avait placé dans sa chambre d’enfant cette maxime de Napoléon 1er :

 

“Quand on veut fortement, constamment, on réussit toujours.”

 

De la volonté il en faut forcément pour intégrer l’École de l’Opéra de Paris puis son ballet et accéder au rang envié d’Étoile. Dans cet univers très codifié et rigide, celle qui s’est toujours sentie un peu à part est pourtant parvenue à gravir un à un les échelons. Un parcours dans les rouages du système qui prouve selon elle que l’étiquette de rebelle qu’on lui a parfois collée ne lui correspond pas. Mais dans ces jeux de cour, où chacun cherche à se placer, il est aisé de s’oublier. De la force, il en faut donc aussi pour rester soi-même.
Parfois confrontée à l’incompréhension dans son désir d’exigence, même par ses danseurs lors de son expérience à la direction du Ballet de Marseille, elle se définit désormais, à la tête de sa propre entreprise, comme “un couturier qui fait du sur-mesure” avec ses collaborateurs.
Les managers sont à une période charnière, pris en étau entre les attentes de la nouvelle génération et les anciens repères. À l’heure où la Cour de cassation a semé le trouble en considérant que la trop grande familiarité d’un cadre avec ses équipes, le mettant “notamment dans l’impossibilité de sanctionner les erreurs et manquements professionnels de ces dernières”, est un argument potentiellement recevable (et donc à analyser), pour un licenciement*, il est temps d’accepter que le management d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier.

Respecter ses équipes, ce n’est pas chercher à enfouir l’humain sous une approche froide et technicienne. Plutôt que d’être directeur commercial, DAF, responsable marketing ou ingénieur, et si vous assumiez à votre tour d’être une femme (ou un homme) qui manage ?
*Arrêt rendu le 4 juillet 2018.

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Aline Gérard
Rédactrice en chef de Courrier cadres


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