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Savoir dire non ou l’art de poser ses limites !

, par La Rédaction

Savoir poser le cadre est essentiel dans toutes relations pour éviter les malentendus, les conflits et maintenir la sérénité du lien. Par Caroline Marco, coach de dirigeants.

 

Qu’est-ce qui nous empêche souvent de dire “non” ?

La plupart du temps, le simple fait de répondre “oui” à une demande, déclenche toute une série d’émotions positives : joie, fierté, satisfaction, plaisir. À l’inverse, lorsque nous nous trouvons confrontés à devoir dire “non”, cela peut nous renvoyer à une émotion de peur, de frustration, de colère, de tristesse, voire de culpabilité.

Ce qui nous empêche de dire “non”, ce sont les bénéfices que nous avons à dire “oui”, qui flattent notre égo : c’est une personne souple, cool, pas autoritaire, compréhensive… Nous échappons ainsi aux discussions.

 

Nos stratagèmes d’évitement, l’air de rien

Nos comportements face au “non” sont souvent dictés par la peur. Chacun aura la sienne. Nous pouvons avoir peur de l’autorité, du conflit, de la perte d’un client, d’un contrat ou d’un être cher.

Alors nous utilisons quelques stratagèmes en employant des termes comme “peut-être”, “pourquoi pas”, “on verra bien” “je ne sais pas encore” qui créent l’ambiguïté dans notre posture et favorisent les relations dépourvues de vérité. Ces termes ont pour vocation de nous préserver en apparence, de diminuer le sentiment de culpabilité, de frustration et évitent surtout de prendre position clairement, de nous engager sincèrement.

 

Quel est l’enjeu ou qui est “En ‘je’” à dire “non” ?

À vouloir éviter le conflit, tout faire pour être apprécié … ou dit plus clairement tout mettre en place pour être aimé, le risque est grand de s’oublier dans le désir de l’autre. À ce jeu de dupe, nous ne savons plus exactement qui nous sommes, ce que nous voulons vraiment. Cela nous empêche de trouver notre vraie place parmi les autres.

 

Et pourtant, le bénéfice à savoir dire “non” avec bienveillance est grand

Savoir dire “non”, avec bienveillance, c’est savoir poser ses limites. C’est s’accorder de la valeur et s’écouter. C’est prendre en considération son interlocuteur. C’est se créer l’opportunité de dire un grand “oui” à la prochaine occasion. Savoir dire “non”, c’est choisir d’être libre, d’avoir des relations authentiques avec soi-même et les autres. C’est respecter son désir profond. C’est un acte de courage. C’est aussi savoir accepter de recevoir un “non” avec sérénité.

Moi qui suis coach et qui travaille depuis quelque temps sur la question du “savoir dire non”, j’ai encore dans certaines situations du mal à dire “non”, à mes enfants par exemple, car l’affect est en jeu. Sur le plan professionnel, j’accepte certaines missions aux enjeux forts sachant que cela va chambouler mon organisation et mon rythme de travail. Mais la satisfaction personnelle et celle du client sont les moteurs de ce refus de dire “non”. Je reste toutefois vigilante à poser les limites claires qui me permettent de continuer d’être respectée par mon client et de préserver ma santé. Je me pose alors la question : “Qu’est-ce que je veux vraiment ? Après quoi est-ce que je cours ? De quoi ai-je peur ? Suis-je OK avec ce que je fais ?”

Cela me fait écho à une jeune dirigeante que j’accompagnais. Elle venait d’avoir une promotion. Elle rentrait au Comex. Elle prenait ses nouvelles fonctions et donc devait abandonner ses activités précédentes. Au lieu de cela, elle a continué de répondre aux sollicitations de ses anciens collègues tout en assumant ses nouvelles responsabilités. Arrivée chez elle, elle continuait de travailler car sa journée n’y suffisait pas. Elle a fait un burn-out. Elle n’a pas écouté les signes de fatigue, n’a pas voulu ou n’a pas su dire “non” aux sollicitations. Je l’ai accompagnée à sa reprise de travail. Nous avons travaillé essentiellement sur la question du “savoir dire ‘non’” et sur ce qui se jouait pour elle. Aujourd’hui, elle sait mieux poser ses limites et arrive davantage à dire “non”. Elle se pose régulièrement la question : “Est-ce OK pour moi de répondre à cette demande ?”. Le prix à payer du refus de dire “non” fut trop élevé.

Et vous ? Comment direz-vous “non” à votre prochain interlocuteur ? Quelles limites poserez-vous ?

 

L’auteur

Caroline_Marco_courrier_Cadres Caroline Marco est coach de dirigeants. Elle se revendique comme décalée, intuitive et créative. retrouvez-la sur www.linkedin.com/in/caroline-marco ou www.almanessence.com.

La Rédaction


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