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Le Slip Français : “Recréer de la confiance va prendre du temps”

, par Nicolas Monier

S’il a condamné les actes avec fermeté, Guillaume Gibault accuse le coup. Entre la violence des réactions en boutiques et sur les réseaux sociaux, l’affaire du “blackface” qui met en scène deux des salariés de l’entreprise vient de plomber la communication jusque-là bien huilée de la marque. Le patron du Slip Français s’exprime pour Courrier cadres.

 

“En tant que chef d’entreprise, je dois impérativement prendre du recul et garder la tête froide. Surtout pour mon équipe”, constate Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français. Depuis vendredi dernier, le jeune patron fait face à un déchainement médiatique. En cause, une soirée “blackface” diffusée récemment sur Instagram et Twitter par deux cadres de l’entreprise textile mis à pied depuis vendredi. Sur la thématique Viva Africa, une femme habillée en boubou arbore un visage grimé de noir quand un de ses collègues déguisé en singe pousse lui des cris.

 

“Je ne vous cache pas que l’équipe prise à partie est très affectée par cette polémique”

“À titre personnel, je suis extrêmement choqué par ces comportements. D’autant que nous faisons face aujourd’hui à un déchainement de violence en boutiques et sur les réseaux sociaux. Je ne vous cache pas que l’équipe prise à partie est très affectée par cette polémique. Il nous faut recréer de la confiance et dans l’entreprise et auprès du grand public. Cela va prendre du temps”, explique Guillaume Gibault.

Et le patron du Slip Français de poursuivre : “Nous avons organisé hier une réunion avec l’association SOS Racisme pour commencer à réfléchir sur ces problématiques. Cela souligne également les difficultés actuelles de recrutements. Je pense que cet épisode malheureux va nous pousser à inscrire résolument notre marque sur du long terme pour éviter ces dérapages choquants.”

 

Le vent du boulet

Pourtant l’entreprise avait reçu un premier coup de semonce il y plusieurs mois suite à une photo officielle diffusée sur les réseaux sociaux et montrant l’équipe posant en sous-vêtements dans les rues de Paris. Une photo prise sans aucun salarié issu des minorités visibles. Là aussi, le Slip Français avait fait l’objet de vives condamnations.

Quant à la vidéo du “blackface”, si les salariés ont été mis à pied depuis une semaine, elle fera peut-être l’objet d’une sanction légale. Affaire à suivre.

 

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Nicolas Monier

Nicolas Monier


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